‹ La révolution socialeChapitre 43 sur 172 · M ELA RÉVOLUTION ET LES PROGRÈS | ÉCONOMIQUES · texte numérisé non relu

M ELA RÉVOLUTION ET LES PROGRÈS | ÉCONOMIQUES

de A et de Hi Fee Une contre-vérité. :

La réaction prétend encore aujourd'hui (voir les livres de M. Gustave Le Bon) que la Révolution n’accumula que des ie C'est là une contre-vérité. : LS La Révolution « a libéré » les forces productives de la SE nec sans émanciper les producteurs. En abolissant les droits féodaux, elle a donné un nouvel essor à l’agriculture. * Parla suppression du régime des corporations, elle a déblayé le terrain au profit du développement industriel, préparé le lit

E au régime capitaliste. Voici un résumé de la situation écono- | mique de la France pendant la période de 1800 à 1815 d’après | EM. A. Arnauné et quelques autres (Histoire générale de MM. E. Lavisse et RAMBAUD) : :

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D I. — Guitures. | Vers 1815, d'après le comte Chaptal, la superficie de la : France était de 52 millions d'hectares, les terres labourables occupaient près de 23 millions d'hectares; les paturages, 3 millions et demi; les prés également 3 ons et demi; les vignes près de!3 ere d'hectares ; lés terres vagues, Res D one A 000 hectares. Le bois s'étendaient sur + 3 millions en bois { taillis et a .

i million et demi d'hectares formaient le domaine forestier de l'Etat. | |

Les produits en céréales s'étaient accrus d’un dixième de 1700 à 1812; les prairies artificielles s'étaient considérablement agrandies aux dépens des jachères stériles. C’est l’époque où la doctrine des assolements commence à se répandre. Chaptal constate, en 1819, que cette théorie a fait de grands progrès; « il est reconnu aujourd'hui que la terre ne demande pas de repos et qu'elle peut produire sans interruption, pourvu qu'on la prépare convenablement par de bons labours, des engrais suffisants et surtout par des assolements bien entendus ». Cependant, l'agriculture ne s’affranchit que lentement de la vieille routine de semer du blé, puis de l’avoine et de laisser la terre se reposer la troisième année. Dans la Dordogne, par exemple, en 1808, la rotation se borne aû seigle et à la jachère; même pratique dans la Haute-Garonne, sauf dans l'arrondissement de Villefranche et une faible partie de ceux de Toulouse et de Muret, où l’assolement est triennal et comporte le blé, le maïs et la jachère. Dans le Gers, en 1815, les prairies artificielles sont encore inconnues.

La pomme de terre, longtemps dédaignée, est d’un emploi plus général après les disettes de 1811 et 1812.

La vigne se répand sur de grandes étendues de terrain, autrefois en friche. En 1808, d'après Chaptal, la récolte du vin est de 35 millions et demi d'hectolitres. L'augmentation des produits est évaluée par les uns au quart, par les autres à la moitié de ce qu'ils étaient avant 1700.

La production des huiles végétales avait également beaucoup progressé. Dans une enquête faite en 1912, il fut constaté qu on en exportait une quantité notable, tandis qu'antérieurement on en importait annuellement pour environ 20 millions de francs.

La culture du lin avait augmenté. Elle occupait 40.000 hectares dans une quarantaine de départements : on en estimait le produit à 19 millions. Cent mille hectares environ étaient

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ensemencés en chanvre dans 57 départements, donnant une récolte évaluée à 30 millions. Signalons la découverte d’un nouveau procédé de rouissage inventé par un fabricant d'Amiens, Bralle, qui permettait de rouir très rapidement, en toute saison, d'une manière complète et égale.

Parmi les cultures accessoires, nous indiquerons le houblon, dans quelques départements du Nord; la garance en Alsace, dans le Vaucluse, l'Hérault, les Bouches-du-Rhône; le pastel dont la culture très florissante au xvI° siècle, très atteinte depuis par l'invention de l'indigo, reprit quelque faveur pendant le blocus continental: la betterave, alors à ses débuts. Nous ne mentionnerons que pour mémoire le tabac, cultivé librement de 1791 à 1708, puis placé, à partir de 1808, sous la surveillance de l'Etat; le coton, dont l’acclimatation fut essayée dans l’extrême-midi au moment du blocus continental.

Ill. — Élevage.

L'introduction du. mérinos avait eu les plus heureux résultats. Le poids des toisons avait doublé par suite de l’amélioration des races. L'industrie était mise en possession d’une grande variété de laines pouvant servir à la fabrication des tissus les plus fins et des tissus ordinaires. La production des laines fines était évaluée à Oo millions de kilogrammes.

La population bovine était estimée en l’An XIII à 6 millions de bœufs et vaches. Les exportations de ces animaux représentaient en moyenne, avant 1700, 4 millions et demi de francs ; en 1811 et 1812, elle était évaluée à près de 9 milions ; l'importation, dans la même période, était tombée de 6 millions à 2 millions de francs. En 1912, on comptait 200.000 taureaux, 1.700.000 bœufs, 3.900.000 vaches, 850.000 génisses, en tout 6.600.000 têtes.

Plus de la moitié des cultures était alors faite au moyen de bœufs. |

On estime qu’en 1812 les divers travaux de l’agriculture occupaient environ 1.500.000 chevaux. Les mouvements de l'exportation et de l'importation de ces animaux ont été surtout affectés par les nécessités de la guerre. — (LAVISSE : et RAMBAUD. Histoire générale du 1V° siècle à nos jours, t. IX,

jp. 392-395.)

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