LIVRE II, CHAPITRE XX
le passé des choses semblables à celles que nous traitons, tandis qu’il est plus facile d'inventer des fables. Il en est des fables comme des comparaisons ; celui-là les crée, qui peut saisir une ressemblance, ce qué la philosophie rend facile. Les fables sont donc d’un usage plus facile; mais dans les délibérations, les exemples ont plus d'utilité, parce que l’avenir ressemble ordinairement au passé.
$ III, Emploi des exemples.
L'exemple doit servir de démonstration à défaut d’enthymèmes, car il produit alors la conviction. Dans le cas contraire, on emploie l'exemple comme témoignage, et on doit le placer après les enthymèmes, en forme d’épilogue. Placés avant, les exemples ressemblent à l'induction ; or, l'induction ne convient pas à la rhétorique, si ce n’est dans peu de cas ; placés après, ils ressemblent à des témoignages; or, un témoin est partout croyable. C’est pour cela aussi qu’il est nécessaire de citer un grand nombre d'exemples, si on les place avant; si on les place après, un seul même suflit; car on peut tirer parti, même d’un seul témoin, s’il est fidèle. Nous venens de dire combien il y a. d'espèces d'exemples, comment et quand il faut s’en servir.