IV. — Le budget d’un maître ouvrier en
On a décrit avec force détails la situation misérable des paysans avant la révolution. On connaît moins celle des ouvriers des villes. Pourtant, ils ont joué, en s’alliant avec la
bourgeoisie, un rôle décisif à toutes les grandes journées
révolutionnaires. Nous donnons ci-dessous un tableau des 1evenus et des dépenses d’un maître ouvrier en 1786.
En 1786, année où les affaires vont tout à fait mal, les maitres ouvriers publient un tableau parallèle de leurs dépenses et de leurs recettes. Ils supposent un ménage ayant trois métiers « chargés des meilleurs genres » d’étoffes, dont la femme occupe constamment l’un, le mari et un compagnon les deux autres, avec l’aide d’un seul domestique « pour faire les dehors, les connettes et dévider. » Il s’agit de vivre, de nourrir deux enfants, dont un en nourrice, d'entretenir le domestique et de payer le compagnon. Déduction faite des 52 dimanches, de 17 fêtes chômées et de 24 jours employés à monter les pièces, il reste 272 jours ouvrables qui, à raison de 2 aunes 3/4 sur chaque métier, ce qui « sans contredit, est la journée d’un bon ouvrier », produisent « 748 aunes pour chaque métier », et rapportent.1.553 livres 8 sous, | | | &
Da se . En regard voici les dépenses :
Pain pour 5 personnes (le père, la mère, les deux enfants et le domestique), 10 livres à 2 sous la
en M he ere 0 que 365 livres Une bouteille de vin par jour à 8 sous... 146 1. Deux livres et demie de viande à 6 sous PR OS D uen. lo. 2731: -5 sous Mol par, Hdile fruits, etc... 1,2... 50 1.
Po er de lappartement. 1..." 146 1.
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Entretien des trois métiers. ..…....... 81 1. 12 sous Éhiletémbruters à 4 flampes::.:.,.:..: : 6o 1. Gares duidomestiques.....1..4,..1.17, ASE.
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D’après d’Alvenel, la livre, de 1772 à 1700, valait 4 gr. 27 d'argent et correspondait à © fr. 95 de notre monnaie. (Histoire économique de la propriété, des salaires, des denrées et de tous les prix en général depuis l'an 1200 jusqu'à l'an 1800, Paris, Imprimerie Nationale, 1804, page 481.)
La livre tournoi contenait 20 sous et 240 deniers.
Par conséquent :
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Les 1.533 livres 8 sous que rapportent les trois PNR ROC er ei M MP A, Lu. ir et)
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« Voilà, continue M. Lavisse, un déficit de 200 livres. II faut ajouter les dépenses de l'habillement; de ce chef, les
ouvriers ne sont pas difficiles : un habit complet pour
l'homme coûte 8o livres, mais comme il dure huit ans, c'est seulement 10 livres à compter par an. En raison de la durée aussi, la veste et la culotte de travail, de 28 livres, reviennent par an à 7 livres et le chapeau de 6 livres à 2‘hvrès. Le bonnet 2 livres, la chemise, l’unique chemise, 4 livres, la paire de. bas et le mouchoir de poche 3-livres, la paire de souliers 6 livres 10 sous, ne font qu'un an; en tout 34 livres 10 sous pour l’habillement de l’homme. La femme dépense un peu plus : 45 livres 13 sous 4 deniers; les deux enfants coûtent ensemble 26 livres.
« Enfin il faut compter les couches de la mère, les jours perdus, l'entretien du mobilier et des lits, les frais de barbier, le tabac, la capitation, les six jours perdus par le mari à monter la garde, quelques autres dépenses pour le pliage des étoffes, etc. On arrive ainsi pour l’année à 2.039 livres de dépense contre 1.533 livres de recettes, c'est-à-dire un déficit de 500 livres. » — (Soit 500 X oO 95 —475 francs.)