LIVRE II, CHAPITRE IX
affections viennent d'un même sentiment moral; les affections contraires naissent d’un sentiment contraire. Celui qui se réjouit du mal d'autrui est en même temps envieux ; puisque l'envieux s’afflige du bien qui arrive ou qui existe déjà, il est nécessaire qu’il se réjouisse si ce bonheur n'arrive pas ou s’il est détruit. Voilà pourquoi ces deux passions, qui diffèrent pour les raisons que nous avons exposées, empêchent l’une et l’autre la pitié de naître ; aussi sont-elles également utiles pour faire qu'une chose n’excite pas la pitié.
$ II. Quelles sont les choses qui excitent l’indignation.
Parlons d’abord de l’indignation; disons contre qui on s’indigne, contre quoi, et quelles sont les personnes qui s'indignent ; nous passerons ensuite aux autres passions. Ce que nous venons de dire jette du jour sur la question. En effet, si l’indignation est la douleur que nous éprouvons à la vue d’un bonheur immérité, il est d’abord évident qu’il n’est pas possible de s’indigner contre toute espèce de biens. Qu’un homme soit juste, courageux, ou qu’il embrasse la vertu, personne ne s’indignera pour cela ; car on n’a pas pitié de ceux qui ont -les vices contraires. Mais on s’indigne à l’occasion de la fortune, de la puissance, et, en un mot, de tous les avantages dont sont dignes les honnêtes gens et ceux qui possèdent les biens que donne la nature, comme la noblesse, la beauté et autres semblables 3. Comme ce qui est ancien semble se rapprocher de ce qui est naturel, il suit qu’entre ceux qui possèdent le même bien, nous nous indignons davantage contre ceux qui les possèdent depuis peu, et qui lui doivent leur bonheur. Geux qui sont riches depuis peu nous font éprouver une douleur plus grande que ceux qui le sont depuis longtemps et par héritage. Il en est de même de ceux qui possèdent les magistratures, du crédit, un grand nombre d'amis, des enfants heureusement doués, et tout autre bién semblable; et si ces biens leur en procurent quelqué autre, nous nous indignons également. Aussi, les parvenus, que leurs richesses portent aux honneurs, nous indignent plus que ceux
14 ς« » Ψ : AJ » La 4 "ν . " ἔχειν, οἱ δ᾽ οὔ" τὸ γὰρ ἀεὶ οὕτω φαινόμενον ἔχειν, ἀληθὲς δοκεῖ" ὥστε οἱ ἕτεροι οὐ τὰ αὑτῶν ἔχειν, Καὶ ἐπεὶ ἕκαστον τῶν ἀγαθῶν, οὐ τοῦ τυχόντος ἄξιον, ἀλλά τις ἐστὶν ἀναλογία, καὶ N € Lg “ ΓΝ , - ᾿ ΄ , 3 NU τὸ ἁρμόττον’ οἷον, ὅπλων κάλλος οὐ τῷ δικαίῳ ἁρμόττει, ἀλλὰ τῷ ἀνδρείῳ" χαὶ γάμοι διαφέροντες οὐ τοῖς νεωστὶ πλουτοῦσιν, , ᾿ - 5 ᾿ ἦν ἡ * . Ὧν ὦ 5 = ε , ἀλλὰ τοῖς εὐγενέσιν. av οὖν ἀγαθὸς toy μὴ τοῦ ἁρμόττοντος τυγχάνῃ, veusontév" χαὶ τὸν ἥττω τῷ κρείττονι ἀμφισθητεῖν"
Et δὲ μὴ, x4v ὁπωσοῦν ὁ ἥττων τῷ κρείττονι" οἷον, εἰ ὁ ou σιχὸς τῷ δικαίῳ" βελτίων γὰρ ἡ δικαιοσύνη τῆς μουσιχῆς. Οἷς μὲν οὖν νεμεσῶσι, καὶ δι᾽ ἃ, ἐκ τούτων δῆλον" ταῦτα
I". Αὐτοὶ δὲ νεμεσητικοί εἰσιν, ἐὰν ἄξιοι τυγχάνωσιν ὄντες τῶν μεγίστων ἀγαθῶν, noi ταῦτα χεκτημένοι" τὸ γὰρ τῶν ὁμοίων ἠξιῶσθαι τοὺς μὴ ὁμοίους, οὐ δίκαιον. Δεύτερον δ᾽, ἂν ὄντες ἀγαθοὶ nai σπουδαῖοι τυγχάνωσι" χρίνουσί εγὰρ εὖ, καὶ τὰ ἄδικα μισοῦσι. Καὶ ἐὰν φιλότιμοι, χαὶ ὀρεγόμενοι τινῶν πράξεων, nai μάλιστα περὶ ταῦτα φιλότιμοι ὦσιν, ὧν ἕτεροι ἀνάξιοι ὄντες τυγχάνουσι. Καὶ ὅλως, οἱ ἀξιοῦντες αὐτοὶ αὑτοὺς, ὧν ἑτέρους μὴ ἀξιοῦσι, νεμεσητιχοὶ τούτοις, χαὶ τούτων. Διὸ καὶ οἱ ἀνδραποδώδεις καὶ φαῦλοι καὶ ἀφιλέτιμοι, οὐ νεμεση-