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IV. — Le 88° fraternise avec la foule

Cependant, le grand jour était venu et, avec lui, l'agitation. Ceux des gardes nationaux qui avaient pu fuir avaient donné l'alarme. Le Comité de vigilance du XVIII* arrondissement s'était réuni. Dès sept heures et demie, le tocsin sonnaïit, on

battait la générale et l’on te dr le clairon dans tout Mont- ta martre. [es compagnies se réunissaient à la hâte un peu

partout, place de la Mairie, aux abords de la place Saint- Pierre, derrière la butte et même dans la chaussée Clignancourt, aux environs du Château-Rouge, vaste bal public transformé en poste et situé à peu près sur l’emplacement actuel des magasins Dufayel.

Fn même temps, une foule constamment croissante, composée de femmes, d'enfants et de badauds, se massait un peu partout, pour assister, avec une curiosité mêlée de colère, à l'enlèvement des canons. :

Cette foule, d’abord gouailleuse, devient rapidement menaçante et gène singulièrement la troupe dans ses mouvements déjà si pénibles.

Vers sept heures, Clemenceau, maire de l'arrondissement, vient au.

plateau supérieur. Il veut enlever sur un brancard et conduire à l'hôpital un blessé que soigne Louise Michel. Le commandant Vassal s'y oppose. Clemenceau insiste. On en réfère au général Lecomte qui maïntient le refus, sous prétexte qu'un médecin militaire s’occupait du blessé et qu’il ne voulait pas se prêter à « cette promenade du cadavre ».

Pendant ce temps la foule grossissait. Vers 7 h. 45, elle formait une véritable barricade humaine entre les soldats et la garde nationale armée, maintenant concentrée, très irritée et toute disposée à la résistance.

Le général Liecomte comprend, miais trop tard, le danger de ce contact.

Menacé d’être cerné, isolé du reste de l’armée, ne s’expliquant sans doute pas d’autre part l’inaction de la brigade Paturel, il veut se donner un peu d’air et commande de charger:

Les troupes les plus en danger étaient alors celles du commandant Poussargue; situées au plateau supérieur, sans contact avec la brigade Paturel qui manquait au rendez-vous, elles se trouvaient directement menacées par plusieurs bataillons de gardes nationaux.

Une première fois, vers 8 heures, après sommations, le comman-

dant fait mine de charger.

La garde nationale recule.

À 8 h. 1/2, prévoyant une attaque, le commandant Poussargue

Prise Fe général Lecomte qui dui donne l’ordre de faire feu « si les

gardes nationaux s’avancent à moins de trente pas ». (Procès dit des assassins des généraux Clénunt-Thomas et Lecomte. Déposition Poussargue.)

Le commandant fait de nouvelles sommations. Les gardes nationaux reculent encore. « Alors, a déposé le commandant, j’envoyai ie capitaine Franck demander au général si je devais faire de nou-

velles sommations, dans les cas où ils se présenteraient à nouveau ».

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