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XI. — La concentration dans l’agriculture

Lorsque, finalement, nous arrivons à l’agriculture, nous

constatons, en ce qui concerne les proportions des entre- prises, en Europe partout et partiellement déjà en Amérique,

un mouvement qui est en contradiction apparente avec tout ce que la théorie socialiste a ts avancé. L'industrie. et

le commerce n'ont révélé qu'un mouvement ascendant plus

sr ur

lent vers la grande entreprise, tandis que l’agriculture montre ou bien l'arrêt ou bien une diminution directe des dimensions des entreprises.

En ce qui concerne l’Allemagne, le recensement de 1895 révèle, comparé à celui de 1882, l'augmentation la plus considérable relativement, dans le groupe des entreprises agricoles moyennes (5 à 20 hectares), augmentation de 8 0/0 à peu près, tandis que l'extension du terrain occupé par ces entreprises a été plus considérable encore, à savoir de 9 0/0 exactement.

Viennent ensuite les petites entreprises (2 à 5 HA A avec 3,5 0/0 d'augmentation pour les entreprises elles-mêmes et 8 0/0 d'extension de terrain. Les entreprises elles-mêmes (au-dessous de 2 hectares) accusent une augmentation de 5,8 0/0 au point de vue du nombre et de 12 0/0 quant à l'étendue des terrains. Ce qui n'empêche pas que la partie cultivée de ces terrains accuse une diminution de 1 0/0. Les grandes entreprises paysannes (grossbünerlichen Betriche) — 20 à 100 hectares — en partie capitalistes déjà, accusent une augmentation de pas tout à fait 1 0/0, qui d'ailleurs incombe

. entièrement aux entreprises forestières, tandis que les grandes

entreprises agricoles (20 à 100 hectares) — également capitalistes en partie — augmentent de pas tout à fait 1/3 0/0.

Voici les chiffres pour 1805:

Nombre Genre des chtepERes des entreprises Entreprises minuscules (jusqu! à 2 H. A.) 4 SE 0 DF290 1007 — de petits paysans (de 2à 5 H, A. re ER DO T OMR —- de moyens: =: (de 5a 20 1 0. 098.804 — dé grands." :—: 1(de20à r60 12) ES 67

Grandes entreprises (100 HA TC DIUShR her PET ee 25.061

Terrain agricole Superficie

cultivé totale

Entreprises minuscules (jusqu’à 2 H. A.) . . É 808. 2: 15. I — de petits paysans (de 2à 5 H. A. ) 3.285: 44 4. tn Le — de moyens — (de 5à 20 .— 0.721.875: : 12,537.660

— de grands — (de 20 à 100. — 9.809:837 #13: 15%/201

Grandes En IPEbrIREs (de 100 H. À. et plus) . . : 7.831.801 . 11,031 .806

Plus des deux tiers de la superficie totale incombent aux trois catégories des entreprises paysannes, et un quart environ à la grande industrie agricole. En Prusse, la condition des entreprises paysannes est plus favorable encore. Elles y occupent à peu près trois quarts de la superficie cultivée totale, à savoir 22,875,000 hectares sur 32,591,000.

51 de la Prusse nous nous tournons vers la Hollande voisine, nous trouvons :

Entreprises Dimensions Resto a AES Augmentation des entreprises 1884 1893 ou diminution pour cent. Ban HA. 66.842 A7 707 10.925 — 16.2 5à 10 — 31:552 04. 199 — 62.047 —— 108,9 10 à 50 — 48.278 51.940 +- 3.662 —— 7,6 Au-dessus de 50. - 3.554 3.520 — 44 — 52

Ic1, la grande entreprise a diminué directement, tandis que les ‘petites et moyennes entreprises paysannes ont triplé. — (Pages 107-100.)

. XII, — En Belgique, en France, en Angleterre,

En Belgique, d'après Vandervelde, la propriété terrienne aussi bien que l’agriculture sont soumises à une décentralisation ininterrompue. La dernière statistique générale indique une augmentation du nombre des propriétaires terriens de 201,226 en 1846, à 293,524 en 1880, et de celui des fermiers de 371,320 à 616,872.

La superficie agricole totale de la Belgique était, en 1880, de pas tout à fait 2 millions d'hectares, dont plus d’un tiers ont été cultivés par leurs propriétaires. L'agriculture parcellaire y rappelle les conditions agraires de la Chine.

La France comptait, en 1882, des entreprises agricoles :

Entreprises Extension

Au-dessous de I héctate an 0 21072707 — J A 10, — SR © 2.635.030 11.366.274 — 10 à 40 — A PO PACE 727.088 14.845.650

— 40 à 100 — MÉRTNTE jee

—- 100 à 200 — me En PE 20.044 200 à 500 — RTS 7.942 32.266, 104

Au-dessus de 5oo — PÉRIR Re. 217

ni ÿ

RSR ee.

Aux entreprises de 40 à 100 hectares incombaient en

chiffres ronds 14 millions d'hectares, à celles au-dessus de 200 hectares, 8 millions, de sorte qu'au total les grandes entreprises agricoles représentaient entre un cinquième et un sixième de toute la superficie cultivée. Les entreprises paysannes, petites, moyennes et grandes couvrent presque trois quarts du territoire français. De 1862 à 1882, les entreprises de 5 à 10 hectares se sont accrues de 24 0/0 et celles de 10 à 40 hectares de 14,28 0/0. La statistique agraire de 1892 accuse une augmentation du nombre total des entreprises de 30,000, mais une diminution des entreprises moyennes de 33,000 unités, ce qui indique un morcellement toujours plus grand de l’agriculture.

Et qu'est-ce qu'il est en Angleterre, le pays classique de la grande: propriété terrienne et de l’agriculture capitaliste ?

On connaît les listes des « mammouths-landlords » que de

temps à autre la presse publie pour illustrer la concentration de la propriété terrienne en Angleterre, et on connaît aussi ce passage du « Capital », où Marx dit que l'affirmation de John Bright, à savoir que: 150 propriétaires détiennent la moitié du sol britannique et 12 la moitié du sol écossais, n’a jamais été contredite. La vérité est que les choses n’en sont pas encore là. D’après l’étude de Brodrick: English Land and

English Landlords, sur 33 millions d'acres de terrain ins-

crites dans le « Domesday-Book », en 1876 pour d'Angleterre et le pays de Galles, 14 millions en chiffres ronds appartenaient à un ensemble de 1,704 propriétaires terriens, détenant : chacun 3,000 acres (1,200 hectares) et se divisent au-dessus. Les autres 19 millions d’acres se répartissaient entre 150,000 propriétaires, détenteurs chaque de une acre et au-dessus, et un nombre infini de propriétaires de petites parcelles de terre. Malhall, en 1802, donna, pour le Royaume-Uni tout entier, le chiffre de 176,520 propriétaires de plus de 10 acres de terre. Et comment cette terre est-elle cultivée ? Ci-dessous les

chiffres de 1885 et 1895 pour la Grande-Bretagne (l’Angle-

| Ce Augmentation Entreprises 1885. 1895 et diminution

ns 2.4: 20 H. A. . gs3 235.481 2 526

Es 40/9 120, | 81.245 SoAr.072

| 120 à 200 — . 73 7 13.508 307 | Au-dessous de 200 — 5.489 5.219 270

Ici ie nous avons donc une diminution des grandes et très grandes entreprises et augmentation des entreprises pay- sannes moyennes et petites.

‘# nn . Les chiffres concernant les entreprises ne nous disent 5e cependant rien sur l'étendue cultivée. Complétons-les donc par les chiffres des superficies incombant aux diverses classes. {ls constituent un tableau absolument stupéfiant. Il y avait

be dans la Grande-Bretagne, en 1805:

Acres Pour cent.

de de la superficie 40 ares totale

au-dessus de TA, 366.702 - 1.13 1.C67.647 SFr

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