LIVRE II, CHAPITRE XXII
que le savant a recours aux lieux communs et au général, tandis que l’ignorant dit ce qu’il sait, et ce qui touche la question de près. 11 ne faut donc pas s’appuyer sur toutes les choses probables, mais bien sur les choses déterminées, admises par ceux qui jugent, ou par ceux dont les juges suivent l'opinion. De cette manière, ce qu'on dit semble évident à tous ou au plus grand nombre. Ajoutons que l’enthymème ne conclut pas seulement du nécessaire, mais encore du probable.
$ II. La première source des enthymèmes est le sujet lui-même.
Il faut premièrement savoir que lorsqu'on doit appuyer son discours ou son raisonnement sur un syllogisme qui tient à la politique ou à une autre matière quelconque, il faut connaître les choses que renferme le sujet, ou toutes, ou quelques-unes ; car si vous ne connaissez aucune de ces choses, vous ne pourrez tirer aucune conclusion. Je demande, par exemple, comment nous pourrons conseiller aux Athéniensde faire ou de ne pas faire la guerre, si nous ne savons pas s’ils sont puissants sur mer ou sur terre, ou l'un et l’autre tout ensemble ; quelle est l’étendue de leur puissance, quels sont les revenus, les amis, les ennemis ; et de plus, quelles guerres ils ont déjà faites, et de quelle manière et ainsi du reste. Comment pourrons-nous louer les Athéniens, si nous ne convaissons, ni le combat naval de Salamine, ni la bataille de Marathon, ni ce que les Athéniens ont fait pour les Héraclides ?, ni les autres choses semblables? car l'éloge se fonde toujours sur ce qui est réellement beau, ou sur ce qui le paraît. De même on blâme par les moyens contraires, en examinant ce qui est ou ce qui semble. On dira, par exemple, que les Athéniens ont asservi les Grecs, qu'ils ont réduit en esclavage les Eginètes et les Potidéens qui avaient combattu contre le Barbare 5, et qui s'étaient distingués dans la lutte; ainsi du reste, en rappelant les fautes qu'ils peuvent avoir commises. Semblablement, lorsqu'on accuse ou qu’on défend, on ne le fait
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τῶν ὑπαρχόντων σποπούμενοι χατηγοροῦσι χαὶ ἀπολογοῦντας. Οὐδὲν δὲ διαφέρει περὶ ἀθηναίων, ἢ Λακεδαιμονίων, ἡ ἀνθρώπου, ἢ θεοῦ, ταὐτὸ τοῦτο δρᾷν. Καὶ γὰρ συμβουλεύοντα τῷ ἀχὺλεῖ, καὶ ἐπαινοῦντα καὶ ψέγοντα, ai κατηγοροῦντα καὶ ἀπολογούμενον ὑπὲρ αὐτοῦ, τὰ ὑπάρχοντα ἢ δοκοῦντα ὑπάρχειν ληπτέον. ἵν᾽ ἐκ τούτων λέγωμεν. ἐπαινοῦντες ἢ Ψέγοντες, εἴ τι καλὸν ὑπάρχει ἢ αἰσχρόν" κατηγοροῦντες δὲ ἢ ἀπολογούμενοι, εἴ τι δίκαιον ἢ ἄδικον" συμβουλεύοντες δὲ, εἴ τι συμφέρον ἡ βλαδερόν. ὁμοίως δὲ τούτοις καὶ περὶ πράγματὸς ὁτουοῦν" οἷον περὶ δικαιοσύνης, εἰ ἀγαθὸν ἢ μὴ ἀγαθὸν, ἐκ τῶν ὑπαρχόντων τῇ δικαιοσύνῃ, ἡ τῷ ἀγαδῷ, ὥστ᾽ ἐπειδὴ καὶ πάντες οὕτω φαίνονται ἀποδειχνύντες, ἐάν τε ἀχριδέστερον, ἐάν τε μαλακώτερον συλλογίξωνται" où γὰρ ἐξ ἁπάντων λαμβάνουσιν, ἀλλ᾽ ἐκ τῶν περὶ ἕκαστον ὑπαρχόντων" καὶ διὰ τοῦ λόγου" δῆλον γὰρ, ὅτι ἀδύνατον ἄλλως δειχνύναι" φανε-» ρὸν ὅτι ἀναγκαῖον, ὥσπερ ἐν τοῖς τοπικοῖς, πρῶτον rent ἔκαστον ἔχειν ἐξειλεγμένα περὶ τῶν ἐνδεχομένων καὶ τῶν ἐπιχαιροτάτων. Περὶ δὲ τῶν ἐξ ὑπογυίου γιγνομένων, ξητεῖν τὸν αὐτὸν τρόπον, ἀποδλέποντα μὴ εἰς ἀόριστα, ἀλλ᾽ εἰς τὰ ὑπάρχοντα, περὶ ὧν ὁ λόγος" καὶ περιγράφοντας ὅτι πλεῖστα καὶ ἐγγύτατα τοῦ πράγματοξ' ὅσῳ μὲν γὰρ ἂν πλείω ἔχηται τῶν ὑπαρχόντων, τοσούτῳ ῥᾷον δειχνύναι" ὅσῳ δ᾽ ἐγγύτερον, τοσούτῳ οἰκειότερα, καὶ ἧττον χοινά. Λέγω δὲ, κοινὰ μὲν, τὸ ἐπαινεῖν τὸν ἀχύλέα ὅτι ἄνθρωπος, καὶ ὅτι τῶν ἡμιθέων, καὲ ὅτι ἐπὶ τὸ ἴλιον ἐστρατεύσατο" ταῦτα γὰρ καὶ ἄλλοις ὑπάρχεὶ πολλοῖς" ὥστ᾽ οὐδὲν μᾶλλον ὁ τοιοῦτος ἀχιλλέα ἐπαινεῖ, ἢ Διομήδην" ἴδια δὲ, ἃ μηδενὶ ἄλλ» συμβέξηκεν, ἢ τῷ ἀχωλεῖ, οἷον τὸ ἀποχτεῖναι τὸν ἕχτορα, τὸν ἄριστον τῶν
Tpwwv χαὶ τὸν Κύκνον, ὃς ἐχώλυσεν ἅπαντας ᾿ἀποθαίνειν.,
LIVRE II, CHAPITRE XXII. 247 qu'en examinant les circonstances inhérentes au sujet. Peu importe qn'il s'agisse des Athéniens ou des Lacédémoniens, d’un homme ou d’un Dieu ; c’est toujours le même procédé. Faut-il donner des conseils à Achille, le louer ou le blamer, l’accuser ou le défendre, recueillons tout ce qu’il y a de réel ou d’apparent dans la question; et, dansnotre discours, louons ou blâmons,selon qu’une chose est honnête ou honteuse; accusons ou défendons, selon qu’elle est juste ou injuste ; et donnons des conseils, selon qu’ elle est utile ou nuisible, De même pour tout: Par exemple, la justice est elle ou n'est-elle pas un bien, examinons les choses que renferme la justice ou le bien en général. Ainsi, puisqu'on voit ce procédé constamment suivi dans la démonstration, et lorsque l'argumentation est plus rigoureuse, et lorsqu'elle est plus lâche; puisqu’ on ne tire pas les arguments de toutes les choses indistinctement, mais bien de celles qui sont inhérentes au sujet; puisque la raison elle-même prouve avec évidence qu'il-est impossible de démontrer d’une autre manière; il est clair qw’il faut, comme dans les topiques ὁ, avoir d’abord fait, dans chaque sujet, un choix parmi les preuves qui se présentent et qui conviennent le mieux. Quant à celles que l’on emploie dans l'improvisation, il faut les traiter de la même manière, et jeter les yeux, non sur celles qui sont indéterminées , mais sur celles qui se trouvent dans le sujet même qu’on traite. Il faut aussi en parcourir le plus grand nombre possible, et surtout celles qui tiennent intimement à la question ; car plus on a de ces preuves intrinsèques, et plus facilement on démontre ; plus ces preuves tiennent au sujet, plus elles sont propres, et moins elles sont communes. J'appelle preuves communes, par exemple, louer Achille, en disant qu'il est homme, qu’il est un des demi-dieux, qu'il alla à la guerre de Troie; car tout cela convient à beaucoup d’autres; de sorte que cet éloge ne convient pas plus à Achille qu’à Diomède. J'appelle particulières les choses qui ne sont arrivées qu'à Achille, comme d'avoir tué Hector le plus brave des Troyens, et Cyenus$, qui étant imvulnérable, voulait s'opposer seul au débarquement de tous les:Grecs; d'être allé à cette guerre,
248 PHTOPIKH.
ἄτρωτος ὥν" καὶ ὅτι νξώτατο: χαὶ οὐχ EVIL 205 ὧν ἐστράτ:υσε" eo "» - ᾿ ᾿ * ΄ + * pe ..
χαὶ ὅσα ἄλλα τοιαῦτα. Et; μὲν οὖν τοόπος τῆς ἐχλογῆς, χαὶ
Τ΄. Τὰ δὲ στοιχεῖα τῶν ἐνθυμημάτων λέγωμεν" στοιχεῖον δὲ λέγω καὶ τόπον ἐνθυμήματος τὸ αὐτό, Πρῶτον δ' εἴπωμεν, περὶ ὧν ἀναγκαῖον εἰπεῖν πρῶτον. Écri γὰρ “τῶν ἐνθυμημοίτων, εἴδη δύο" τὰ μὲν γὰρ, δειχτικά ἐστιν, ὅτι ἔστιν, ἢ οὐκ ἔστι" τὰ δὲ, ἐλεγκτικά" καὶ διαφέρει, ὥσπερ ἐν τοῖς διαλὲ-᾿ χτιχοῖς, ἔλεγχος καὶ συλλογισμός. Éot δὲ, τὸ μὲν δειχτικὸν ἐνφϑύμημα, τὸ ἐξ ὁυολογονμένων συνάγειν" τὸ δὲ ἐλεγχτιχὸν, τὸ τὰ ἀνομολογούμενα συνάγειν. Σχεδὸν μὲν οὖν ἡμῖν περὲ ἑχάστων τῶν εἰδῶν τῶν χρησίμων καὶ ἀναγχαίων ἔχονται οἱ τόποι" ἐξειλεγμέναι γὰρ αἱ προτάτεις περὶ ἕκαστόν elsiy ὥστ᾽ ἐξ ὧν δεῖ φέρειν τὰ ἐνθυμήματα τόπων, περὶ ἀγαθοῦ ἢ χαχοῦ, ἢ χαλοῦ ἢ αἰσχροῦ, ἢ διλαίου ἢ ἀδίκου, καὶ περὶ τῶν ἠθῶν χαὶ παθημάτων »καὶ ἕξεων, ὡσαύτως εἰλημμένοι ἡμῖν ὑπάρ-χουσι πρότερον οἱ τόποι. ὅτι δὲ χαὶ ἄλλον τοόπον καθόλου
περὶ ἁπάντων λάξωμεν, mat λέγωμεν, παραση μαινόμενοι τοὺς
» Lt “ + 4 L ἐλεγχτιχοὺς Ha τοὺς ἀποδειγτιχοὺς, HO τοὺς τῶν φαινομένων
ἐνθυμημάτων, οὐκ ὄντων δὲ ἐνθυμημάτων, ἐπείπερ οὐδὲ su) ; λογισμῶν, Δηλωθέντων dE τούτων, περὶ τῶν λύσεων ai
, , x ’ ee ῬΞΞι Ω 4 à. Δ» ᾿ κα ὃ 2 À D ἐνστάσεων διορίσωμεν, πόθεν δεῖ πρὸς τὰ ἐνθυμήματα cé-
-ἃ ν᾿ L d , ‘ - “ “Ὁ . ΡΞ . , A’. Ἔστι δὲ ets μὲν τόπος τῶν OELATIX DV, EX τῶν ἐναντίων *