francs
157,35 francs
7, 12 francs
4üo.4/o.o0 4 „
Il ressort de ces deux tableaux que la production agricole roumaine et, partant, l’exportation est limitée à deux grandes catégories de céréales. La production excessive de ces deux céréales est un signe certain d’une mauvaise organisation agricole qui a complètement négligé la production des matières premières pour l’industrie et a continuellement étendu les surfaces à cultures, au détriment des prairies et des pâturages; mais si la production du blé s’explique par les hauts prix obtenus sur le marché extérieur, la production excessive du maïs, étant donné les prix réduits de cet article, ne s’explique que par l’habitude invétérée du paysan roumain à cultiver surtout cette plante. Ce sera l’œuvre de l’avenir d’habituer notre paysan à substituer le blé et la pomme de terre au maïs dans son alimentation.
La Roumanie est le pays qui exporte le plus de maïs, c’est-à dire une marchandise très volumineuse et très bon marché mais dont la production demande beaucoup de travail.
Moyenne des années
, , .. 1909—1911 (en
Exportation de mais quintaux)
Roumanie Etats-Unis Russie . .
Hongrie .
Bulgarie .
Mr M. Serban, dans son ouvrage, sur l’agriculture roumaine observe que le prix du maïs était côté à la bourse de Paris, pendant les dernières vingt années, de 1877 à 1896, à une moyenne de 149 lei par hectolitre; pendant la période de 1902
L’AGRICULTURE
à 1911 le prix était de 12 lei. D’après l’enquête agraire, la culture complète d’un hectare de maïs a coûté, en Roumanie, en moyenne, 56 lei tandis que les prix minima établis en 1912 par le conseil supérieur de l’agriculture pour cette culture ne peuvent être, en moyenne, pour le pays tout entier, inférieurs à 77 lei. A cela il faut ajouter le fait du renchérissement de la valeur de la terre. Or, d’après la statistique officielle, la production moyenne de maïs a été, par hectare, de 1862 à 1871 de 132 hectolitres et de 1901 à 1910 de 134. Les prix restant les mêmes et. le coût de production ayant augmenté considérablement, il s’ensuit un recul dans la productivité du travail national D.
Après le blé et le maïs, les principales céréales que nous exportons sont l’avoine, l’orge, le seigle et le millet. Voici d’abord les surfaces cultivées en hectares:
Seigle . 90.583 101.244 131.769
■Orge . 562.539 499.885 507.201
Avoine . 522.149 381.785 401.415
Millet . . . 54.926 44.275 39.409
La production a été, peudant les mêmes années (hectolitres) :
Seigle . 1.307.621 1.262.685 1.758.236
Orge . 9.634.207 7.504.141 9.227.727
Avoine . 12.382.460 7.321.036 9.240.629
Millet . 600.500 529.305 573.083
Voici maintenant les chiffres concernant l’exportation (en tonnes):
Seigle . 66.153 63.012 230.755
Orge . 377.072 238.716 280.238
Avoine . 173.649 29.032 233.296
Millet . 14.839 17.478 35.499
Les pays qui importent le plus de céréales roumaines sont la Belgique avec 1.074.335 tonnes (la Belgique réexporte en Allemagne et en Suisse), l’Autriche-Hongrie avec 516.020 l’Italie avec 341.136, la Hollande avec 217.170 la France avec 162.055 l’Angleterre avec 148.895, l’Allemagne avec 128.020 tonnes.
En ajoutant aux céréales de toute nature les autres produits fournis par l’exploitation agricole, tels que légumes
0 Problemele noastre social o(jrcire p. 111.
fleurs, graines (34.123.569 lei en 1913, arbres, bois et industries dérivées (23.717.772) produits animaux alimentaires (11.245.654) animaux vivants (2.899.125) peaux et objets en peau (3.253.450) matières diverses d’animaux (1.187.282) laines, poits, (2.933.686) fruits, etc. (1.935.720) nous aurons épuisé presque la totalité des articles de notre exportation — le pétrole excepté. Tous les autres articles ensemble ne représentent pas plus de 5.000.000 de lei.
Le pétrole est, certes, l’article d’exportation le plus important après les céréales; ces deux articles forment l’élément essentiel de notre commerce extérieur; il y a pourtant entre eux cette différence que le prix résultant de la vente de nos céréales revient en grande partie aux producteurs roumains, tandis que le prix résultant de la vente du pétrole et de ses dérivés revient surtout à des sociétés étrangères.
La Roumanie occupe le troisième rang dans la production mondiale du pétrole, venant immédiatement après les Etats-Unis et la Russie1).
Pays prod licteurs
Etats-Unis .
Russie .
Roumanie .
Indes Orientales . . .
Galicie .
Indes .
Mexique .
Divers .
L’augmentation de la production, a eu pour conséquence un accroissement de l’exportation. En 1906 nous avons exporté 190.914 tonnes de pétrole raffiné; en 1913 l’exportation se chiffre par 428.098 tonnes soit plus du double. La benzine passe dans la même période de 79.493 à 241.726 tonnes; les huiles minérales de 151 à 7.732 tonnes; la paraffine de 115 à 664 et les résidus de 67.214 à 377.688 tonnes1).
Nous exportons le pétrole raffiné en Angleterre, en Italie, en Egypte et en Allemagne. Nous avons exporté en 1913 en Angletterre 89.972, en Italie 34.752, en Egypte 34.318 et en Allemagne 31.707 tonnes.
9 Les données sur le pétrole sont extraites de la Statistique minière et du Commerce extérieur de la Roumanie.
L’AGRICULTURE
La benzine est surtout exportée en France 76.400 tonnes) et en Allemagne (70.948).
C’est l’Allemagne qui nous achète le plus d’huiles minérales (4.883 tonnes).
Nous avons créé, grâce à un tarif douanier très protecteur et à la loi pour l’encouragement de l’industrie, une industrie assez importante, mais l’immense majorité de nos fabriques ne travaillent que pour le marché intérieur. Nous exportons des bidons en tôle de fer pour 2.750.000 lei et de la cellulose pour un million. A part ces rares exceptions notre exportation est composée, nous le répétons, de céréales ou de produits provenant de l’exploitation du sol etde pétrole.
11 résulte de ce qui précède que malgré le développement pris par l’industrie du pétrole, l’agriculture constitue la base de notre richesse. Une série de bonnes récoltes déverse le bien-être dans tous les classes de la Société et remplit les caisses du trésor; une année médiocre, une mauvaise récolte ont pour résultat un malaise général, un rétrécissement considérable de la consommation, une crise financière qui se traduit par une diminution du stock métallique de la Banque Nationale et par des difficultés pour le trésor à encaisser les impôts.
Toutes les crises économiques ont été provoquées, en Roumanie, par l’insuffisance plus ou moins grande de nos récoltes.
Les Rapports du conseil d’administration de la Banque Nationale contiennent, généralement, des exposés concernant la répercussion exercée par les crises agricoles sur la situation économique et financière du pays.
Ainsi le Rapport pour l’année 1906 contient des détails intéressants sur quelques unes de ces crises:
La crise de 1884 a été provoquée par une récolte médiocre; notre exportation de céréales a été inférieure de près de 300.000 tonnes (37.000.000 lei) à celle de l’année précédente. Le budget de l’Etat s’est soldé avec un déficit de 14.294.756 lei.. La Banque Nationale a été obligée, pour protéger son stock, d’élever le taux de l’escompte à 6°/0.
En 1894 le pays a traversé une nouvelle crise provoquée par une mauvaise récolte ainsi que par la baisse des prix sur les marchés étrangers. Le déficit de l’exportation s’est, chiffré cette année par 824.000 tonnes d’une valeur de 76.500.000 lei; le budget de l’Etat accuse un déficit de 10.365.499 lei.
La crise la plus terrible que la Roumanie ait traversée
est celle de 1899. La sécheresse qui a sévi pendant dix mois a détruit presque complètement les récoltes. Le manque d’exportation a provoqué une hausse considérable du change, qui a atteint près de 6%.
Les exportations ont accusé une diminution de 1.344.000 tonnes par rapport à l’année précédente (134.000.000 lei) ; le budget de l’Etat s’est soldé avec un déficit de 35.404.909 lei. Le gouvernement fut obligé alors de recourir aux mesures les plus énergiques pour équilibrer le budget et sauver notre crédit; on procéda à des économies sévères et on eut recours à de nouveaux impôts.
La récolte de 1900 a été moyenne ; le change s’est élevé à 2 72%; le déficit budgétaire accusa 27.244.017 lei.
A partir de 1901, grâce à une série de bonnes récoltes, la situation budgétaire s’est améliorée.
En 1905 l’exportation de blé étant exceptionnelle, l’excédent budgétaire s’est elevé à 45.446.356 lei. En 1907 1 ) la récolte est mauvaise, mais malgré la sécheresse, malgré la révolte des paysans, l’exportation des céréales a été importante, grâce aux réserves des années précédentes ; la crise a pu être conjurée. La récolte de 1909 2) est médiocre mais les prix sont très elevés, de sorte que l’année a pu être considérée comme moyenne.
Le Rapport pour l’année 111 contient la constatation suivante: «En 1910 la Roumanie a eu une récolte très abondante et les exportations de céréales ont été plus considérables. L’industrie ayant pris un grand développement, le manque d’équilibre en faveur des importations qui jadis se manifestait par une hausse du change sur l’étranger, a disparu, faisant place à une abondance de numéraire et de remises sur l’étranger».
C’est pour la première fois que le «Raport» de la Banque mentionne l’influence de notre industrie sur le cours du change. Il est incontestable que la création d’une industrie nationale a eu pour effet de retenir dans les pays des sommes importantes qui auparavant passaient les frontières pour solder les marchandises importées. Mais le phénomène quoique de grande importance en ce qui concerne l’accroissement de notre richesse, ne peut, dans les années de sécheresse, contrebalancer le vide produit par une récolte déficitaire.
D’ailleurs le Rapport pour l’année 1913 relève la situa-
‘1 Rapport de la Banque 1908 3) . 1910
L’AGRICULTURE
tion difficile créée au pays, en 1912, par la fermeture des Dardannelles. «Quoique cette mesure ait été appliquée pendant un laps de temps assez court, elle a eu un effet désastreux sur notre commerce d’exportation et par suite sur notre situation économique; la Banque a du intervenir d’une manière énergique en faveur des Banques indigènes».
La même situation s’est reproduite en 1913 et 1914.
Dans l’exposé des motifs du projet de budget pour l’exercice 1916 — 1917 le ministre des finances, Mr. E. Costinesco, fait ressortir le fait que nos budgets se sont soldés depuis quinze ans avec des excédents et en tout cas, même pendant la période de crise européenne, depuis 1913, sans déficit grâce à une époque de grande prospérité économique, prospérité que nous devons à une série presque ininterrompue de bonnes récoltes.
Nous avons insisté sur ces données afin de mettre en évidence le caractère agricole de notre production nationale. La prospérité du pays, la solidité de notre crédit, la force et l’avenir de la Roumanie dépendent en première ligne des progrès réalisés par nos classes agricoles.
Ce fait est d’autaut plus indéniable que ces classes représentent en même temps qu’un élément de richesse une force nationale, on peut dire la grande force nationale du pays. L’industrie constitue un appoint important à la richesse du pays, mais cette richesse n’appartient que pour une faible part aux Roumains, elle alimente plutôt les capitaux étrangers; le pays en profite, nous le reconnaissons, mais l’élément roumain n’est représenté qu’en partie dans cette branche d’activité; un bon nombre de maisons de commerce, quelques grandes institutions financières tout en procurant des avantages au pays, alimentent les revenus de capitalistes étrangers. Seule l’agriculture est l’instrument national de richesse; nos travailleurs des champs, nos petits et moyens propriétaires sont tous Roumains; de même nos grands propriétaires, à de rares exceptions prés; la classe des fermiers étrangers tend à disparaître; ils sont remplacés par les associations paysannes. Ce sont les classes agricoles qui procurent le plus gros excédent de naissances, ce sont elles qui alimentent d’un afflux continuel de nouvelles forces nos villes et notre capitale; ce sont elles qui fournissent l’immense majorité de nos contribuables et de nos soldats, les meilleurs soldats. Nos classes rurales forment le fondement le plus solide de notre nationalité, la source féconde d’où jaillit une vie intense et toujours renouvelée.
Voici la répartition de la propriété d’après son étendue :
Catégorie des i
étendues
Nombre
des
propriétés
Proportion
Surface
hectares
Proportion
Va ha. . .
Total 10 ha. . .
15 — 50 ha. .
Sur 5000 » . .
Total général . .
De ce tableau il résulte que la moitié de la propriété rurale est détenue par les paysans, que nous manquons d’une propriété moyenne et que près de 40% des terres sont détenues par la grande propriété.
Le paysan cultive non seulement son lopin de terre mais aussi "une grande partie des grandes propriétés prises en métayage ou en ferme. Une des particularités de notre régime agricole est que le paysan cultive aussi avec son bétail et ses instruments la plus grande partie des terres exploitées en régie par les grands propriétaires ou cultivées par les grands fermiers. A cause de ce système de culture les grandes terres sont rarement pourvues de capitaux d’exploitation suffisants ainsi que de bâtiments appropriés.
fîn ce qui concerne la proportion entre les surfaces affermées et les surfaces totales cultivées, des différentes catégories d’étendues, nous avons les données suivantes:
Catégorie des surfaces en hectares
Moldavie
Valachie
Olténie
Dobrogea