‹ La révolution socialeChapitre 140 sur 172 · RE · texte numérisé non relu

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pour la plupart disparu, et les petites et les moyennes propriétés qui ont résisté jusqu'à aujourd'hui agonisent, vont succomber devant fa puissance capitaliste des gros propriétaires du sol (2).

Aussi ne voit-on plus de ces petits ménagers qui jadis étaient si nombreux dans Îles campagnes. Ils se sont transformés en domestiques, en salariés des grandes fermes, à moins qu’attirés par le clinquant des villes, ils ne soient devenus les serfs de l’usine (3).

If ne faut pas, parce que l’on voit encore d’innombrables cultivateurs avoir terres et maisons inscrites à leur nom, croire que la petite et moyenne propriété détiennent toujours une bonne partie de I terre :(4). :

Si l’on se contente des apparences, out l’on peut prétendre que la propriété rurale évolue très lentement, paraît même en certains endroits figée dans sa forme primitive de petite propriété. Mais si l’on ne s'arrête pas à un examen superficiel, l’on s'aperçoit que la propriété rurale se transforme comme da propriété industrielle et que la petite propriété n’est qu'une des formes de la grande propriété capitalistes La vérité, c’est que les trois quarts du sol exploité par la petite culture sont grevés d’hypothèques et que chaque lopin de terre qu’elle semble posséder n’est qu'une parcelle du grand capital terrien (5).

51 la grande propriété est possédée en propre par Îles capitalistes terriens, la petite propriété est aussi leur chose.

(2) En 1892, petites exploitations allant jusqu’à 10 hectares......,..... 4.852.063 ‘En 1908, — — — 4.611.564 Diminütion de 1892 à 1908......... 241.309

En 1908, moyennes et grandes exploitations allant de 10 à 100 hec- TR TE ER OTS AER UE COR ONS ÉMR Re ee Une R a Si ÉRa nes 893.900

En 1892, moyennes et grandes exploitations allant de 10 à 100 hec- (LED CREER LEA A CR re RARE TC SLR AE eee ia 840.789 Augmentation de 1892 à 1912...... | 44.111

Ces 241.209 petites et très petites exploitations disparaissant en seize ans accusent donc une diminution de 15.087 unités par an, 1.257 par mois et 41 par jour. C'est bien un signe évident de la concentration terrienne (COoMPÈRE-MoREL : La Queslion agraire et le Socialisme en France).

(3) Les ouvriers ruraux complètement dépossédés sont en France de 3.200.000.

(4) Ainsi, avant 1884, il existait 8.585.323 cotes de o à 1 hectare pour 2.574.580 hcc- . tares; 4.628 060 cotes de r à 10 hect. pour 14 co1.856 hect.: 698.326 cotes de 10 à 40 hect. pour 12 700 087 hect ; 163.092 cotes de plus de 40 hect. pour 19 211.772 hect., soit 13.213.283 cotes de o à 10 hect. pour 17.476.445 hect. et 861.418 cotes de 10 à 40 hect. pour 31 911.859 hectares. Comme les cotes foncières ont diminué en nombre depuis 1884, ce n'est pas trop s'avancer que d'affirmer que la proportion pour cent des grosses cotes doit encore être de beaucoup plus élevée en 1911 qu'avant 1684 (CoMPÈRE-MorEL : LA Question agraire et le Socialisme en France).

(5) M. Klotz, député de la Somme. rapporteur du budget de l'Agriculture en 1906, et aujourd'hui (1912: ministre des Finances, a été obligé d’avouer que la dette hypothécaire dépasse le chiffre de 15 milliards; ce qui est encore au-dessous de Ja vérité:

Grevée d’hypothèques, cette petite propriété est pour eux une source de bénéfices, puisque ceux qui la possèdent doivent annuellement leur verser les intérêts des sommes qu'ils leur ont prêtées. Les petits

propriétaires, chargés de dettes, ne louent pas la terre qu'ils cuitivent,

c'est vrai, mais comme ils louent l'argent qui leur est nécessaire pour exploiter leurs propriétés, cela revient au même. Ils ne sont propriétaires que de nom.

Et la petite propriété paiera ce tribut jusqu’au moment où les petits cultivateurs, ne pouvant plus résister à la concurrence de la grande exploitation agricole, détenue par la classe capitaliste — qui vend à meilleur compte qu'eux et avec plus de profits — se verront obligés de refuser de faire face à leurs engagements, de payer les intérêts des sommes qu’on leur a avancées, et seront, par conséquent, acculés à vendre leurs petites propriétés (6).

Et cette échéance ne saurait tarder.

La

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