LIVRE II, CHAPITRE IX
qui sont riches depuis longtemps ; ainsi du reste. La raison en est que ceux-ci semblent posséder ce qui est à eux, et ceux-là, non. Ce qui semble rester toujours dans le même état paraît vrai, de sorte que les premiers semblent posséder ce qui n’est pas à eux. Toute espèce de bien ne convient pas au premier venu; mais il faut une certaine proportion ét de la bienséance, Ainsi de belles armes ne conviennent pas au juste, mais au courageux ; de hautes alliances ne conviennent pas aux nouveaux riches, mais au nobles. Si donc un honnête homme n'obtient pas ce qui lui convient, nous nous indignons. Il en est de même si l’inférieur entre en lutte contre quelqu'un qui vaut plus que lui, surtout s'ils prétendent au même genre de mérite. C'est pourquoi on a dit : « 11 évitait de combattre Ajax, fils de Télamon, car Jupiter l'aurait vu avec indignation combattre un guerrier plus brave que lui #. » Ou bien encore, si la lutte s'établit pour des mérites d’un ordre quelconque, par exemple, entre le musicien et le juste ; car la justice vaut mieux que la musique. Ce que nous venons de dire montre contre qui et pour quels motifs on s'indigne ; ces motifs, les voilà, avec d’autres semblables.
$ ΠΙ. Quelles sont les personnes portées à s'indigner.
Les personnes portées à s’indigner sont : d’abord, celles qui méritent et possèdent les biens les plus grands; car il n’est pas juste que ceux qui neleur ressemblent pas soient jugés dignes des mêmes avantages : secondement, celles qui sont honnûètes et pleines de sens; car elles ont le jugement droit, et elles haïssent l'injustice. Ajoutons-y celles. qui aiment les honneurs, et qui ambitionnent certaines fonctionss, et surtout quand elles recherchent des honneurs, que d’autres ont obtenus, quoique indignes. En général, ceux qui s’estiment dignes des biens dont ils croient les autres indignes, sont portés à s’indigner contre les autres, à cause de ces biens. C’est pourquoi les hommes qui ont des sentiments vils et serviles, et qui n'ont point d'ambition, ne sont pas enclins à l’indignation. En effet, il n’y a rien dont ils se
198 PHTOPIKH.
Α΄. Δῆλον δὲ, καὶ ἐπὶ τίσι φθονοῦσι, καὶ τίσι, καὶ πῶς ἔχοντες, εἴπερ ἐστὶν ὁ φθόνος λύπη τις ἐπὶ εὐπραγίᾳ φαινομένῃ τῶν εἰρημένων ἀγαθῶν, περὶ τοὺς ὁμοίους, μὴ ἵνα τι αὑτῷ, ἀλλὰ δι᾽ ἐχείνους" φθονήσουσι μὲν γὰρ οἱ τοιοῦτοι, οἷς εἰσί τινες ὅμοιοι, ἢ φαίνονται. ὁμοίους δὲ λέγω, κατὰ γένος, κατὰ συγγένεισν, καθ᾽ ἡλικίαν, καθ᾿ ἕξιν, κατὰ δόξαν, κατὰ τὰ ὑπάρχοντα. Καὶ οἷς μιχρὸῦ ἐλλείπει, τὸ μὴ πάντα ὑπάρχειν᾽ διὸ, οἱ μεγάλα πράττοντες, καὶ εὐτυχοῦντες, φθονεροί εἰσιν" πάντας γὰρ οἴονται τὰ αὑτῶν φέρειν. Καὶ οἱ τιμώμένοι ἐπὶ τινὶ διαφερόντως, καὶ μάλιστα ἐπὶ σοφίᾳ, à εὑδαιpovix. Καὶ οἱ φιλότιμοι φθονερώτεροι τῶν ἀφιλοτίμων. Kai οἱ δοξόσοφοι" φιλότιμοι γὰρ ἐπὶ σοφίᾳ. Καὶ ὅλως οἱ φιλόδοξοι περί τι, φθονεροὶ περὶ τοῦτο, Καὶ οἱ μικρόψυχοι: πάντα γὰρ αὐτοῖς δοκεῖ μεγάλὰ. εἶναι.