CET EP
Cette inévitabilité de la NO bon sociale ressort des faits
que voici :
1° Comme résultat d’une longue évolution, un nouveau mode de production s'établit révolutionnant tous les rapports sociaux politiques, intellectuels et moraux : le mode de Ia production capitaliste.
2° La production capitaliste a développé dans des proportions extraordinaires les forces productives en dotant l’Humanité d’un nombre colossal d’ « esclaves de fer », de machi-
nes à tout faire, à tout produire.
3° Le capitalisme a développé de nouveaux centres de vie sociale et collective, des villes modernes, dont la population égale celle des petits et moyens Etats. La population urbaine dépasse, dans tous les grands pays capitalistes, celle des campagnes. La ville capitaliste et industrielle à soumis à son pouvoir et à son influence, les campagnes vivant de l’agriculture. Les villes sont devenues les foyers actifs de la propagande et de l’organisation socialistes. Presque toutes les grandes villes
allemandes sont représentées au Reïchstag par des socialistes.
4° Le capitalisme industriel, financier, commercial et agri-
cole se concentre chaque jour davantage. Un petit nombre de
capitalistes associés et trustés domine de plus en plus la production et l'échange nationaux et internationaux. La grande industrie, la grande Banque, le grand commerce, l’agriculture industrielle tendent à faire disparaître ow à subordonner la petite industrie, la petite banque, le petit commerce, la petite agriculture. Cette évolution prépare les moyens techniques et sociaux de la Révolution sociale. Elle organise d’ores et déjà
la production sur une vaste échelle collectiviste. La collecti-
vité n'aura qu’à faire sienne ce qui fonctionne, grâce aux efforts concentrés et collectifs, pour effectuer la Révolution
sociale en ne faisant que supprimer la contradiction mortelle qui existe entre le mode collectif de production et le
mode individualiste d’appropriation, entre le travail par tous
“et le profit pour quelques-uns.
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5° La concentration capitaliste est suivie de près par la concentration ouvrière. L'ouvrier moderne n’est pas un isolé. Il appartient aux grands organismes sociaux (syndicats, coopératives, partis politiques, etc.), qui l’éduquent, le disciplinent, le protègent et l’entrainent pour la lutte finale de son émancipation intégrale. La classe ouvrière vit déjà d’une vie collective qu'elle n’a qu'à élargir et à doter des forces productives créées par elle — qui doivent partout être à elle — pour passer du régime homicide au régime bienfaisant et fraternel. |
6° Avec le développement économique, politique, social et intellectuel de la classe ouvrière, avec la croissance de son organisation nationale et internationale, une contradiction flagrante se fait jour entre l’état dépendant, soumis, humilié d'une classe exploitée, chair à profit et à massacre d’une part et son rôle grandissant dans la vie économique, sociale et
politique de l’autre. Toutes les fois que la situation réelle d’une.
classe était au-dessous de son rôle dans la vie économique et sociale, une révolution intervint pour rétablir l'équilibre. Ce fut le cas du Tiers-Etat en 1780. Etant Tout, il signifiait rien, politiquement parlant. En conquérant révolutionnairement le pouvoir, 1l a mis fin à cette contradiction sociale qui ne peut pas durer indéfiniment. C’est maintenant le tour de la classe ouvrière, Ou la société moderne la plus puissante et la plus riche depuis que l'Humanité existe sera détruite par la contradiction entre ce que doit être la classe ouvrière et ce qu'elle est, ou, comme toujours, dans l'Histoire, la contradiction sera résolue par une formé sociale supérieure, c’est-à-dire par le triomphe du socialisme, de la Révolution sociale.
7° De toutes les contradictions du régime capitaliste, trois sont parmi les plus flagrantes
a) l’accumulation inouïe des richesses sociales, la possibilité technique de les multiplier indéfiniment et la misère, l'ignorance, la dégradation, la honte où vivent des centaines de
millions d'êtres humains (pour les détails et les chiffres, voir ‘
Ch. Fourier, Hertzka, Atlanticus, K. Kautsky, Lucien Desli- nières, Georges Renard, les frères Boneff, Compère-Morel, Booth, etc., etc.), le gaspillage du régime et la possibilité de diminuer considérablement les faux frais de la vie sociale.
b) La souveraineté politique de la classe ouvrière, qui est partout la majorité et, par le suffrage universel là où il existe, le véritable maître, en théorie, de l'Etat et sa situation. d’esclave économique et social. Maître théorique de l'Etat et esclave pratique de l’Usine capitaliste ! Cette contradiction flagrante ne peut pas durer. La Révolution sociale doit fatalement y mettre fin, ou ce sera la dégénérescence des luttes sanglantes sans trève, sans issue.
c) Le caractère industriel et pacifique de la production capitaliste jouant un rôle bienfaisant en créant des richesses illimitées, en établissant des conditions matérielles d’un bonheur collectif et individuel infini et l’état de paix armée avec ses dépenses militaires. Cette contradiction entre le caractère profondément pacifique du travail industriel créateur de la vie la plus intense et son armature militaire barbare, source de mort et de ruine fut constatée par tous les grands sociologues depuis Saint-Simon, Auguste Comte jusqu'à Herbert Spencer et Novikow. C’est probablement cette dernière contradiction qui provoquera, dans un avenir rapproché, les crises les plus terribles dont sortira une nouvelle forme sociale, qui ne peut être que la société socialiste.
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