‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 130 sur 281 · LIVRE II, CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XVI

fortune. Ils se croient possesseurs de tous les biens ; car, les richesses représentant en quelque sorte la valeur des autres choses, il leur semble qu’ils peuvent tout acheter par leur moyen. Ils sont délicats et fastueux ! ; délicats, à cause de leur mollesse et de l'étalage qu'ils font de leur bonheur, fastueux et absurdes, parce que tous les hommes ayant l'habitude de s'occuper de ce qu’ils aiment et admirent eux-mêmes, ils pensent que ce qui excite leur envie excite aussi celle des autres, Ce sentiment d'ailleurs n’est pas déraisonnable, car ceux qui ont besoin de ceux qui possèdent sont nombreux. C’est là ce qui explique la réponse de Simonide, concernant les savants et les riches. La femme d’Hiéron lui demandait ce qui est préférable, être riche ou savant : ἃ Riche, ditil, car on voit les savants attendre à la porte des riches®, » Ils se regardent aussi comme dignes de commander, parce qu’ils croient posséder tout ce qui en rend digne. En un mot, les mœurs du riche ressemblent à celles d’un fou heureux. Il y a cette différence entre les mœurs des nouveaux riches et celles des anciens, qu'on trouve plutôt chez les premiers tous les défauts, et que ces défauts ont un caractère plus vil, parce que le nouveau riche ignore encore l’usage des richesses. S'il est injuste; ce n’est pas par malice, mais tantôt par insolence, et tantôt par incontinence; c’est là, par exemple, ce qui le rend violent et adultère.

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