LIVRE II, CHAPITRE XI
mort, ou-qu’on né fait pas des choses dignes de mort, La forme de ces phrases’est la niême; mais l'expression ἃ d'autant plus d'élégance, qu’elle est plus concise et plus symétrique. La cause en est que la symétrie des contraires fait mieux comprendre la chose, et que la concision donné une connaissance plus rapide. De plus, pour que l'expression soit-vraie, pour qu'elle ne soit pas vide de sens, il faut toujours qu’elle s'applique à une personne, et qu'elle soit employée à propos; ar Pun peut aller sans l’autre. Par exemple : « Il faut mourir sans avoir commis de faute ; » il n’y a là aucune élégance; « Il faut un époux digne à une femme: digne; » l'expression manque aussi d’élégance, Elle n’en manquera pas si vous remplissez les deux conditions que nous demandons : « Mourir -est une chose digne, quand on n’est pas digne de mourir.» L'expression paraît d'autant plus élégante, qu’on y réunit plus de choses ; par exemple, si elle contient une métaphore, et que cette métaphore remplisse certaines conditions, si on y trouve une antithèse, de la symétrie , et si la chose est mise sous les yéux.
$ IV. La comparaison.
Les comparaisons aussi, comme nous l'avons déjà dit plus ‘haut, sont en quelque sorte des métaphores estimées ; car elles renferment toujours deux choses, comme la métaphore par proportion. Quand nous disons, par exemple, que le bouclier st la coupe de Mars, et que l'arc est une Jÿre sans cordes, l'expression n’est pas simple. Elle l’est, quand on dit : l'arc est une lyre, le bouclier est une coupe. La comparaison est présentée aussi sous la forme suivante : Un joueur de flûte a un singe ; un myope a un flambeau qui s'éteint en pétilant ; ce sont deux exemples de concision. La comparaison est belle, quand il y a métaphore. On peut, par comparaison, dire que le bouclier est la coupe de Mars ; que des ruines sont des haillons d'un édifice ; que Nicérate est un Philoctète mordu par Pratys, comme le disait Thrasymaque, en voyant que Nicérate,