‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 207 sur 281 · LIVRE ΠΙ; CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE ΠΙ; CHAPITRE X

l’objet sous les yeux; car il est tout simple qu'on voie mieux cé qui se fait que ce qui doit se faire. Il faut donc considérer ο trois choses dans l'expression : la métaphore, l’antithèse et l'€nergie, | |

SIL. La métaphore et Pantithèse.

Des quatre espèces de métaphores qui existent, les plus remarquables sont celles qui sont fondées sur la proportion. C’est ainsi que Périclès disait que la jeunesse qui avait péri pendant la guerre avait disparu de l'État, comme si de l’année on avait retranché le printemps3. Leptine, parlant de Lacédémone, disait qu'il ne fallait pas permettre qüe la Grèce perdit un de ses yeux ὁ. Charès voulant s’enipresser de rendre ses comptes au moment de la gacrre d'Olynthe, Céphisodote s’écriait avec indignation, qu’il essayait de rendre ses comptes, au moment où il tenait le peuple enfermé dans un four 5. Le même orateur, engagcant les Athéniens à s’approvisionner pour faire une expédition en Eubée , dit qu'il fallait aller mettre à exécution le . décret de Miltiade 6. Les Athéniens ayant traité avec Épidaure

et les cités maritimes , fphicrate disait avec indignation qu'ils s'étaient enlevé à eux-mêmes les approvisionnements de la guerre. Pitholaüs appelait la galère paralienne ἴ, la massue du peuple, et Sestos le grenier du Pirée 5, Périclès demandait qu'on détruisit Égine, la chassie du Pirée. Mæroclès ?, ayant nommé quelqu'un qui passait pour honnête, prétendait ne pas être plus méchant que lui, parce que cet homme demandait méchamment un intérêt représentant le tiers du capital, tandis que lui-même se contentait du dix:ème. Tel est aussi l’iämbe d’Anaxandride 1°, sur ses filles qui tardaient à se marier : « Mes filles ont laissé passer l'échéance des noces. » Et le mot de Polyeucte contre un certain Speusippe, frappé d’apoplexie : « Il ne peut rester en repos, quoique la fortune l'ait enchaîné dans une maladie pentésyringe 1. Céphisodote donnait aux galères le nom de moulins peints, et Diogène le cynique disait que les cabarets étaient les tables communes d’Athènes 13, Æsion disait que la républi-

ποικίλους" ὁ Κύων δὲ τὰ καπηλεῖα, τὰ Αἀττικὰ φειδέτια. Αἰσίων δὲ, ὅτι εἰς Σικελίαν τὴν πόλιν ἐξέχεαν" τοῦτο γὰρ μεταφορὰ καὶ πρὸ ὀμμάτων' καὶ ὥστε βοῆσαι τὴν ᾿'λλάδα" καὶ τοῦτο τρόπον τινὰ μεταφορὰ, καὶ πρὸ ὀμμάτων. Καὶ ὥσπερ Κηφισόδοτος εὐλαβεῖσθαι ἐκέλευε, μὴ πολλὰς ποιήσωσι τὰς συνδρομὰς ἐχκλησίας. Καὶ ἰσοχράτης πρὸς τοὺς συντρέχοντας ἐν ταῖς πανηγύρεσι. Καὶ οἷον ἐν τῷ ἐπιταφίῳ, διότι ἄξιον ἦν ἐπὶ τῷ τάφῳ τῷ τῶν ἐν Σαλαμῖνι τελευτησάντων χείρασθαι τὴν ἐγλάδα, ὡς συγκᾶτα-, θαπτομένης τῇ ἀρετῇ αὐτῶν τῆς ἐλευθερίας. Εἰ μὲν γὰρ. εἶπεν, ὅτι ἄξιον δαχρῦσαι, συγκαταθαπτομένης τῆς ἀρετῆς, μεταφορὼ, καὶ πρὸ ὀμμάτων" τὸ δὲ, τῇ ἀρετῇ τῆς ἐλευθερίας, ἀντίθεσιν τινα ἔχει. Kai ὡς ἰφιχράτης εἶπεν" « H γὰρ ὁδός μοι τῶν λόγων διὰ μέσων τῶν Χάρητι πεπραγμένων ἐστί» μεταφορὰ κατὰ ἀναλο-γίαν, καὶ τὸ διὰ μέσον, πρὸ ὀμμάτων ποιεῖ, Καὶ αἱ τὸ φάναι ra ρακαλεῖν τοὺς κινδύνους τοῖς χινδύνοις βοηθήσοντας, πρὸ ὀμμάτῶν μεταφορά. Καὶ Λυκολέων ὑπὲρ Χαδρίου, «Οὐδὲ τὴν ἱκέτηpiay αἰσχυνθέντες αὐτοῦ τὴν εἰκόνα τὴν χαλχῆν"» μεταφορὰ γὰρ ἐν τῷ παρόντι, ἀλλ᾽ οὐκ αἰεὶ, ἀλλὰ πρὸ ὀμμάτων ; κινδυνεύοντος γὰρ αὐτοῦ, ἱχετεύει ἡ εἰκὼν, τὸ ἄψυχον δὴ ἔμψυχον," τὸ ὑπόμνῆμα τῶν τῆς πόλεως ἔργων. Kai, «Πάντα τρόπον μικρὸν φρονεῖν μελετῶντες" » τὸ γὰρ μελετᾶν, αὔξειν τι ἐστί. Καὶ ὅτι τὸν νοῦν ὁ θεὸς φῶς ἀνῆψεν ἐν τῇ ψυχῇ" ἄμφω γὰρ δηλοῖτι. «Οὐ γὰρ διαλυόμεθα τοὺς πολέμους, ἀλλ᾽ ἀναξαλλόμεθα"» ἄμφω γάρ ἐστι μέλλοντα, καὶ ἡ. ἀναξολὴ,, καὶ ἡ τοιαύτη εἰρήνη. Καὶ τὸ τὰς συνθήχας φάναι τρόπαιον εἶναι πολὺ χάλλιον τῶν ἐν τοῖς πολέ-: pois γινομένων’ τὰ μὲν γὰρ ὑπὲρ μικρῶν, καὶ μιᾶς τύχης" αὗται δὲ, ὑπὲρ παντὸς τοῦ πολέμου" ἄμφω γὰρ νίκης σημεῖα, τι καὶ αἱ πόλεις τῷ ψόγῳ τῶν ἀνθρώπων μεγάλας εὐθύνας διδόασιν" ἡ γὰρ εὐθύνη, βλάβη τις δικαία ἐστίν. ὦτι μὲν οὖν

LIVRE III, CHAPITRE X. . 330 que avait été versée en Sicile, expression qui renferme une métaphore et qui met la chose sous les yeux, Ces mots : ἃ au point que la Grèce poussa un cri, » sont aussi en quelque façon une métaphore et rendent l’objet présent. Géphisodote conseillait de prendre garde que des assemblées fréquentes ne dégénérassent en chocs et en séditions 13, Isocrate parlait de même de ceux qui se précipitent en tumulte dans les réunions solennelles. On lit dans l'oraison funèbre : « Il est juste que la Grèce coupe ses cheveux sur le tombeau de ceux qui sont morts à Salamine; car la liberté est descendue dans la même tombe que leur courage 14:» Si l’orateur avait dit que la Grèce devait pleurer, leur courage les ayant suivis dans la tombe, ce-serait une métaphore qui mettrait l'objet sous les yeux’; mais en disant , la liberté avec leur. courage , il fait une certaine antithèse. fphicrate ἃ dit : « La route de mes paroles passe au milieu des actions de Charès. » C’est une métaphore par proportion, et la chose est rendue présente par ce mot, « au milieu. » Quand on a dit : « Les dangers nous exhortent à repousser les dangers #5 ; » c’est une métaphore qui met l’objet sous les yeux. Lycoléon défendant Chabrias : « Vous n’auriez aucun égard , dit-il, pour les supplications de cette statue d’airain qu’on lui ἃ élevée !» C’est une métaphore pour la circonstance; et non pour toujours; de plus, elle rend la chose présente ; Chabrias est en danger, la statue intercède pour lui, un être inanimé s’anime ; c’est le monument de ce que l’État a fait pour lui. « ls s'appliquent de toute manière à avoir des sentiments bas 16: » s'appliquer à une chose, c’est la rendre plus grande. « La raison est un flambeau que Dieu alluma dans notre âme : » Ces deux mots indiquent l'action d'éclairer, « Nous ne terminons pas la guerre, nous la différons ‘7 : » Les deux idées se rapportent à l'avenir, délai, et paix ainsi faite, On a dit: « Les traités sont un trophée beaucoup plus beau que ceux de la guerre ; ceux-ci ont pour cause de petits avantages, une faveur de la fortune ; ceux-là finissent toute la guerre! :» Ces deux choses sont des signes de victoire. « Le blâme des hommes estun grand châtiment pour les cités.» En effet, le châtiment

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