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I. — Conscience de ciasse

Au fur et à mesure que la Révolution se développe, la participation du prolétariat au mouvement devient de plus en plus consciente. Pendant la grande Révolution de 1780, le peuple ne figurait qu'en sa qualité de combattant. Le pouvoir échouait aux bourgeois. En 1848, il participe au pouvoir dans la personne de l’ouvrier Albert, et de son défenseur Louis Blanc. En 1871, la classe ouvrière, alliée à la petite bourgeoisie, tient provisoirement tout le pouvoir du gouvernement de la Commune. Cependant, la petite bourgeoisie prédomine, mais elle s'identifie avec le peuple. Ainsi se justifie notre conception de la marche de la révolution vers la conscience et l’organisation.

Il. — Le 18 Mars,

(Une attaque nocturne de 140 hommes aboutissant à une révolution.)

Voici la marche des événements selon Da Costa.

Dès trois heures du matin, les troupes disponibles, quelques milliers d'hommes, sortaient des casernes. |

À quatre heures et demie, elles arrivaient toutes à destination.

Mais il faut absolument raconter ici les choses par le

menu.

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La division Susbielle, haree. de does des bte Montmartre, était ainsi composée : 1° brigade Paturel, comprenant : .

17° bataillon de chasseurs à pied; 2 bataillons du 76° de ligne; 1 bataillon de ligne, venu du Palais de l Industrie ; 1/2 compagnie du génie; Gardiens de la paix armés.

so Brigade Lecomte, comprenant :

3 bataillons du 88° de marche ; | EU 18 bataillon de chasseurs à pied. (C° est à ce 18 bataillon qu'avaient appartenu comme engagés volontaires: Paschal Grousset, Olivier Pain et Ch. Da Costa).

1/2 compagnie de garde républicaine ; 1/2 compagnie du génie; Gardiens de la paix armés.

La brigade Paturel, partant de la place Clichy, devait tnarcher dans l’ordre suivant

Gardienstde 14 pair armes: Mr | 1/2 compagnie de garde républicaine;

1/2 compagnie du génie;

1* bataillon du 76° avec le colonel;

2° bataillon du 76° avec le général Paturel.

Cette brigade avait pour mission de tourner le cimetière Montmartre par l'avenue de Saint-Ouen et la rue Marcadet, jusqu'à la rue des

Saules, Par là elle arriverait à la crête et se porterait à droite, net i Ja rue de Norvins, sur le parc du Moulin-de-la-Galette.

Pendant ce mouvement, le bataillon venu du Palais de l’Industrie s’établissait au bas de la butte, côté nord et côté ouest, le long de la à rue Marcadet, sur:l’avenue de Saint-Ouen et dans la partie de la rüe de Maistre qui domine le cimetière.

Enfin, le 17° bataillon de chasseurs à pied restait à la disposition du général Susbielle qui, avec des gardes républicains, un escadron de chasseurs à cheval et deux batteries d'artillerie, occupait le boulevard Clichy, et rejoignait la brigade Lecomte, à la place Pigalle.

À L Re de marche prescrit au général Lecomte était le suivant:

ê Gardiens de la paix armés ;

1/2 compagnie de garde ee 1/2 compagnie du génie; 1 bataillon du 88° de marche;

* bataillon du 88° de marche.

Fu troupes devaient arriver par le boulevard Ornano, prendre, à gauche, la rue Marcadet, et gravir dla butte Montmartre par la rue du Mont-Cenis, pour arriver à la hauteur de l’église Saint-Pierre.

Le 18° batailion de chasseurs à pied et une batterie de quatre, sous les ordres immédiats du général Lecomte, devaient se tenir en réserve

sur le boulevard Rochechouart, à l'angle de la rue Magenta, et sur-

veiller de ce côté les abords de la butte, vers a place Saint-Pierre

et le marché.

Le 3° bataillon du 83° de obus s'établirait au bas de la butte, du : côté nord-est, le long de la rue Marcadet et de la rue Clignancourt.

Remarquons tout de suite que le général Lecomte, tout en suivant à la lettre l’ordre d'attaque prescrit, modifia néan-

moins sur les lieux l’emploi de ses unités: dans les deux

colonnes d’attaque qu'il va former, il substituera les chasseurs à pied du 18° bataillon au 1% bataillon du 88° de marche.

Le fait est très important à signaler : il indique, en effet, que le général Lecomte se défait de la solidité du 88& de marche,

expédié cependant tout récemment à Paris par le général Le Flô, ministre de la guerre.

- L'attaque des buttes par les troupes du général Lecomte

D Hiunenca dès cinq heures du matin. Au vrai, ce ne fut

- qu'une ascension rapide, dans la nuit et sans ennemi devant soi. |

Une première colonne, formée de gardiens de la paix et de gardes républicains à pied, était conduite par le com-

È D + des gardiens de la paix, Vassal.

Une seconde colonne, formée avec le 18° chasseurs à pied,

È était sous les ordres du commandant Poussargue.

4 Lu le plateau inférieur de la butte ; le commandant Poussar-

* Le commandant Vassal devait s'emparer du parc établi

gue avait ordre d'occuper le plateau supérieur, où se trouvait le parc le plus important.

Cette première phase de l'attaque nocturne réussit completement. dE Le plateau inférieur fut rapidement enlevé à la baïonnette. ‘ Les gardes nationaux qui le gardaient étaient peu nombreux.

Avant que les gardes nationaux aient eu le temps de sortir des postes et de se mettre en défense, ils sont enveloppés. La position est enlevéé, les cañons sont pris. Leurs défenseurs, très rares, sont prisonniers. Quelques-üuns cependant battent en retraite en tirant dés coups de fusils. Les anciens sergents de ville ripostent de la tranchée où ils sont à l'abri; ils blessent quelques gardes ; un seul est grièvement atteint.

« Je prévins aussitôt le général Lecomte que c'était chose faite, dit le commandant Vassal, et je lui demandai des renforts, car je n'avais guère que 140 hommes. » (Déposition du commandant V’assal au procès dit des assassins des qénéraux Lecomte et Clément-1homas.)

Le 2° bataillon du 88° de ligne vint alors appuyer la colonne Vassal et se porta à l’ouest, dans la direction de la tour Solférino.

III, — Le mauvais coup gouvernemental avorte faute d’attelages pour les canons volés au peuple.

De son côté, le commandant Poussargue, après avoir occupé plus facilement encore le plateau supérieur, crut devoir prendre immédiatement ses dispositions, en vue d’une surprise.

Cette précaution l’entraîna à éparpiller le petit nombre d'hommes dont il disposait. En effet, il plaça une compagnie dans le jardin des Filles-du-Calvaire, qui entourait l’église et dont le mur bordait en partie le parc d'artillerie, une autre

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à l'intersection de la rue des Rosiers et de la rue du Mont- Cenis, il ne gardait donc autour de lui qu’une compagnie.

Il était alors environ six heures du matin.

Si, à ce moment précis, la brigade Paturel eût exécuté son mouvement et si le général Lecomte avait pu procéder à l’enlèvement des canons, le coup de main réussissait certuinement.

Mais les attelages, impatiemment attendus, ne devaient avriver que peu à péu, ét très tardivement. |

Le général Vinoy l’a déclaré lui-même devant la Comunission d'enquête parlementaire sur le 18 Mars, cette partie de l'opération — l’enlèvement des pièces d'artillerie — était la plus délicate et la plus dangereuse, parce que la plus lente. II s'agissait, en effet, de descendre les canons sur le boulevard extérieur, pour les conduire de là, au galop, jusqu'à l’esplanade des Invalides.

Le général Lecomte voyant que les attelages promis n’arrivaient pas, donna l’ordre de descendre à bras, et aussi avec les rares chevaux, les canons du parc. À cet effet, 1l fit d’abord combler la tranchée creusée en face du plateau supérieur, de manière à faciliter la descente des pièces.

Mais cette opération marchait avec une extrème lenteur.

« Vous savez, à déposé Vinoy, que pour menëer des pièces de quatre ou de huit, il faut quatre chevaux, et il s'agissait de pièces de douze. » |

Néanmoins, il paraît établi qu'on descendit de cette facon une cinquantaine de ces pièces au pied des buttes.

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