‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 266 sur 281 · LIVRE ΠῚ, CHAP. ΠῚ, PAGES · texte numérisé non relu

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$ 1, 1. Les écrivains attiques évitaient les mots doubles, parce qu’ils les trouvaient trop longs, sesquipedalia verba. Aristophane s’amuse quelquefois à composer des vers entiers avec un mot d’une longueur démesurée, qu’il forge d’une manière bizarre.

$1, 2. Il s’agit du sophiste Lycophron, et non du poëte de ce nom, auteur de Cassandre, qui vivait au temps de Ptolémée Philadelphe. ;

41, 3. On trouve une observation analogue dans la Poétique, XXII. Cf, Problèmes, XIX, 15 el 28; Démétrius, sur le Langage, κα 91; Proclus, Chrestomathie, dans Photius, cod. 239, ch. x1v. Je dois avertir, une fois pour toutes, que j’emprunte la plupart de ces indications et comparaisons de textes, concernant l’élocution, à l'excellente Histoire de la critique chez les Grecs de M. Egger, et au savant commentaire qu’il a joint à sa traduction de la Poétique.

6 I, 4. Pour les deux mots Σίννις et ἄθυρμα, voyez deux notes satis'aisantes de Vater, Animadv. et Lect, ad Aristotelis libb, III Rhetor., p. 145 et sqq. Lips., in-8°, 1794,

SL, 5. « Cela ne s’applique-t:il pas très-bien à cette poésie surabondante, où la pensée est comme noyée dans les mots, et dans la molle harmonie du vers, de façon que, tandis que l'oreille est caressée, l’esprit cesse d’être ‘attentif, et s'endort?» (Havet, Étude sur la Rhét, d’Arist., p. 106.)

SA, 6. Hermias, dans ses scholies sur la Phèdre de Platon, man. 1943, p. 157, donne une raison singulière de l'emploi des mots doubles dans le dithyrambe, Il prétend que les poëtes, qui ont cultivé ce genre, ont voulu faire allusion à la double naissance de

Bacchus, sorti d’abord du sein de Sémélé, et ensuite de la cuisse de Jupiter. La raison donnée par Aristote est plus naturelle et plus vraie.

(IV, 7. Ces métaphores d’Alcidamas nous paraissent élégantes et justes. Pourquoi donc sont-elles condamnées par Aristote? Dans le Dictionnaire philosophique, art. Français et Langue française, Voltaire condamne de même la phrase suivante, qui est de Rousseau : « Je cultivais l'espérance, et je la voyais se flétrir tous les jours. - Le goût, immuable en ce qui concerne les idées, serait-il relatif etchangeant en ce qui concerne l’élocution ἢ |

ΦΥ͂, 8. Cette anecdote se trouve aussi dans Plutarque, Propos de table, 70.

$1,1. Disciple d’Isocrate, contre lequel Démosthène, plaidant pour Diodore, prononça, à l’âge de vingt-sept ans, un discours plein d’une éloquence véhémente. Idriée était probablement le frère de Mausole, roi de Carie. Isocrate en parle dans son Discours à Philippe.

(1, 2. Livre VI.

1, 3. Platon, tbidem.

$ 1,4. Platon, République, X.

ΚΙ, 5. Il est ici question du général Démosthène, qui fit la guerre en Sicile avec Nicias (Thucydide, VI).

41, 6. Plutarque, de lAdministratian de la République, ch. xx, cite d'autres paroles de Démocrate. 11 aimait les comparaisons familières. Démocrate un jour montant en la tribune aux harangues dit au peuple assemblé : » Qu'il ressemblait à leur ville, parce qu'il avait peu de force et beaucoup de vent. » (Trad. d'Amyot.)

© 4,7. Cf, la Poétique, XXI, où on trouve une définition détaillée de la métaphore par proportion.

1,8. Athénée. Banquet, X, 9, dit que la coupe de Nestor pouvait être appelée la coupe de Mars, comnre on le voit dans le

Cœnée d’Antiphane, où se trouvait cité-un poëte dithyrambique, appelé Timothée. Aristote fait probablement allusion aux vers de

ce poële.

$1,1 + Denys d’Halicarnasse, et Quintilien paraissant traduire Denys, affirment qu’Aristote et Théodecte, son contemporain et son ami, ne-reconnaissent que trois parties du discours, le nom, le verbe et la conjonction... Mais ne.se trompent-ils pas en portant à trois le nombre des parties du discours selon Aristote, puisque dans le Traité du langage, cephilosophe ne reconnaît positivement qne le nom et le verbe; puisque dans la Rhétorique et dans les Problèmes (XIX, 20) il ne mentionne les conjonctions qu’incidemment et comme parties accessoires ἢ... D’ailleurs, dans le passage de la Rhétorique, où il signale l’utilité des conjonctions, Aristote comprend sous ce mot σύνδεσμος, non-seulement ἐπεί et γάρ, mais encore les locutions ὁ μὲν, ὁ dé, qui renferment des pronoms; il n’y avait donc plus qu’un pas à faire pour dégager de ces locutions conjonctives les pronoms qui y sont enfermés ; c’est précisément ce qu'a fait l’auteur de la Poëtique. Il y a done du Traité du langage à la Rhétorique, et de la Rhétorique à la Poéttique, un progrès tout naturel d'analyse grammaticale. » (Egger, Histoire de la critique chez les Grecs, pp: 143 et 144.)

$ I, 2. Voyez Quintilien, Instit. orat., 1,4; VIII, 2 et 6. . $ I, 8. Hérodote, 1.

$ ILE, 4. Ce jeu, connu parmi nous, s’est conservé en Grèce, où les joueurs, tenant à la main des dragées ou des noisettes, demandent : Ζυγὰ τὰ λέγεις, ñ peva, (Minoïde-Mynas, Trad. de la Rhétorique d’Aristole, p, 422.)

$ IV, 5. « Protagoras avait le premier imaginé, chose bien simple aujourd’hui et bien triviale, de distinguer dans les noms trois genres, qu'il désignait par les termes de mâle, de femelle et de choses (oiv:). Dans l’usage des verbes, il distinguait les formes du vœu, de l'interrogation, de la réponse, du commandement ; c’est

l'origine de notre division des modes. Un autre sophiste de ce temps, Alcidamas d’Élée, proposait une division différente com: prenant l'affirmation, la négation, l’interrogation, l'appellation. Lycimnius, et, après lui, Polus d’Agrigente, enseignèrent à distinguer les mots propres, les mots composés, les mots frères, les mots adjectifs, etc. La distinction des noms et des verbes est plus ancienne, à ce qu’il semble, quoiqu’on ne la trouve pas formulée avant Platon. Voilà l'origine même de là grammaire. » ( Egger, Histoire de la critique ches les Grecs, pp. 68 et 69.) Dans la Podtique, xx1, les objels, qui ne sont ni mâles, ni femelles, sont appelés τὰ μεταξύ,

ΘΥῚ, 6. L'opinion d’Aristote sur l'obscurité d’Héraclite est confirmée par Démétrius, Du langage, p. 126, et par Cicéron, De Finibus, 11, 5; De Divinat., 11, 64 ; De nat. Deor.,1, 26. Cette obsecurité qu’affectait Héraclite dans ses écrits lui ft donner le nom de ténébreux, σκοτεινός,

Ὁ VI, 7. Cependant Eschyle a dit avec élégance : ἵν ὀύτε φωγὴν, durs τοῦ μορφὴν βροτῶν ὄψει,...

(Prométhée, v. 21.) Horace a dit de même :

Audis, quo strepitu janua, quo nemus Tüter pulchra satum tecta remuyiat Ventis ? et positas ut glaciet nives Puro numine Jupiter?

Les grammairiens appellent cette figure zeugma; elle consiste-à n’employer qu'un seul verbe avec deux régimes, dont un seul lui convient.

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