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XVI. — La tactique de la majorité du gouvernement provisoire.
En exilant du siège de leurs délibérations, avec la périlleuse mission de magnétiser un peuple affamé, deux de leurs collègues (Louis Blanc et Albert), dont les principes socialistes les gênaient, les membres réactionnaires du gouvernement provisoire leur laissaient tout le poids d’un immense probleme à résoudre, sans budget spécial, sans aucun moyen d’action, avec une écrasante responsabilité s'ils échouaient. Pour atteindre plus sûrement ce résultat, on se hâta d'ouvrir, sur la proposition de M. Marie, ministre des travaux publics, des ateliers nationaux dans lesquels on enregimenta une immense quantité d'ouvriers et auxquels on donna une direction essenttellement hostile aux principes de la Commission du Luxembourg. Cependant, cette Commission, dès les premiers jours de son installation, rendit d'importants services. Louis Blanc partagea avec Caussidière l'honneur du maintien de la paix dans Paris pendant les deux premiers mois de la Révolution. Chaque jour, des différends s'élevaient entre les patrons et les ouvriers; ceux-ci menaçaient de se mettre en grève; mais les uns et les autres venaient exposer leurs griefs à Louis Blanc qui terminait toujours la discussion à l'amiable. C'est ainsi, notamment, qu'il empêcha que Paris manquit de pain du jour au lendemain, par suite d'une difficulté survenue entre les boulangers et les ouvriers qui refusaient de travailler. PACE
Le premier acte de la Commission du Luxembourg fut de faire rendre par le Gouvernement provisoire le décret suivant, dont les termes avaient été fixés d’un commun accord par les délégués des patrons et des ouvriers
Sur le rapport de la Commission du Gouvernement pour les travailleurs,
Considérant :
° Qu'un travail manuel trop prolongé non seulement mine la santé du travailleur, mais encore, en l’empêchant de cultiver son intelligence, porte atteinte à la dignité de l’homme; |
Que l'exploitation des ouvriers par Îles sous-entrepreneurs ouvriers, dits marchandeurs ou tâcherons, est essentiellement injuste, vexatoire let contraire au principe de la fraternité;
Le Gouvernement provisoire de la République décrète:
La journée de travail est diminuée d’une heure. En conséquence, Paris, où jusqu'ici elle avait été de onze heures, elle est réduite dix; et en province, où elle avait été jusqu'ici de douze heures, elle est réduite à onze.
L'exploitation des ouvriers par des sous-entrepreneurs ou matchandeurs est abolie.
Il est bien entendu que les Associations d'ouvriers qui n’ont point pour objet l'exploitation des ouvriers les uns par les autres ne sont pas considérées comme marchandage.
Ce décret, abrogé depuis par l'hostilité taquine de l’Assemblée nationale, était un bienfait pour les patrons et pour les ouvriers : il abolissait le marchandage, impôt prélevé sur les uns comme sur les autres, et, en diminuant la journée de travail, 1l augmentait le nombre des ouvriers occupés. Quelques jours après, la Commission du Luxembourg fit établir, dans toutes les mairies, un bureau gratuit de renseignements où les demandes et les offres de travail étaient inscrites sur des registres. Les ateliers commencèrent à se rouvrir, et la confiance parüt renaître. Le Peuple, confiant dans la bonne volonté et les lumières de la Commission du Luxembourg disait qu'il mettrait encore trois mois de misère au service de la République. — (Louis MÉNARD.)
XVII, — La Presse et les Clubs.
….Le gouvernement se montra indécis et irrésolu : il annonça d nn. que l'impôt du timbre serait suspendu dix jours avant la convocation des Assemblées électorales; puis, forcé de