KE ET
s - La ns ! s- ; Ur AL 0 - SRE = PE: LA nu ax. LS
ya à
Hi ee 399 —
méro que j'ai pu me procurer, s’efforçait de démolir non seulement surtout le socialisme, mais le parti démocratique.
L'article auquel se réfère Bernstein est un article de circonstance anonyme, écrit à l’occasion du Jubilé de la Reine, attaquant les utopistes et les radicaux; c'est un tableau ridicule et fade du progrès social en Angleterre, qui aboutit à cette
conclusion : « La classe ouvrière nous surprend par la
rapidité avec laquelle elle s’est enrichie; la petite bourgeoisie (the middle classes) par la rapidité avec laquelle elle s’est ALCÉÉUORSUE É
À l'appui de cette thèse, l’auteur fait défiler devant nous les chiffres précités, qui nous sont présentés sans indication
de méthode ou de source, Mais Bernstein les accepte, les
yeux fermés, et nous les oppose avec emphase. Le même article nous cite les nombreuses villas, que l’on construit autour de Londres, comme un fait qui vient corroborer les chiffres, — « des villas entourées de beaux jardins, où d’élégantes jeunes dames prennent leurs ébats et où de gentils jeunes messieurs jouent élégamment au lawn-tennis », etc.
Voici un exemple de la légèreté avec laquelle ce feuilleton de jubilé traite la statistique. I] n'y a pas eu jusqu'ici en Angleterre de recensement des ouvriers salariés, mais un dénombrement des personnes vivant de leur industrie sans distinction de situation.
Les membres de la famille sont même comptés à part. L'auteur de l'hymne du Jubilé dit cependant, avec la plus grande précision, que la population ouvrière du Royaume- Uni était, en 1851, de 26 millions et, en 1881, de 30 millions.
Mais l'ensemble de la population s'élevait, en 1851, à 27,7406,000 ; en 1881, au contraire, à 34,885,000.
D'après cela, la population non prolétarienne (fermiers, artisans, petits commerçants, intellectuels, capitalistes et propriétaires fonciers, etc.) n'aurait été, en 1831, que d’un million et demi (seulement 6 0/0 de la population totale). C’est simplement absurde. Baxter évaluait, en 1867, le nombre des
Lo "> ,
ouvriers salariés à 80 0/0 de toutes les personnes ayant un revenu.
Comme, grâce au travail des femmes et des enfants, le nombre des membres de la famille qui ne vivent pas de leur industrie est moins grand chez les ouvriers que dans les classes supérieures, la part de ces dernières dans la population totale était encore de plus de 20 0/0.
Cette harmonie vulgaire et superficielle est la source scientique où Bernstein puise ses meilleures armes contre la doctrine marxiste.
‘Plus nous considérons de près les éléments de statistique de Bernstein, plus son changement de front est pour nous une énigme, C’est en vain que nous cherchons les faits qui ont pu le déterminer à attaquer une doctrine de la vérité de laquelle il était profondément convaincu, qu'il a été le premier à propager et qu'il a su défendre victorieusement contre toutes les attaques. — (KAUTSKY. Zb1d., p. 181-187.)
XVI. — Les chiffres de K. Kautsky complétés par ceux de Ed. Vaillant et de Compère-Morel,
Nous interrompons l'exposé de K. Kautsky pour compléter ses chiffres par ceux de Vaillant et de Compère-Morel. Ed. Vaillant est un des meilleurs connaisseurs de l’évolution économique ainsi que des théories de Karl Marx dont il fut longtemps l’ami personnel. Voici ce qu'il a dit à la séance du 30 novembre 1004, à la Chambre des députés :
Industries textiles: — Fin 1880, 1,030,229 personnes employées pour 151.869 Ctablissements. En 1800, 815,717 personnes employées pour 37,235 établissements.
Industries extractives, mines et carrières. — En 1866, il y avait 152,326 personnes employées pour 20,368 établissements, tandis qu’en 1896 nous avons 227,063 personnes employées pour 6,951 établissements seulement. Vous voyez combien la concentration augmente concurremment avec la productivité.
‘(LL6L) sunwmos 2j ap S418s1aaIuut
Dans l’industrie métallurgique, c’est encore plus frappant: en 1866,
| il y avait 54,816 personnes employées pour 1,786 établissements, et
en 1806, nous avons 36,108 ouvriers pour 171 établissements seulement. Le nombre des établissements est tombé de 1,786 à 171.
Dans la fabrication d'objets en métal, il y avait, en 1866, 201,376 personnes employées pour 43,633 établissements; en 1896, il y a 354,166 ouvriers pour 32,547 établissements.
Dans lindustrie du bois, il y avait, en 1866, 106,930 ouvriers pour 50,055 établissements ; en 1806, il y a 110,895 ouvriers pour 15,706 établissements.
Dans l’industrie du bâtiment, nous avions, en 1866, 833,263 ouvriers pour 207,003 établissements; en 1806, il y avait 983,000 personnes employées pour 140,816 établissements.
L'industrie de l’éclairage ôccupait, en 1866, 22,597 ouvriers pour 5,628 établissements; en. 1806, elle comprenait un nombre double d'ouvriers: 41,248 pour 2,469 établissements seulement.
L'industrie de l’habillement et de la toilette, qui occupait, en 1866,
1,145,001 ouvriers et ouvrières pour 355,612 établissements, occupait,
en 1806, 1,758,484 personnes pour 194,281 établissements.
L'industrie de l'alimentation qui, en 1866, occupait 195,355 personnes pour 374,558 établissements, occupait 1,104,219 personnes, en 1806, pour 245,285 établissements.
L'industrie des moyens de transport qui occupait, en 1866, 154,530 rersonnes pour 86,311 établissements, occupait, en 1806 258,297 personnes pour 55,708 établissements.
Enfin, passant par-dessus les autres de moindre importance et caractérisant moins la ‘grande industrie, j'arrive à ce total pour l'industrie :
En 1866, 4,715,805 personnes employées pour 1,450,223 établissements ; |
En 1806, 6,373,230 personnes employées pour 734,240 établissements.
Vous voyez la diminution progressive considérable des établissements pour une production, je le répète, très progressivement augmentée. : |
Dans le commerce, nous faisons les mêmes constations: il y avait en 1866, 572,816 personnes employées pour 302,101 établissements ; en 1896, nous avons 916,532 personnes employées pour 161,905 établissements.
Vous voyez, messieurs, combien ces faits révélés par l’enquête officielle démontrent la concentration des capitaux industriels et comment s’est produite, avec une augmentation constante de la pro-
CA
duction, non pas une grande augmentation du personnel ouvrier, mais une réduction considérable des frais généraux, une concentration énorme des industries, bref un état de choses qui amène inévitablement un nombre de chômeurs de plus en pius grand.
Nous pouvons tirer de ces faits cette conclusion qu'aussi bien en temps de crise, qui fait table rase des petites concurrences au profit des grosses forces de résistance de la grande industrie, que pendant la période normale d'activité, cette accumulation capitaliste, cette concentration de capitaux s'accroît de plus en plus et que, par le fait même de cette concentration, le nombre des ouvriers, pour une production augmentée, diminue considérablement.
Voici en effet ce qui se passe. Non seulement la machine motrice joue un rôle de plus en plus grand et qui ira toujours en augmentant par suite de l'emploi des forces naturelles; par exemple, du transport de l'électricité des chutes d’eau jusqu'aux lieux de production, par l’emploi aussi d'instruments nouveaux; mais d’un autre côté, au fur et à mesure que se développe concurremment avec cette puissance de la machine motrice, celles des machines-outils dont on. se sert de plus en plus, une transformation ouvrière considérable a lieu. L'ouvrier d'autrefois, qui était qualifié particulièrement alors qu'il était artisan et qui l’est devenu de moins en moins en devenant un serviteur de la machine, finit par voir sa place prise d’une part par la femme et l'enfant, de l’autre par la force de travail la moins rétribuée, la force de travail, quelle qu’elle soit de plus eï plus réduite pour une productivité et production de plus en plus augmentées. — (Hd. VAILLANT. Le chômage à la Chambre. Limoges, 1905.)
Et voici les conclusions de Compère-Morel, que tout le monde reconnait comme le meilleur connaisseur de l’évolution agricole en France:
XVII, — La concentration capitaliste dans l’agriculture.
Les petites parcelles de terre se trouvent de plus en plus absorbées par la grande propriété terrienne (x).
Depuis une cinquantaine d'années, les petites exploitations ont
(1) En 1884, le nombre des cotes foncières était de 14.220.972 et en 1905 de 13.533.026, soit une diminution de 687.945 cotes foncières en 21 ans.