‹ La révolution socialeChapitre 49 sur 172 · LES · texte numérisé non relu

LES

la monarchie bourgeoise sur une aristocratie de fonctionnaires

t en aucun temps aussi profonde que dans la

Ca :

ruption ne fu

nôtre. Elle était arrivée à un tel degré qu'elle n'avait plus

conscience d'elle-même : le sens moral était atrophié, la tyran-

nie du capital érigée en dogme, le vol légalisé et pratiqué

impudemment au grand jour par tout ce qu'on appelait alors le pays légal, depuis le notaire, l'agent de change et le banquier, s’enrichissant de la ruine des familles et spéculant sur la disette des grains, jusqu'au petit marchand fraudant sur le poids et la qualité de sa marchandise et falsifiant les ali-

ments du Peuple avec des drogues vénéneuses ; les lois de la nature elle-même viciées et perverties, le mariage transfor- mé en un marché de prostitution, le foyer conjugal en un bagne, la famille en un troupeau d'héritiers s’abattant comme

des corbeaux sur un cadavre. :

La corruption avait passé des mœurs dans la politique. La Chambre des députés, devenue une armée disciplinée et salariée de fonctionnaires, ne servait plus qu'à couvrir d’une apparence de légalité la honteuse politique du pouvoir exécutif. À l'extérieur, cette politique rayait la France du rang des nations indépendantes pour en faire l'instrument servile

de tous les gouvernements absolus ; à l’intérieur, elle étouf- fait toutes les libertés politiques, organisait la vénalité des

charges d’un côté, celle des consciences de l’autre, et appuyait

et de financiers. — Louis MÉNARD. Prologue d'une Révolution.) ;

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