‹ La révolution socialeChapitre 119 sur 172 · IV. — Les possédés de la vertu · texte numérisé non relu

IV. — Les possédés de la vertu

« Ne nous heurtons-nous qu’à des possédés du Diable, ou 1encontrons-nous aussi souvent des possédés d'espèce contraire, possédés par le Bien, la Vertu, la Morale, la Loi ou importe quel autre « principe ». Les possessions diaboliques ne sont point les seules : si le Diable nous tire par une manche, Dieu nous tire par l’autre; d’un côté, la « tentation », de l’autre, la « grâce » ; mais quelle que soit celle qui opère, les possédés n’en sont pas moins acharnés dans leur opinion.

« Possession » vous déplait. Dites obsession, ou, puisque c'est l'Esprit qui vous possède et qui vous suggère tout, dites inspiration, enthousiasme. J'ajoute que l'enthousiasme, dans sa plénitude, car il ne peut être question de faux, de demienthousiasme, s'appelle fanatisme.

Le fanatisme est spécialement propre aux gens cultivés, car la culture d’un homme est en raison de l'intérêt qu’il atta-

che aux choses de l'esprit, et cet intérêt spirituel, s’il est fort

et vivace, n’est et ne peut être que fanatisme; c’est un intérêt

. fanatique pour ce qui est sacré (fanum.)

Observez nos libéraux, lisez certains de nos jeurnaux saxons, et écoutez ce que dit Schlosser (Achtzehnes, Jahrhundert (dix-huitième siècle, 22, 519) : « La société d'Holbach ourdit un complot formel contre la doctrine traditionnelle et

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