‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 151 sur 281 · LIVRE II, CHAPITRE XXIL · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XXIL

encore très jeune et sans avoir prêté serment ; et toutes les autres choses semblables. Le choix des preuves se fait de cette manière ; c'est le premier des procédés indiqués dans les topiques.

$ ΠΙ. Deux espèces d’enthymèmes,

Faisons maintenant connaître les éléments des enthymèmes. Pour moi, élément et lieu d'enthymème sont la même chose. Mais parlons d’abord de ce que nous devons dire d’abord. I y a deux espèces d’enthymèmes : les uns sont démonstratifs et prouvent qu’une chose est ou n’est pas ; les autres servent à réfuter. Ils diffèrent de même que, dans la dialectique, l'argument qui réfate diffère du syllogisme. L’enthymème démonstratif tire la conclusion de prémisses qui ne sont pas contestées; l’enthymème qui réfute conclut ce qui est contesté. Nous connaissons à peu près tous les lieux d'arguments utiles ou nécessaires dans chaque genre ; car nous avons fait un choix des propositions qui se rapportent à chacun de ces genres; de sorte que nous avons déjà établi tous les lieux où l’on peut puiser les enthymèmes sur le bon ou le mauvais, le beau ou son contraire, le juste ou l'injuste, les mœurs, les passions et les habitudes. Examinons maintenant les enthymèmes en général sous un autre point de vue, et faisons remarquer ceux qui servent à réfuter ceux qui servent à démontrer ; disons aussi quels sont les enthymèmes apparents qui ne sont pas réellement enthymèmes, puisqu'ils ne sont pas réellement syllogismes. Cela démontré, nous tracerons les règles relatives aux solutions et aux objections, d’où l'on peut tirer des raisons contre les enthymèmes.

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