‹ La révolution socialeChapitre 54 sur 172 · XIV. — Les premiers bénéficiaires de la Révolution · texte numérisé non relu

XIV. — Les premiers bénéficiaires de la Révolution

Pendant que le peuple devait se contenter de belles paroles, les bourgeois obtenaient des places, raconte Louis Ménard, un combattant de la Révolution. |

‘La monarchie avait eu pour principal appui les intérêts coalisés de ses innombrables fonctionnaires. La conscience publique exigeait une réforme complète de l'administration ;

il fallait surtout détruire l’odieux abus du cumul et des siné- …

cures, et révoquer de leurs emplois ceux que la faveur et la corruption y avaient appelés. On se contenta de prononcer quelques destitutions inévitables. En même temps, quelques-

uns des membres du Gouvernement DROREONS s’occupèrent

de bien placer leurs amis.

On reproche à M. Crémieux, ministre de la justice, la préférence marquée qu'il montra pour ses coreligionnaires. On

se plaignit aussi du grand nombre d'emplois confiés aux

anciens rédacteurs du National. Ce journal était l’organe des opinions de la bourgeoisie libérale, et le Peuple craignait que la Révolution qu'il avait faite ne fût accaparée et exploitée par une fraction. | ; L'Hôtel de Ville et les ministères étaient encombrés de solliciteurs; les plus implacables serviteurs de la monarchie remplissaient les colonnes du Moniteur du scandale de leurs

adhésions à la République. Cependant, les détenus politiques 3

récemment mis en liberté par le Peuple se tenaient éloignés de cette curée des places. Au lieu de s’entourer de ces hommes énergiques qui, comme réparation de leur long martyre,

auraient accepté avec joie le droit de se dévouer à l'organisation de la République, le gouvernement les laissa dans l’ ombre

et dans l'oubli. Quelques-uns recurent seulement des gouver-

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té leur influence. + . Cependant, le Peuple commençait à se den del serait | pour lui le résultat de la Révolution qu'il avait faite, Bien | des réformes étaient indispensables, des citoyens isolés en ; ‘avaient indiqué quelques-unes; ainsi on voyait sur les murs É. mie Paris, Re suivante avec la signature de Sobrier, de

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