‹ La révolution socialeChapitre 29 sur 172 · IX. — Le journal de Babeuf · texte numérisé non relu

IX. — Le journal de Babeuf

Le 17 fructidor (3 septembre) Babeuf avait fait paraître le premier numéro de son journal sous le titre, jusqu'au numéro 22 inclusivement, de Journal de la Liberté de la Presse; à partir du numéro 19 (8 vendémiaire-29 septembre), son journal porta l’épigraphe : « Le but de la Société est le bonheur commun, article 1°, Déclaration des Droits ».

« C’est un journal pour les penseurs que je prétends faire, disait-1l dans le numéro 2 (19 fructidor-5 septembre), c'est la théorie des lois successivement rendues et l'examen de leurs divers rapports avec la liberté et le bonheur du peuple ». Cependant, ce qui le préoccupe par-dessus tout à cette époque, c'est la liberté d'écrire, puis le droit pour le peuple d’élire ses magistrats; ce qu'il invoque, c'est la Déclaration des Droits de l'Homme de 1703 : « Je rapporte tout aux droits de l'homme, je porte aux nues tout ce qui s’en rapproche, et je sape tout ce qui leur est opposé » (n° 7, du 28 fructidor- 14 septembre). Dès son premier numéro, il avait écrit « Nous estimerons, nous admirerons l'ouvrage, et nous oublierons quel fut l’ouvrier », faisant allusion à cette Déclaration et à Robespierre « sincèrement patriote et ami des principes jusqu'au commencement de 1793, et le plus profond des scélérats depuis cette époque » ; dans son numéro 4, il l’appelle « l'Empereur ». Il est thermidorien, avec excès et naïveté tout d’abord : « le 10 thermidor marque le nouveau terme depuis lequel nous sommes en travail pour renaître à la liberté » (numéro 2). Il réprouve le système de la Terreur et se montre aussi fidèle aux sentiment d'humanité qui rendent si belle sa lettre à sa femme (Advielle, Histoire de G. Babeuf, t. [, p. 54-55) ; il attaque violemment ceux qui ont appliqué ce système — particulièrement Carrier — appelés dans son numéro 4 (25 fructidor-11 septembre) « terroristes », mot dont

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