LIVRE II, CHAPITRE XX
probable. On y parviendra en faisant une objection qui repose elle-même sur ce qui arrive le plus souvent. Or cette objection peut être telle pour deux raisons, ou à cause du temps, ou à cause des choses elles-mêmes. Les plus fortes sont celles qui réunissent ces deux conditions ; car une chose est plus probable, quand elle arrive plus souvent , et d’une certaine manière, Les signes, et les enthymèmes qui en sont formés, se résolvent, même quand ils sont réels , de la manière que nous avons dite précédemment ; car nous avons établi dans nos Analytiques, qu'aucun signe ne peut conclure, Pour les enthymèmes formés de l'exemple, la solation est la même que pour le probable. Car si nous avons un fait qui ne soit pas conforme à l'exemple qu'on nous oppose, l’argument est résolu, parce qu'il n’est plus nécessaire ,. quoique les choses soient le plus souvent autres que le fait que nous alléguons. Si la plupart des choses sont le plas souvent autres que nous le prétendons, il faut soutenir alors, que la chose présente n’est pas semblable , ou qu’elle n’a pas eu lieu d’une manière semblable, ou qu'il y a quelque différence. Quant aux indices véritables, et aux enthymèmes qui en dérivent , il n’est pas possible de les résoudre en disant qu’ils ne concluent pas. Nous avons aussi établi cela dans nos Analytiques. 1] reste alors à démontrer que ce qu’on dit n’est pas. Mais s’il est évident que la chose est , et qu’elle est un indice véritable, l'argument est désormais insoluble, car tout devient évident par la démonstration.