‹ La révolution socialeChapitre 57 sur 172 · PER · texte numérisé non relu

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pôt. Les fameuses lois de septembre furent en même temps abrogées.

Affranchie de ces entraves, la presse prit un To.

ment immense, et l'éducation DORE du Peuple fit plus de

progrès en quelques jours qu’elle n’en avait fait pendant les

cinquante dernières années de la monarchie. Mais rien ne contribua aussi puissamment à initier le Peuple à la vie dé-

mocratique que les clubs: « Quand trois d’entre vous seront

réunis en mon nom, avait dit Jésus-Christ, je serai au milieu

d'eux ». « Les clubs sont les églises de la religion nouvelle, la religion du droit ». (Louis Ménard.) C'était un magnifique

spectacle que de voir ces hommes qui, la veille, demandaient au vin ou à la littérature pourrie des théatres le délassement de leurs travaux, s’assembler chaque soir pour entendre Îa

bonne nouvelle, l’évangile de la justice, et boire la parole de

vie qui tombait des lèvres des initiateurs. La plupart des présidents de clubs étaient des prisonniers politiques de la mo-

narchie; c'étaient les confesseurs de la foi: leur pâleur, leur : vieillesse précoce, les ravages ineffaçables de leur captivité, rappelaient au Peuple qu’ils avaient offert leur sang en témoi-

gnage à la vérité, et donnaient à leurs paroles l'autorité du martyre. Depuis, presque tous sont retournés dans les ure sons qu'ils avaient un instant quittées.

Blanqui ouvrit le premier club sous le nom de S'ociété FPE ne, blicaine centrale. Sa parole calme et froide faisait pénétrer dans les masses de vagues soupçons sur les tendances du pou-.

voir. Instruit depuis longtemps à la défiance, il dénonçait avec

une sagacité prophétique, la marche rétrograde de la Révo-

lution. Il poursuivait avec une ombrageuse obstination ces deux agents de toutes les tyrannies, la magistrature et l’armée. Mais sa personnalité hautaine éloignait de lui les hom-

mes de son parti qui se groupaient de préférence autour de Barbès, fondateur du club de la Révolution, nature sympa- 4 thique et franche, dont le seul défaut était de trop compter 3

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but exclusif la propagation d’une doctrine, par exemple, celui des communistes icariens, fondé par Cabet. D'autres s’organisèrent en sections armées destinées à opposer, s'il le fallait, une digue aux envahissements de la réaction. Tel fut le club de la Société des Droits de l'Homme composé principalement des sectionnaires des Sociétés secrètes.

Des clubs s'ouvrirent dans tous les quaîtiers de Paris; les royalistes en eurent aussi et bientôt le Peuple entier prit part

à ces luttes de la pensée qui devaient le préparer à l'exercice.

de ses droits reconquis. Caussidière et Ledru-Rollin, comprenant l'importance de cette initiative pour les élections pro-

chaines, facilitèrent l'établissement des clubs en leur ouvrant

les salles inoccupées des monuments publics. Depuis, on a fermé les clubs en même temps qu'on a bäillonné la presse;

mais le Peuple, qui a vécu un jour de cette communion des

esprits, n'y renonce plus. Quand on empêcha les chrétiens de s'assembler au grand jour, ils descendirent dans les catacom-

: bes; les clubs fermés deviennent les sociétés secrètes. (Louis MÉNARD.)

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