‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 189 sur 281 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De l’image ou comparaison.

$ 1. Comparaison. .

La comparaison est une métaphore; car elle en diffère peur. Lorsque le poëte dit d'Achille : « Il s’élance comme un lion, » c’est une comparaison; s’il dit; « ce lion s’élance , » c'est une métaphore. Comme il y a courage des deux côtés, il fait une mé-

taphore, et appelle Achille lion. La comparaison s'emploie même dans la prose , mais rarement , parce qu’elle a quelque chose de poétique. Il faut en üser comme des métaphores, dont elles ne diffèrent que parce que nous venons de dire. Voiei des exemples de comparaison. Androtion! disait qu’ldriée ressemblait aux chiens qu’on vient de lâcher; de même qu'ils se jettent sur le premier venu pour le mordré, de même Idriée est dangereux quand il est délivré de ses chaînes, Théodamas disait qu’Archidamus serait un Euxénus, si celui ci ignorait la géométrie; il y a

310 PHTOPIKEH.

χαὶ 6 Ἐύξενος ἀρχίδαμος γεωμετρικός. Kai τὸ ἐν τῇ πολιτείᾳ τῇ Πλάτωνος, ὅτι οἱ τοὺς τεθνεῶτας σκυλεύοντες ἐοίκασι τοῖς κυνιδίοις, ἃ ‘roc λίθους δάχνει, τῶν βαλόντων οὐχ ἁπτό- 'μενα. Καὶ ἡ εἰς τὸν δῆμον, ὅτι ὅμοιος ναυχλήρῳ, ἰσχυρῷ μὲν, ὑποχώφῳ δὲ. Καὶ ἡ εἰς τὰ μέτρα τῶν ποιητῶν, ὅτι ἔοικε τοῖς ἄνευ κάλλους ὡραίοις" où μὲν γὰρ. ἀπανθήσαντες, τὰ δὲ

διαλυθέντα, οὐχ ὅμοια φαίνεται. Καὶ » Περικλέους εἰς Zaμίους,, ἐοικέναι αὐτοὺς τοῖς παιδίοις, ἃ τὸν ψωμὸν δέχεται "μὲν, χλαίοντα δέ" καὶ εἰς Βοιωτοὺς , ὅτι ὅμοιοι τοῖς πρίνοις" τούς τε γὰρ πρίνους ὑφ᾽ αὑτῶν χαταχόπτεσθαι, mai τοὺς Dousτοὺς πρὸς ἀλλήλους μαχομένους. Καὶ ὁ Δημοσθένης τὸν dμὸν, ὅτι ὅμοιός ἐστι τοῖς εν τοῖς πλοίοις ναυτιῶσι. Καὶ ὡς ὁ Arμοχράτης εἴχασε τοὺς ῥήτορας ταῖς τίτθαις, αἱ τὸ ψώμισμα χαταπίνουσαι, τῷ σιάλῳ τὰ παιδία παραλείφονσι. Kai ὡς ἀντισθένης Κηφισόδοτον τὸν λεπτὸν λιξανωτῷ εἴκασεν, ὅτι ἀπολλύμενος εὐφραίνει. Πάσας γὰρ ταύτας, καὶ ὡς εἰχόνας, καὶ ὡς μεταφορὰς ἔξεστι λέγειν. ὥστε ὅσαι ἂν εὐδοχιμῶσιν, ὡς μεταφοραὶ λεχθεῖσαι, δῆλον ὅτι αὗται χαὶ εἰκόνες ἔσονται, χαὶ αἱ εἰκόνες, μεταφοραὶ λόγου δεόμεναι. Αἰεὶ. δὲ δεῖ τὴν μεταφορὰν τὴν ἐκ τοῦ ἀνάλογον, ἀνταποδιδόναι, καὶ ἐπὶ θάτερα, χαὶ ἐπὶ τῶν ὁμογενῶν" οἷον, εἰ ἡ φιάλη ἀσπὶς Διονύσον, χαὶ τὴν ἀσπίδα ἁρμόττει λέγεσθαι φιάλην ἄρεως. ὁ μὲν οὖν λόγος συντίθεται ἐκ τούτων..

Δ΄. Lou δ᾽ ἀρχὴ τῆς λέξεως, τὰ ἑλληνίζειν" τοῦτο δ᾽ ἐστὶν ἐν πέυτ:, πρῶον μὲν ἐν τοῖς συνδέσμοις, ἀν ἀποδιδῷ τις ὡς

LIVRE 111, CHAPITRE IV. 311 proportion ; car Euxénus serait un Archidamus, si celui-ci connaissait la géométrie. Platon, dans sa République 3, compare ceux qui dépouillent les morts à ces chiens sans courage qui mordent les pierres et n’attaquent pas ceux qui les lancent. ἢ disait que le peuple est semblable à un pilote vigoureux , mais un peu sourd 5, 1] disait aussi que les vers des poëtes ressemblent aux jeunes gens à la fleur de l’âge, mais sans beauté ; que le jeune homme perde sa fleur, et le vers sa mesure , ils ne sont ni l’un ni l’autre ce qu’ils étaient d’abord +. Périclès disait que les Samiens étaient comme les enfants, qui pleurent tout en-premant la nourriture qu’on leur donne. Il comparait aussi les Béotiens aux chênes verts; de même que’ces arbres se brisent en se heurtant les uns contre les autres, de même les Béotiens en.se battant entre eux. Démosthène comparait le peuple à un homme qui a des nausées sur un vaisseau ὅ, Démocrate disait que les orateurs ressemblent aux nourrices qui avalent les morceaux et frottent de salive les lèvres des nourrissons 5. Antisthène, voyant Céphisodote maigrir, le comparait à l’encens qui fait plaisir quand il se consume. Toutes ces expressions peuvent être employées et comme comparaisons et.comme métaphores. Si une expression est bonne comme métaphore, ilest évident qu’elle le sera comme comparaison. En effet, ajoutez un mot, et au lieu de la méta-

“phore, vous avez une comparaison. Il faut dans tous les cas que la métaphore soit fondée sur la proportion 7, qu’elle soit réci- | proque, et tirée des choses du même genre. Si vous dites, par exemple , que la coupe est le bouclier de Bacchus ; vous pourrez dire que le bouclier est la coupe de Mars ὃ, Voilà quels sont les éléments du style.

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