LIVRE II, CHAPITRE XXI
par conséquent. Faut-il exciter des soldats qui n’ont pas sacrifié, à braver le danger? On dira : « Il n'y a qu'un augure, le meilleur de tous, c’est de défendre la patrie ὃ. » Parle-t-on à des soldats moins nombreux que l'ennemi : « Mars pour tous 10, » Conseille-t-on de faire mourir les enfants des ennemis, quoi qu'ils n'aient fait aucun mal : « Insensé celui qui ayant tué les pères, laisse vivre les enfants !!! » Quelques proverbes même sont des sentences, comme celui-ci : « Voisin athénien 12, » Il faut aussi employer les sentences, même contre les maximes les plus populaires; et je donne ce nom à celles-ci, par exemple : « Connais-toi toi-même ; Rien de trop. » Il faut le faire lorsque nos mœurs doivent en paraître meilleures, et dans le langage de la passion. Or, la passion parlerait, si on avançait dans la colère qu'il n'est pas vrai de dire qu'il faut se connaître soi-même; car si tel général s'était connu lui-même, il n'aurait pas demandé le commandement. Les mœurs sembleraient meilleures, si on soutenait qu'il ne faut pas, comme on le dit, aimer comme si on devait haïr un jour; mais qu’il faut plutôt haïr comme si on devait aimer. 1] faut manifester nos sentiments par l'expression même; si non, ajouter la raison ; par exemple, en disant qu'il faut aimer, non comme on le dit, mais comme si on devait toujours aimer; autrement ce serait trahison; ou bien en s’exprimant ainsi: « Cette maxime ne me plaît pas, car le véritable ami doit aimer, comme s'il devait aimer toujours. » Je n’admets pas non plus la maxime « Rien de trop, » car on ne peut trop haïr les méchants.
$ IV. Double avantage des sentences.
Les sentences sont d'un grand secours dans l’éloquence. Le premier avantage tient à la vanité des auditeurs, qui éprouvent du plaisir, lorsqu'un orateur, parlant en général, rencontre les opinions qu’ils ont chacun en particulier. Voici comment je prouve ce que je dis, et on verra en même temps comment on peut trouver des sentences. La sentence, ainsi que nous l’avons dit, est une déclaration du général ; or, les auditeurs aiment à
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ἀπόφανσίς ἐστι" χαίρουσι δὲ καθόλου λεγομένου, ὃ κατὰ μέρος προῦὔπολαμβάνοντες τυγχάνουσιν. Οἷον, εἴ τις γείτοσι τύχοι χεχρημένος ἢ τέχνοις φαύλοις, ἀποδέξαιτ᾽ ἂν τοῦ εἰπόν-τος, ὅτι οὐδὲν γειτονίας χαλεπώτερον" ἣ ὅτι οὐδὲν ἠλιθιώτερον τεκνοποιίας. ὥστε δεῖ στοχάζεσθαι, “πῶς τυγχείνουσι, ποῖα προῦπολαμθάνοντες" εἶθ᾽ οὕτω περὶ τούτων καθόλου λέγειν. Ταύτην τε ϑὴ ἔχει μίαν χρῆσιν τὸ γνωμολογεῖν, καὶ ἑτέβὰν χρείττω" ἠθικοὺς γὰρ ποιεῖ τοὺς λόγους. HGoç δ᾽ ἔχουαιν οἱ λόγοι, ἐν ὅσοις δήλη ἡ προαίρεσις. Αἱ δὲ γνῶμαι πᾶσαι τοῦτο ποιοῦσι, διὰ τὸ ἀποφαίνεσθαι τὸν τὴν γνώμην λέγοντα καθόλου περὶ τῶν προαιρετῶν' ὥστ᾽ ἂν χρησταὶ ὦσιν αἱ γνῶμαι, καὶ χρηστοήθη φαίνεσθαι ποιοῦσι τὸν λέγοντα. Περὶ μὲν οὖν γνώμης, καὶ τί ἐστι, καὶ πόσα εἴδη αὐτῆς, χαὶ πῶς χρηστέον αὐτῇ, καὶ τίνα ὠφέλειαν ἔχει, εἰρήσθω
ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ KB.
Α΄. Περὶ δὲ ἐνθυμημάτων καθόλου τε εἴπωμεν, τίνα τρό-πον δεῖ ζητεῖν, καὶ μετὰ ταῦτα, τοὺς τόπους" ἄλλο γὰρ εἶδας ἑκατέρου τούτων ἐστίν. Ori μὲν οὖν τὸ ἐνθύμημα συλλογισμός τι: ἐστὶν, εἴρηται πρότερον" καὶ πῶς συλλογισμὸς καὶ τὲ διαφέρει τῶν διαλεχτιχῶν. Οὐτε γὰρ πόῤῥωθεν, οὔτε πάντα δεῖ λαμδάνοντα συνάγειν" τὸ μὲν γὰρ ἀσαφὲς, διὰ τὸ μῆχος" τὸ δὲ, ἀδολεσχία, διὰ τὸ φανερὰ λέγειν. Τοῦτο γὰρ αἴτιον καὶ τοῦ πιθανωτέρους εἶναι τοὺς ἀπαιδεύτους τῶν πεπαιδευ-μένων ἐν τοῖς ὄχλοις, ὥσπερ φασὶν οἱ ποιηταὶ τοὺς ἀπαιδεύτοὺς παρ᾽ ὄχλῳ μουσικωτέρους λέγειν. Ὁ μὲν γὰρ ἃ κοινὰ