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de mort. Un quotidien, aux Etats-Unis, ne peut vivre sans ces
dernières nouvelles. Il n’y a que les journaux socialistes qui ne sont pas soumis à leur influence, parce qu’ils ne sont pas des opérations
industrielles, mais des organes de propagande et des armes de combat.
Les financiers des trusts, au su et au vu de tous, fournissent aux républicains et aux démocrates, les deux partis rivaux, des millions pour les élections ; personne n’ignore que ce sont les propriétaires des mines d'argent qui ont soudoyé Bryan pour sa campagne en faveur de l'argent et qui ont acheté les sénateurs et les députés lors du vote du Sherman act pour la frappe de l'argent. — (Les Trusts américains, par P. LAFARGUE, p. 7-14.)
VIH, — Les conséquences du développement des trusts.
Les trusts deviennent tout puissants. Ils brisent toute résistance ouvrière. Les chances de grève deviennent de plus en plus douteuses. Les formidables lock-out exaspèrent la lutte des classes. Ils mettent en échec les pouvoirs publics eux-mêmes, se moquent des lois, font et défont les gouvernements. Le peuple supportera-t-il le joug despotique du capital trusté et vivra-t-il éternellement en esclave? Les pouvoirs publics perdront-ils tout prestige et seront-ils considérés comme des domestiques à tout faire du Capital? Le veau d'or sera-t-il roi? Science, littérature, art et beauté,
tout se prostituera-t-il devant sa toute-puissance? Une oli-
garchie plus tyrannique que tous les despotismes connus jusqu'ici arrêtera-t-elle tout progrès, tout élan, toute évolution? Si oui, ce serait la mort de la société aux pieds de Rockefeller, de Gould, de Vanderbilt, etc.
Mais cette éventualité est contraire à toutes les lois de l'Histoire, à tous les précédents. Toutes nos analyses précédentes le contredisent. La vie moderne est un perpétuel mouvement. Les forces prolétariennes sont en marche. Les trusts soulèvent contre eux le prolétariat et une grande partie des classes moyennes. La résistance grandira et deviendra
et 499 — formidable. C'est la Révolution avec toutes ses conséquences, et d'autant plus facile que les trusts auront réalisé, par la concentration de la production et de la possession poussée à l'excès, les conditions matérielles du régime collectiviste. Les expropriateurs de tous seront expropriés à leur tour. La Révolution sera faite!
VIII, — La guerre et la révolution.
Le militarisme devient le plus grand mal de l’époque. La guerre est le plus grand ennemi du prolétariat. Nous avons beau accumuler des millions d’adhérents, nos trésors de guerre ont beau se remplir, la guerre lance les prolétaires les uns contre les autres. Les libertés publiques sont supprimées, nos trésors de guerre dissipés! Aussi quel admirable moyen pour les classes dominantes de se débarrasser de leurs adversaires, de les décimer mieux et plus efficacement qu'avec des prisons, des potences, qui font trop de bruit pour peu de besogne. Avec la croissance de la classe ouvrière, en face de la marée socialiste qui monte, qui monte, les classes dominantes seront tentées de jouer le tout pour le tout. Le prolétariat doit suivre avec la plus grande attention la politique étrangère des classes dominantes, qui ne cessent de jouer avec . le feu. Car elles savent la force dont elles disposent pour mater leurs adversaires dans cette faculté d’exciter les passions chauvines.
Mais le danger de la guerre est conjuré par la raison même qui le fait naître : la croissance du prolétariat révolutionnaire. La peur de la Révolution est à la fois un excitant pour les partis de la guerre et un obstacle à l'accomplissement du criminel dessein. Voyez l'Allemagne.
« Pour comprendre, écrit Michel Pavlovitch déjà cité, les raisons qui empêchent l'Allemagne, malgré son formidable matériel de guerre, de se lancer dans une aventure extérieure.
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il suffit de relire le discours du prince Henri de Prusse, frère de Guillaume IT, aux vétérans du 35° bataillon, quelques jours après les funérailles de Singer, où le royal orateur montre que l'Allemagne ne risque rien du côté de l’ennemi extérieur — qui peut à son gré lui envier ses forces — mais que toute l’armée doit se grouper autour de l’empereur contre l'ennemi intérieur, chaque jour plus menaçant. Il suffit, d'autre part, de remarquer l’énorme impression pro-
duite sur la bourgeoisie internationale par la magnifique dé-
monstration des Berlinois à ces mêmes obsèques de Singer, où la social-démocratie allemande montra son merveilleux esprit de discipline et la puissance de son organisation. »
Pendant la crise marocaine, la presse pangermaniste ne cessa pas de dénoncer les millions de social-démocrates comme « le soutien de l'étranger » empêchant par leur attitude antichauvine et antigouvernementale de « causer sérieusement » avec la France.
Il est probable que la folie des armements croissants, dont on ne voit pas la fin, et les ambitions des classes dominantes provoqueront une conflagration. Et les désastres et les ruines seront telles, prendront des proportions si effrayantes, qu'à un moment donné, le seul parti qui a toujours combattu la guerre, pourra grouper autour de lui une majorité chargée de haine et de révolte, frémissante et décidée à tout.
Il est peu probable que nous ayons une crise révolutionnaire au début du conflit. |
Ce n'est qu'au cours ou à la fin de la guerre que les passions révolutionnaires peuvent atteindre leur maximum. Et la Révolution éclatera, balayant les artisans des désastres!
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