‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 205 sur 281 · LIVRE ΕἸ, CHAPITRE Χ · texte numérisé non relu

LIVRE ΕἸ, CHAPITRE Χ

en principe, qu'apprendre facilement est un plaisir naturel pour tous les hommes, que les mots signifient quelque chose, €t que les mots les plus agréables*sont ceux qui nous donnent une connaissance nouvelle, Or, nous ignorons le sens dés mots étrangers, et nous conhaissons celui des mots vulgaires. C’est donc surtout la métaphore qui nous apprend quelque chose; si on appelle la vieillesse une paille flétrie !, cette expression nous donne.une connaissance, une notion , par le moyen du genre; ce sont, en effet, deux choses qui ont perdu leur fleur. Les comparaisons des poëtes produisent aussi le même effet ; c’est pourquoi, bien placées “elles semblent ἀπὸ élégance. La comparai son, comme nous l'avons dit plus haut, diffère de la métaphore par l'addition d’un mot. Elle est. donc moins agréablé, parce qu’elle procède plus. lentement ; elle ne dit pas que. ceci est cela, et l'esprit par conséquent n’a pas à chercher. Il y a donc nécessairement de l'élégance dans une expression , dans des enthymèmes, qui nous donnent üné connaissance rapide. Aussi ne rématque-t-on , ni les enthymèmes vulgaires, ‘et j'appelle ainsi ceux qui sont évidents pour-tout le monde, et qui πὸ donnènt aucun travail à l’esprit ; ni ceux dont l'expression ne fait pas connaître le sens; mais bien ceux dont le sens est connu aussitôt qu’ils sont exprimés, ou ceux dont le sens ne tarde pas à venir, s'il né s'ést pas présenté tout d’abord. A ces conditions, il ya τ connaissance nouvelle; autrement, non. ᾿

ἘΠ. L'expression considérée dans sa forme extérieure.

C'est en cela que consiste la beauté des enthymèmes si on considère le sens de l'expression. Si on considère l'expression ellé-mêmé dans sa forme extérieure, cette beauté consiste : dans l'opposition, comme dans cette phrase : « Ils voient dans la paix commune une guerre faite à leurs propres intérêts 2, » on la guerre est oppposée à la paix : dans les mots, quand il ÿ a métaphore, pourvu que la métaphore ne soit, ni étrange, car elle est difficile à comprendre, ni vulgäiré, car elle ne fait aucune impression. L'expression est encore belle , quand elle met.

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