‹ La richesse de la RoumanieChapitre 26 sur 34 · V. Industrie du papier · texte numérisé non relu

V. Industrie du papier

Câmpu Lungul . .

Busteni .

Letea .

Moyenne . .

Il nous semble que l’industrie textile a un grand avenir en Roumanie; on n’a qu’à examiner la valeur de l’importation des produits textiles pour se rendre compte du développement dont cette industrie est susceptible. Le marché intérieur est assez vaste, la prospérité du pays est en suffisant progrès pour pouvoir alimenter de nombreuses fabriques.

On se rendra compte de l’activité de nos fabriques quand nous aurons considéré quelques chiffres relatifs à l’importation des matières premières qu’elles utilisent:

Tonnes

; Fils de coton à un seul bout, écrus, non teints . 6.666 Fils de coton à un seul bout, teints ou imprimés . 918

■ Fils de coton à un seul bout blanchis ... 994

Fils de coton à deux ou plusieurs bouts, à simple

torsion . 636

Fils de coton retors sur rouleau, sur canette,

en chaîne, prêts à servir au métier .... 692

j Fils de coton préparés pour la couture .... 371

Nous importons également de la laine brute et des fils dé laine pour six millions, du chanvre et du lin pour un demi-million.

Valeur

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Il ne s’agit, bien entendu, que des matières premières importées ; nous n’avons pas compté les matières premières indigènes.

Malgré l’activité de ces fabriques, une très large place reste encore ouverte à l’initiative et aux capitaux étrangers. C’est ainsi, par exemple, que la Roumanie ne possède pas encore de filatures de coton et de laine, malgré la consommation énorme qu’on fait de ces articles.

Une industrie sur laquelle je veux encore attirer l’attention est l’industrie forestière qui est en pleine prospérité. La Roumanie possède des forêts magnifiques, comprenant les essences les plus diverses. Ces forêts, situées en grande partie dans la région des Carpathes, sont généralement difficiles à exploiter à cause de l’absence de voies de communication. Leur mise en valeur exige des fonds considérables, nécessaires à l’établissement de voies ferrées, de funiculaires, de scieries, etc. Une collaboration des capitaux français et roumains pourrait mettre en valeur de nouvelles richesses.

Je n’insiste pas sur les autres industries de moindre importance, comme l’industrie métallurgique, de la bière, la verrerie, la corderie, dont quelques-unes font des affaires brillantes.

La France est complètement étrangère à ce mouvement.

J’ai indiqué quelques unes des causes qui contribuent à cet état des choses si préjudiciable aux deux pays.

Mr. Adrien Artaud, dans un article intitulé: L'urgence de développer nos relations l), observe avec juste raison «que s’affaiblir dans le mouvement des échanges équivaut à s’affaiblir au point .de vue territorial et de se laisser devancer d’un certain chiffre de milliards dans le commerce international peut être assimilé, dans une certaine mesure, à la perte d’un ou de plusieurs départements ou du produit de leurs richesses. Avec un commerce extérieur prospère, on participe au développement de tous les peuples et on aune marine marchande toujours grandissante; avec un commerce extérieur en recul, on s’affaiblit peu à peu, et on devient, dans un temps donné, la proie des voisins entreprenants».

Il est incontestable que si le commerce français d’exportation en Roumanie était mieux organisé, la France pourrait facilement doubler et même tripler le chiffre de ses affaires.

iy Revue des Deux Mondes du 1-er Octobre 1905, p. 589.

Nulle part, nous le répétons, le commerçant, le voyageur français ne trouve des conditions aussi favorables pour placer ses marchandises.

Malheureusement les voyageurs français sont rares en Roumanie. Il appert d’une statistique publiée par le Bulletin de la ((Conférence permanente du commerce extérieur» que sur cent voyageurs de commerce qui parcourent l’Orient, à peine 3% sont de nationalité française. Une des rares maisons françaises qui connaisse admirablement nos marchés est la Société* «Revillon Frères» ; mais elle constitue une exception. Il n’existe en Roumanie aucune maison de commission, d’exportation ou de transport française. Deux grandes maisons seulement «Le Louvre» et «Les Galeries Lafayette» ont établi des agences qui travaillent avec un certain succès pour les établissements qu’elles représentent. Quant aux transports, les commerçants français sont obligés d’avoir recours aux maisons allemandes «Schenker & Co.», «Hoffmann», etc.

Un remède à cet état de choses consisterait dans la participation plus effective du capital français, non seulement aux banques, mais aux entreprises commerciales et industrielles roumaines.

Les maisons austro-allemandes exercent chez nous une influence très grande; les entreprises purement roumaines, quoique en progrès, ne sont pas encore assez puissantes pour leur tenir tête; l’aide des capitaux français, une collaboration plus intime entre Roumains et Français, sur ce terrain extrêmement important, faciliterait nos efforts en vue d’une émancipation du marché roumain de la tutelle austro-allemande.

L’Etat devra procéder après la guerre à de nombreux travaux publics: construction de chemins de fer, déssèchement de terrains inondables, constructions pour les services civils et militaires, routes, ponts etc. Les administrations communales, désirant assainir et embellir nos villes (Bucarest 400.000 habitants, Iassy 85.000, Galatz 80.000, Ploesti 60.000, Braïla 55.000 etc.) procèdent chaque année à des travaux considérables: canalisation, éclairage, tramways, etc.

De vastes projets sont à l’étude: déssèchement du Delta du Danube (300.000 hectares), canaux, irrigations, etc.

Il ne faut pas oublier non plus les grandes perspectives qui s’ouvriraient au cas où la Roumanie réaliserait son idéal

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national, en réunissant sous le même sceptre la Transylvanie et la Bucovine.

Le pays étant en plein progrès et les affaires se développant sans cesse, les capitaux sont très demandés. Le taux de l’intérêt est très élevé; il varie entre 8 et 10%. On place facilement son argent à 8% en première hypothèque. Les deux institutions de crédit hypothécaire, institutions privilégiées, prêtent, il est, vrai à 5% (l’amortissement en plus, mais les formalités étant très longues et les Crédits ne pouvant accorder, d’après leurs statuts, des emprunts que jusqu’à concurrence de la moitié de la valeur des immeubles, beaucoup de propriétaires sont obligés de contracter des emprunts hypothécaires en second rang à des Banques à 8%.

Toutes les initiatives et les énergies trouvent un vaste champ d’activité en Roumanie, d’où la France seule est presque toujours absente.

La situation serait tout autre si la, France possédait en collaboration avec l’élément roumain un établissement financier à Bucarest, organe intermédiaire entre les entreprises roumaines et les capitaux français.

Mais la création de cette Banque ne serait pas suffisante pour obtenir le résultat auquel tendent nos efforts. Il s’impose, en même temps, la création d’autres institutions, ainsi qu’une réforme des procédés français en ce qui concerne les relations commerciales avec la Roumanie. La Banque franco-roumaine devrait créer ou commanditer une maison d’importation et d’exportation française qui serait un centre d’affaires et d’informations commerciales pour la France, non seulement en ce qui concerne la Roumanie, mais à l’égard de tous les pays de la péninsule balkanique.

Quant aux méthodes à adopter pour pouvoir lutter contre la concurrence des autres pays, elles ont été signalées à différentes reprises par des hommes compétents qui ont étudié sur place les conditions du crédit, des règlements, des prix, en première ligne par M. H. Lefeuvre-Méaulle, attaché commercial de France en Orient. «Les maisons roumaines les plus recommandables — nous dit Mr. Méaulle — et même les maisons françaises établies dans les grands centres, sont unanimes à déplorer l’extrême difficulté à obtenir du crédit des fabricants français.»

Les Allemands et les Autrichiens expédient de façon courante contre paiement à 3 mois, avec escompte de 5%

ou 6 mois net contre tirage direct ou traite acceptée. Les Français expédient les marchandises payables à la mise en gare ou en bateau.

Dans ces conditions les maisons roumaines sérieuses s’adressent de préférence aux autres pays.

La question des règlements est aussi très importante. «Le commerçant allemand — nous dit M. Méaulle — muni d'une traite, souscrite à n’importe quelle échéance, trouve toujours dans son pays une banque qui consent à la lui escompter. En France, d’une façon générale, le papier étranger, même à court terme, est repoussé des guichets d’escompte.»

Il est évident que ces méthodes doivent être changées.

En ce qui concerne les procédés de fabrication, les prix, la publicité, les détails d’expédition, l’emballage, les paiements, les représentants, etc., nous renvoyons au Rapport commercial de Mr. Lefeuvre-Méaulle, où toutes ces questions sont traitées avec une grande compétence.

Une des grandes infériorités de la France consiste aussi dans l’insuffisance de ses relations maritimes.

Le mouvement des ports du Danube indique pour l’année 1913, un nombre de 97 bateaux français entrés et 92 sortis, contre 6.876 autrichiens et 120 allemands; le mouvement des ports maritimes indique 74 bateaux français entrés et sortis contre 317 autrichiens et 98 allemands :

Le transport de France en Roumanie, en chemin de fer, revient à 26 francs 30 les 100 kilog. en petite vitesse et à 62 fr. 30 les 100 kilog. en grande vitesse, et la durée du trajet est de 30 à 40 jours en petite vitesse. Ces prix sont très élevés, et le développement des communications maritimes s’impose. Le service entre Marseille et les ports roumains est fait par une seule compagnie française (Fraissinet). Les autres ports français, surtout ceux du Nord et de l’Ouest, ne disposent d’aucun service direct avec la Roumanie.

Il est à supposer qu’après la guerre la France s’efforcera de reprendre la place qu’elle a perdue en Orient et accordera plus d’attention au développement de ses services maritimes qui doit marcher de pair avec une activité plus intense sur le terrain financier et industriel.

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L’exportation roumaine en France n’est pas, non plus très développée.

Voici quelques chiffres à ce sujet:.

Déréales et leurs dérivés orge, avoine, maïs (surtout du blé, 21 mil-

lions) .

Pétroles et bitumes (Résidus de pétrole, huiles minérales, pétrole

raffiné et surtout benzine) .

Légumes, fleurs, graines et parties de plantes (tabacs en feuilles)

colza et haricots (5 millions) . . .

Bois de construction, équarris

ou sciés (surtout des planches) . .

La France détient en 1913 la quatrième place dans notre commerce d’exportation avec plus de 63 V2 millions lei, ce qui représente une augmentation relativement importante par rapport aux deux années précédentes. C’est la valeur la plus élevée observée pendant toute la période 1903-1913.

Malgré cette augmentation, notre exportation en France est très faible, si on la compare au chiffre de notre exportation en Belgique (qui réexporte en Allemagne, en Angleterre et en Suisse), en Autriche-Hongrie ou en Italie, et si on la rapporte au chiffre de notre exportation totale (670.705.335 lei en 1913).

Cette exportation est entravée en grande partie par les droits protecteurs français, qui frappent les céréales roumaines de taxes très- élevées. Ainsi le froment paie 7 francs les 100 kg., l’avoine 3 francs, les légumes secs 3 francs.

. Lors des négociations pour la conclusion d’un traité de commerce entre la France et la Roumanie, en 1907, négociations auxquelles j’ai eu l’honneur de participer en qualité de président de la Délégation roumaine, j’ai essayé d’obtenir quelques concessions pour la Roumanie, principalement en ce qui concerne le maïs. J’ai demandé aussi la consolidation de l’exemption pour les plantes oléagineuses; Mes efforts n’ont pas été couronnés de succès; nous n’avons obtenu que la consolidation des droits minimum sur quelques articles.

Dans ces conditions, nous n’avons pas, non plus, pu ac-

corder à la France toutes les concessions qu’elle nous demandait.

«Le gouvernement de la République, dit l’exposé des motifs du projet de loi portant approbation de l’arrangement, se trouvait dans l’obligation de rejeter toutes les réductions sur notre tarif minimum, auxquelles le gouvernement de Bucarest subordonnait toute nouvelle concession tarifaire à la France...»

La convention a assuré à la France des réductions ou des consolidations de droits à 77 articles: pâtés, poissons conservés, huiles, condiments, vins et eaux-de-vie, bonbons, chapeaux, tissus, papiers, coutellerie, appareils électriques, automobiles, médicaments; la clause de la nation, la plus favorisée assure à la France le bénéfice des traités conclus avec la Turquie le 12 Août 1901, avec l'Allemagne le 8 Octobre 1904, avec la Grande-Bretagne le 31 Décembre 1905, avec la Belgique le 5 Juin 1906, avec l’Italie le 5 Décembre 1906. Cette convention règle, en outre, le régime des voyageurs de commerce, les conditions d’établissement, de navigation, de commerce, enfin un arrangement spécial vise la garantie de la propriété industrielle et de la propriété littéraire et artistique.

En échange, nous n’avons obtenu que la consolidation des droits minimum sur le froment, l’avoine, les légumes secs et autres grains (pois, haricots, lentilles) les bois équarris, les huiles de pétrole, les huiles lourdes et les résidus de pétrole.

MM. Charles Augier et Angel Marvaud1) qui prétendent que nous avons fait des concessions de peu de valeur à la France, sont obligés de reconnaître que «pour les pétroles qui constituent le principal produit de l’exportation roumaine en France, on ne pouvait rien accorder du moment qu’on avait maintenu, même avant de traiter avec les Russes, la réduction de 1893 dans le tarif minimum».

En tout cas la Roumanie accorde quelques réductions sur le tarif de 1904, tandis que la France n’en accorde aucune.

Malgré le régime douanier français, l’exportation roumaine en France pourrait cependant se développer si les commerçants et les industriels français s’intéressaient davantage à notre pays. Nous avons de nombreux articles qui

0 La politique douanière de la France, p. 141.

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trouveraient facilement des débouchés en France, au grand avantage des industriels et des commerçants français. Je citerai en premier lieu le bois, que nous exportons sous la forme brute, mais qui, façonné sur place, serait susceptibile d'une exportation plus considérable. Je pourrais citer également une infinité d’articles, tels que les graines oléagineuses, les petits pois, les œufs, le sel, les peaux, etc. .

Le tarif général roumain a été modifié par les conventions qui ont été conclues ultérieurement entre la Roumanie d’une part, et l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, l’Angleterre, la Belgique, la Suisse et l’Italie, de l’autre. Si la France n’a pas été très favorisée par le traité qu’elle a conclu avec nous, surtout en ce qui concerne les confections, les vins et les produits médicinaux, elle profite, du moins, par la clause de la nation la plus favorisée, de toutes les concessions tarifaires qui ont été accordées aux autres Etats, dont quelquesuns ont fait, de leur côté, à la Roumanie des concessions très sérieuses. Aussi, pour la plupart de ses articles d’exportation, la France peut-elle lutter dans des conditions d’absolue égalité avec ses concurrents. Si la lutte ne tourne pas à son avantage, cela ne tient pas à l’élévation de notre tarif, mais, comme je l’ai expliqué plus haut, au manque d’organisation du commerce français d’exportation en Roumanie.

J’ai indiqué aussi les remèdes à cet état de choses, et je n’y reviendrai pas. Nous sommes convaincus, d’ailleurs, qu’après la guerre il y aura une révision générale de toutes les conventions commerciales; il y a lieu d’espérer que la future convention avec la France réglera sur d’autres bases les rapports économiques de deux pays.

Certes la France n’a pas hésité à placer des capitaux en Roumanie. Une notable partie de nos rentes d’Etat sont détenues par des Français; sur l’annuité de 112 millions de francs de notre Dette publique, près de 36 millions sont payés en France. Mais si les Français achètent parfois de la rente roumaine qui est un excellent placement, le gouvernement roumain n’a jamais réussi jusqu’à présent à placer directement un emprunt à Paris. Presque toute notre dette publique a été contractée à Berlin.

Et pourtant peu d’Etats ont une situation financière aussi solide que la Roumanie. Son budget s’élève à 650.000.000

aux revenus comme aux dépenses; tous les exercices, avant la guerre balkanique et la guerre mondiale se sont soldés avec des excédents parfois considérables *). Il est certain qu’à l’avenir nous n’aurons plus, pendant de longues années, des excédents; l’augmentation des dépenses, nécessitées par le développement général du pays ainsi que par la situation économique, créée à la suite de la conflagration européenne aura pour résultat la disparition des excédents; de nouveaux emprunts à des taux plutôt onéreux seront contractés afin de payer les dépenses que la Roumanie a faites pour sa préparation à la guerre, et leurs annuités pèseront lourdement sur le budget des dépenses; de nouveaux impôts seront nécessaires pour parfaire l’équilibre budgétaire. Mais malgré cette perspective, nous avons la ferme conviction que la Roumanie évitera le fléau des déficits. Tous nos partis de gouvernement considèrent comme un principe fondamental de notre politique financière l’équilibre budgétaire.

Notre Dette publique a, en tout cas, sa contre-partie dans l’actif de l’Etat roumain. Notre Etat possède un domaine agricole, minier et industriel, dont la valeur augmente chaque année; il a plus de 300.000 hectares en terres cultivables et des forêts : il exploite des pêcheries d’une grande richesse, il est propriétaire du réseau de chemins de fer; il possède des carrières, des salines, des terrains pétrolifères non encore exploités dont la valeur diversement appréciée est estimée au bas mot à 300 millions.

Cet actif constitue un patrimoine qui compense largement le passif.

Les détenteurs de rente roumaine peuvent être tranquilles. Ils peuvent être d’autant plus tranquilles que la richesse du pays — nous l’avons démontré — augmente continuellement et sûrement. Parallèlement à cette augmentation, les revenus de l’Etat sont en continuelle progression, de même que ceux des départements et des communes. Aussi a-t-on entrepris partout, en Roumanie, des travaux publics importants; après la guerre, ces travaux, suspendus en grande partie, seront certainement repris.

Comme toujours, la France ne participe guère à ces travaux ou aux grandes fournitures. Depuis la construction du grand pont sur le Danube par la Société Fives-Lille et

Û Celui de 1906-1907 a atteint 60.000.000.

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d’une partie des travaux du port de Constantza par l’entrepreneur Hallier qui a du les abandonner, nous ne connaissons pas de grande entreprise exécutée en Roumanie par des Français.

La Roumanie, grâce à la facilité des communications, et surtout à l’organisation de son service maritime et fluvial, est un débouché admirable pour les pays industriels et un centre important d’approvisionnement de matières premières pour ces pays.

Le port de Constantza, sur la mer Noire, desservi par la plupart des Compagnies maritimes est très bien aménagé. Le mouvement commercial du port est très actif: en 1912 il dépassait 1.300.000 tonnes. Le mouvement des entrées et sorties indique 314.000 tonnes pour le pavillon austro-hongrois, 29.000 tonnes pour le pavillon allemand et seulement 21.000 tonnes pour le pavillon français. Il en est de même des ports de Braïla et de Galatz, sur le Danube, auxquels les navires de mer peuvent accéder.

Pour mettre nos richesses en valeur nous aurons besoin longtemps encore de l’aide des capitaux étrangers; notre préférence ira toujours aux capitaux et à l’initiative roumains, mais là où ces éléments manquent on est forcé de recourir aux étrangers; leurs capitaux obtiennent, certes, des rémunérations parfois très importantes, mais le pays en profite quand même par l’utilisation des matières premières, de la main-d’œuvre locale, et par le stimulant qu’ils apportent aux énergies nationales; petit à petit ces énergies réussissent à s’émanciper de la tutelle du dehors, ce qui est arrivé pour de nombreuses entreprises autrefois monopolisées par les étrangers, aujourd’hui se trouvant complètement entre les mains de nos nationaux.

Dans cette période de transition, la France pourra être pour nous d’une grande aide.

Il est à supposer qu’après la guerre la France s’efforcera de reprendre la place qu’elle a perdue en Orient.

La France, devenue trop riche, s’était transformée dans les derniers temps, en un pays de rentiers. Elle avait cédé la place, dans les contrées d’avenir comme la Roumanie, à des nations plus entreprenantes.

La guerre mondiale, en faisant ressortir le danger qui résulte d’une pareille abdication, aura pour résultat, nous en

sommes certain, de faire considérer comme un moyen de défense nationale l’expansion économique au dehors.

En aidant de ses capitaux au développement économique de la Roumanie, elle fera une œuvre féconde en résultats matériels et moraux, pour le plus grand bien des deux pays latins.

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