TRÈS
Bâtiments chargés et sur lest
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Roumains ....
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Total . . .
Bâtiments chargés et sur lest
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Roumains ....
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La navigation fluviale est incomparablement supérieure, comme nombre de bâtiments et comme tonnage, à la navigation maritime. Quant à l’exportation, les quantités qui sortent du pays par le Danube sont dix fois supérieures à celles qui prennent la voie de terre.
Nous devons constater que le pavillon roumain tient la première place sur le Danube; en 1912 le nombre des bâtiments roumains entrés a été de 12.294 et celui des bâtiments sortis de 12.201 ; TAutriche-Hongrie qui tient le second rang n’est représentée qu’avec 8712 et 8668 bateaux.
En fait de navigation maritime le pavillon roumain tient le second rang, après le pavillon ottoman.
Notre avenir national est basé sur la possession des Carpathes; notre avenir commercial est intimement lié au Danube ; c’est par la voie merveilleuse du grand fleuve que nous pourrons nous diriger vers la conquête économique de l’Orient.
Notre exportation en Bulgarie, en Serbie, en Turquie et en Egypte est encore peu importante, mais étant donnés les commencements heureux de notre pénétration économique, nous avons toutes les chances, par une organisation solide, de nous assurer des débouchés de premier ordre. L’Egypte surtout présente, pour nous, un grand intérêt.
Importations en Egypte (En millions lei)
Année Importation Importation
totale de Roumanie
Nous exportons en Egypte du pétrole du bois et de la farine. Pour le pétrole nous tenons la première place, Paissant loin derrière nous la Russie et les Etats Unis; notre exportation de bois atteint en moyenne 20% de l’importation totale; en ce qui concerne la farine nous avons exposé les causes pour lesquelles notre exportation est encore limitée 1).
La Roumanie dépend, en ce qui concerne son commerce maritime, de la liberté des Détroits; nous avons eu beaucoup à souffrir de la fermeture des Dardanelles, d’abord pendant la guerre balkanique et ensuite depuis l’entrée en action de la Turquie a côté des Puissances Centrales ; depuis plus d’un an notre commerce d’exportation ne se fait que par la voie de terre.
Il est très probable qu’un nouvel ordre de choses sera établi, après la guerre, à Constantinople. Il est très probable aussi que les Puissances Alliées stipuleront toutes les garanties nécessaires à la liberté des communications maritimes entre la mer Noire et la Méditerranée; un régime, identique à celui qui fonctionne aux bouches du Danube serait le meilleur moyen garantir cette liberté.
Notre pays doit s’efforcer, en même temps, d’assurer le trafic de ses marchandises vers Salonique et vers la mer Adriatique; un pont sur le Danube, à Corabia, reliant notre réseau avec le réseau bulgare, et un second pont reliant la rive roumaine à la rive serbe, mettrait d’un côté en communication directe nos ports du Danube avec le grand port de la Macédoine et, d’un autre, nous ouvrirait des débouchés nouveaux par l’accès direct à San Giovani di Medua, sur l’Adriatique.
x) La question des transports est liée à celle des tarifs. Mr B. Assan, dans une étude sur l’industrie de la farine a montré que le prix de transport pour un vagon de farine de Giurgevo à Constantza est de 105 lei tandis que le prix de transport pour un vagon de blé pour le môme parcours, est de 62 lei.
LA ROUMANIE NOUVELLE
Les forces économiques des Roumains de Hongrie
Un mouvement de relèvement économique qui augmente chaque jour en étendue et en intensité se maniieste depuis plusieurs années chez nos frères roumains de Hongrie.
Ce phénomène met une fois de plus en évidence la vitalité de notre race qui, comprimée dans certaines directions, a su néanmoins trouver sa voie et choisir les moyens pour pouvoir assurer son existence et préparer l’avenir.
L’élément roumain de partout semble s’être rendu compte qu’une vie nationale plus puissante ne sera possible que le jour où le bien-être sera répandu dans toutes les couches de la population et où les Roumains disposeront eux aussi, dans leur lutte avec d’autres races, de forces économiques nombreuses et organisées. Les Roumains de Hongrie ne sont pas les maîtres de la grande propriété : peu de domaines de quelque étendue sont entre leurs mains. Ils possèdent, en échange, beaucoup de propriétés moyennes et petites et l’on peut affirmer avec certitude qu’à ce point de vue ils font des progrès importants dans la plupart des „comitatsu qu’ils habitent.
La revue maghyare „Kôzteleka, organe du parti agrarien de Hongrie constatait-il y a trois ans que beaucoup de propriétés ayant appartenu aux Maghyars ont passé entre des mains roumaines: „Le nouveau propriétaire valaque étant économe et persévérant est à - même de lutter avec des charges beaucoup plus fortes que celles qui ont ruiné l’ancien propriétaire hongrois prodigue*.
Le député à la Diète hongroise, de Fenyvesi Soma, faisait la même constatation dans YErdétyi Pénzügy:
«De cette façon, les propriétaires hongrois de la Transylvanie arrivent sous la férule des institutions économiques des nationalités. Les prêts accordés par ces dernières asservissent la population. La classe moyenne s’organise sur les domaines achetés par ces banques ou avec leur concours. Tandis que nous progressons dans nos affaires de colonisation avec la vitesse de l’escargot, les institutions économiques des nationalités résolvent à leur profit cette question. Ce n’est donc pas seulement un danger économique qui nous menace de ce côté, mais un autre beaucoup plus grand. Elles affaiblissent encore le caractère national — déjà faible — de la Transylvanie, consolidant les nationalités qui sont déjà fortes. Dans les régions de la Transylvanie nous trouvons aujourd’hui en masse aussi des pro-
priâtes rurales roumaines. Aujourd’hui les invasions des Roumains et des Saxons brisent le rempart de l’élément hongrois».
Il est vrai que beaucoup des propriétés appartenant aux Roumains étaient auparavant fortement grevées par des charges souvent fort lourdes. Grâce aux économies réalisées par les nombreux paysans roumains qui vont travailler aux Etats-Unis et grâce aux institutions de crédit fondées avec capital roumain dans presque touts les comitats, la situation s’est améliorée dans les derniers temps.
U Annuaire des banques roumaines pour l’année 1914 contient des détails intéressants qui mettent en lumière les progrès réalisés au-delà des Carpathes par nos congénères, sur le terrain économique.
L’activité des Roumains qui, jusqu’il y a 10 ou 15 ans s’était cantonnée presqu’uniquement dans l’agriculture et dans quelques branches de métiers, s’est dirigée depuis, avec une remarquable vigueur, vers l’organisation d’institutions de crédit et d’économie.
L’annuaire nous indique qu’il existe à l’heure actuelle 159 institutions anonymes de crédit et d’économie, 35 associations (însojJri) et 7 sociétés commerciales.
A la tête de toute cette organisation figure la société Aibina fondée en 1872 et qui dispose d’un capital en actions de 6.000.000 de couronnes.
U Aibina est le seul institut roumain d’outre-monts qui émette des lettres foncières à 472 et 5%.
Ces lettres sont cotées à la Bourse de Budapesth et acceptées comme caution par la Ministère du Commerce de Hongrie pour tous engagements pris envers le fisc par les entrepreneurs ou par les fournisseurs. Les lettres foncières de Y Aibina sont acceptées aussi au lombard par la banque d’Autriche-Hongrie.
Cette banque compte plus de 60 fonctionnaires et rien n’est plus intéressant qu’une visite dans ses bureaux; j’ai eu le plaisir, il y a quatre ans, à l’occassion d’un séjour à Sibiu, de visiter en détail les bureaux de Y Aibina et j’ai été émerveillé par l’ordre, le zélé et la capacité de ses fonctionnaires. J’ai examiné certaines des écritures et des registres de la Banque — tous tenus en langue roumaine — pour me rendre compte de son mécanisme et j’ai admiré se parfaite organisation. J’ai constaté, à cette occasion, que parmi les clients de cet établissement roumain figurent aussi de nom-
LA ROUMANIE NOUVELLE
breux Saxons et Hongrois, ce qui dénote la confiance absolue •qu’elle inspire à tous.
Grâce au cadastre b l’établissement du droit de propriété peut se faire en Hongrie avec la plus grande facilité, de sorte que les emprunts hypothécaires peuvent être réalisés en deux ou trois jours. J’ai vu sur le bureau du directeur une demande d’emprunt hypothécaire émanant d’un paysan de Selishte. La demande a été résolue et l’emprunt réalisé dans les 24 heures. Grâce à cette facilitté, aussi bien VAlbina que les autres banques roumaines, sont à même •d’accorder des prêts hypothécaires sur une vaste échelle. Ainsi s’explique d’ailleurs la situation prospère de toutes ces institutions de crédit, dont les avances sont garanties en grande partie par des hypothèques.
Le bilan de l’Albina pour 1910 marquait: à l’actif: 14.499.528 couronnes en lettres de change, 4.984.528 couronnes en crédits avec couverture hypothécaire; prêts hypothécaires en lettres foncières, 10.716.381 couronnes; prêts hypothécaires en numéraire 376.974. Au Passif : dépôts aux fins de fructification, 20.009.495 couronnes; le bénéfice net de la Banque a été de 457,613 couronnes dont 25.000 couronnes ont été données pour des œuvres de bienfaisance et d’enseignement. Toutes les banques roumaines destinent, d’ailleurs, à ces œuvres une partie de leurs bénéfices.
L’Albina a essayé de fonder une succursale à New-York.
Aux Etats-Unis vivent — on le sait — plus de 150.000 Roumains originaires de Hongrie* 2). Tous ces émigrés temporaires — la grande majorité rentrent dans leurs foyers au bout de quelques années — ont de nombreuses relations d’affaires avec leur pays d’origine.
Des essais ont déjà été faits dans cette direction. Une banque roumaine portant le nom de Românul a été fondée à Cleveland (Ohio) et une autre banque appelée Aurora a été ouverte dans la même ville. La première a disparu mais la seconde continue à vivre avec une clientèle locale.
Dans l’article que nous citons Mr Podea nous apprend que 7 à 8090 paysans roumains se rendent chaque année aux Etats-Unis et que les envois d’argent des Rou-
O La Roumanie indépendante ne possède pas de cadastre; aussi les prêts hypothécaires se heurtent, chez nous à certaines difficultés lorsqu’il s’agit d’examiner les titres de propriété.
2) Revue Economique de Sibiu, 1912 No. 37: «Une banque paysanne •en Amérique» par Jean Podea.
mains d’Amérique dans leur pays, atteignent annuellement la somme de 15 millions de francs.
Après VAlbina l’établissement de crédit le plus important des Roumains de Hongrie est la Victoria d’Arad, fondée en 1887 et pui dispose à l’heure actuelle d’un capital sociétair de 2.500.000 couronnes.
Voici la marche de la „ Victoria a au cours des 10 dernières années:
Capital
Réserves
Dépôts
Bénéfices nets
En dehors de ces deux grands établissements de crédit, les Roumains de Transylvanie disposent encore de quelques banques importantes comme la Timùhiana de Temishoara (Temesvar) avec 2000.000 cor., VArdéleana d’Orestie, avec 1.000.000 cor., la Bihoreana d’Oradea-Mare avec 1.700.000 cor., VEconomul de Cluj (Klausenbourg) avec 400.000 cor., Fageteana deFaget, avec 400.000 cor., le Luceaferul de Vàrset, avec 600.000 cor., la Lurnina de Sibiu, avec 600.000 cor., rOreviciana , d’Oravita, avec 550.000 cor., la Patria , de Blaj, aveb 700.000 cor., Sentinela , de Satul Nou avec, 520.000 cor., la Silvania , de Simba, avec 600.000 cor., la Someshana. de Dej, avec 400.000 cor., et près de cent cinquante banques plus petites avec des capitaux variant de 30.000 à 300.000 couronnes.
Au total, les banques des Roumains de Hongrie au nombre de 145 disposent d’un capital de 35.000.000, d’un fonds de réserve de 13.899000 couronnes. Les dépôts placés dans ces établissements atteignent le chiffre de 107.000.600 fr.
Les banques roumaines de Transylvanie possèdent un organe commun portant le nom de Solidaritatea et ayant son siège à Sibiu. Cette institution financière à laquelle ont adhéré jusqu’à présent 120 banques (sur les 145 existantes) constitue un organe de contrôle obligatoire de ces dernières et elle effectue ce contrôle à l’aide de réviseurs expérimentés qui ont le droit d’examiner leurs écritures et de faire des rapports sur la manière dont elles sont tenues ainsi que d’introduire des règles uniformes de contrôle et de gestion.
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Ces banques roumaines ont pris, ces derniers temps, l’initiative de la fondation d’une société d’assurances, qui a commencé à fonctionner à partir du 1-er janvier 1912. Le siège de la nouvelle institution est a Sibiu et elle a comme agences les 120 banques qui ont adhéré à la Solidaritatea.
La Solidaritatea de Sibiu a entrepris une action pour la création de banques populaires qni a commencé à donner des fruits. C’est ainsi que la seule banque Economul de Cluj vient de fonder 10 banques populaires système. Reiffeisen. Pour le moment, 70 banques populaires roumaines (associations de crédit) fonctionnent en Transylvanie avec un capital de 1.800.000 couronnes.
Nous trouvons jusqu’ici peu de sociétés coopératives de production: l’association de laiterie de Budush, les associations pour l’élevage du bétail à Borgo-Toseni, Borgo-Prund, Borgo-Rus, Zeica, Ferihaz, Rodna, Sangiorgiul român et quelques autres localités, l’association pour l’assurance du bétail à cornes à Vranice, l’atelier de tissage de la réunion des femmes roumaines d’Orestie, ainsi que quelques autres associations pour l’achat de machines agricoles et quelques coopératives de consommation.
Il faut espérer que, sur ce terrain aussi, les Roumains s’organiseront bientôt de façon sérieuse. La Foaia Poporului d’Arad a proposé l’institution d’une «grande coopérative centrale d’approvisionnement».
L’expansion roumaine
Notre race est arrivée à une étape de son développement où elle est appelée à donner sur tous les terrains, la mesure de ses aptitudes remarquables. Partout, dans toutes les régions peuplées par des Roumains,, on constate un renouveau de vitalité, des manifestations évidentes d’énergie et de résistance.
Partout, dans la péninsule balkanique, on retrouve la trace de l’élément roumain, jadis si nombreux. Une partie de la Serbie, la vallée du Timok est presque entièrement peuplée de Roumains; le long de Danube, sur la rive bulgare et surtout dans la région de Vidin, on rencontre de puissants groupements roumains; en Macédoine, en Albanie et en Grèce l’élément roumain est représenté par des îlots plus ou moins compacts, ayant conservé sa langue et son individualité.
Toutes ces branches éparses, détachées du vieux tronc roumain peuvent constituer des foyers précieux de propagande et de collaboration pour l’expansion économique de la Roumanie.
Les temps ne sont pas éloignés, croyons nous, où des bateaux roumains transporteront directement aux ports du Levant, en Afrique et même aux Indes un grand nombre d’articles obtenus par la transformation de nos matières premières et ramèneront dans nos ports le riz, le coton, le caoutchouc, les denrées coloniales, où des comptoirs roumains feront connaître les richesses du pays dans toutes ces régions de l’Orient et où, aidée par nos congénères de la péninsule, une génération de jeunes gens, hardis et entreprenants, parcourera les mers et les pays lointains à la recherche de nouveaux débouchés pour notre production agricole et industrielle.
Notre désir de voir la Roumanie jouer un grand rôle dans cette partie de l’Europe, nous a entraînés, peut-être, un peu loin; mais que serait- ce la vie si on n’y mêlait, de temps en temps, un peu de rêve? Nous avons, d’ailleurs, toutes les chances, si nous sommes décidés au travail et à la lutte, de voir la transformation de ce rêve en une grande et belle réalité.
Cette course après la richesse ne devra jamais nous faire oublier l’idéal suprême de la nation; la richesse n’est pas un but mais un moyen et sa valeur, au point de vue national, dépend de l’usage qu’on en fait. Nous voulons une Roumanie plus prospère au point de vue matériel, mais aussi plus forte au point de vue moral.
Le prince de Bülow 1 ) observe avec raison que „La santé physique, morale et intellectuelle est encore aujourdhui la plus grande richesse pour un peuple".
Nous ne voudrions pas d’une Roumanie vouée au culte du veau d’or qui obscurcit les consciences, altère les caractères, amollit les énergies et prépare les générations, par l’oubli des mâles vertus, aux catastrophes inévitables.
Nous ne devons pas oublier que le relèvement écono-
q La politique allemande , p. 247.
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mique du pays doit marcher de pair avec son relèvement intellectuel et moral, par une diffusion plus grande de l’instruction à tous les degrés, par l’éducation des caractères et par le raffermissement de ce sentiment de solidarité sociale et nationale qui fait, qu’à certaines heures graves, on renonce à ses richesses et on offre gaîment sa vie à la Patrie.