‹ La révolution socialeChapitre 101 sur 172 · XIV. — La loi des loyers · texte numérisé non relu

XIV. — La loi des loyers

À la provocation directe s'adressant aux commerçants, fabricants, petits industriels — en attendant la provocation décisive à la garde nationale et, derrière elle, à la République, que les citoyens armés jugeaient menacée, et qu'ils voulaient être à même de défendre en gardant fusils et canons — succéda une nouvelle mesure également désastreuse, englobant toute la population non aisée, et même la partie de la petite bourgeoisie, qui n'avait ni travaillé ni encaissé durant le siège. Ce fut la menace de la loi dite « des loyers. »

Elle ne fut pas votée à Bordeaux, mais le dépôt du projet en fut annoncé. Les termes en étaient de nature à effrayer la grande masse des locataires pauvres ou gênés. La simple divulgation des inten-- - tions de l’Assemblée de Bordeaux, que l’Assemblée de Versailles transformerait, dès son arrivée, en loi exécutoire, suffisait à indisposer les trois quarts des Parisiens. Cette loi constituait le plus intensif élément de troubles. Elle a suffi d’ailleurs à entraîner vers la Commune une quantité de gens se voyant sut le point d’être saisis, expulsés. La révolution ajournait le paiement impossible, empêchait la saisie, les sauvant. Donc ils laissaient faire la Commune. Beau-

Page 1