kg. (35.755.5651ei) 3.024.784kg. (34.819.5021ei
Nous importons surtout des étoffes fines (art. 102, 103, 104 du tarif douanier).
L’importation provient d’Allemagne (46 %.), d’Autriche- Hongrie (26 °/o), d’Angleterre (17 %), de France et d’Italie (9 %).
Les taxes douanières pour les tissus de laine dépendent de l’épaisseur, c’est-à-dire de leur poids par mètre carré et sont divisées en cinq catégories (800 à 200 grammes). Les taxes varient de 130 à 275 lei les 100 kgr.
Les tissus de laine d’une qualité inférieure supportent plus facilement la concurrence étrangère, tant à cause de la protection douanière qui est plus élevée qu’à cause de la possibilité, pour les fabricants, de trouver la matière première dans le pays.
La fabrication des tissus plus fins rencontre des difficultés à cause d’une protection insuffisante, et à cause du manque de filatures qui pourraient transformer sur place la laine fine importée; actuellement les fabriques importent les fils de laine et paient pour cet article des taxes assez élevées.
La fabrication des tissus de laine, au moins de ceux d’une qualité inférieure, pourrait se développer chez nous d’une manière considérable si nos agriculteurs grands et petits n’avaient pas abandonné l’élevage pour la culture des céréales. On constate depuis quelque temps une diminution sensible du nombre des animaux de race ovine et on fait très peu pour améliorer la qualité des races indigènes. Le ministère de l’agriculture a fait importer des béliers et des
brebis mérinos. A la ferme model Laza on a essayé des croisements entre la race indigène tzigae et la racé Frise. On a fait aussi quelque essais de croisement sur les domaines de la Couronne avec des mérinos, qui ont donné de bons résultats en ce qui concerne la laine. Mais ces essais sont restés isolés et sans grande influence sur les races indigènes dont la laine, au point de vue de la finesse, laisse encore beaucoup à désirer.
L‘industrïe du chanvre et du lin
Le capital investi dans cette industrie s’élevait, en 1913, à 2.245.632 lei. La force motrice représentait 820 H. P. Le combustible employé, en 1913, a coûté 93.576 lei. Les matières premières proviennent: 180.273 kgr. (135.217 lei) du pays et 1.274.476 kgr. (1.742.036 lei) de l’étranger. Cette industrie emploie, pour la fabrication des câbles, cordes et ficelles, des fils de coton et de jute. La production des 6 fabriques a atteint 1.290.805 kgr. représentant une valeur de 2.227.227 lei; cette production est loin de suffire à la consommation intérieure car nous importons 435.453 kgr. (1.120.908 lei). En 1912 nous avons importé 1.981.509 kgr. de ficelle de Manille valant 1.981.509 lei.
La protection douanière varie de 17 à 64% pour les différentes catégories de produits; elle est plus que suffisante. Notre production pourrait être beaucoup plus importante car nous n’employons qu’une partie du chanvre cultivé dans le pays; en 1913 nos fabriques ont utilisé 179.154 kgr. tandis que 309.240 kgr. ont été exportés en Allemagne1).
L’industrie des tissus de coton
Le capital investi dans cette industrie est de 8 millions lei (15 fabriques). La force motrice est de 1849 HP. Le combustible employé en 1013 a été de 4.765.570 kgr (258.250 lei).
Les matières premières utilisées par les fabriques sont : les fils de coton, lin et chanvre non blanchis, blanchis et teints. Toutes ces matières premières — 2.645.931 kgr. (6.345.724 lei) — sont importées de l’étranger.
l) Voir sur la culture du chanvre et du lin en Roumanie, le chapitre „ Une période exceptionnelle* .
L’INDUSTRIE ROUMAINE
L’importation totale des fils de coton, de lin et de chanvre représente une valeur considérable:
Kgr. Lei Kgr. Lei
L’importation d’une si grande quantité de fils de coton aurait du avoir comme conséquence la création d’une ou de plusieurs filatures, ce qui n’a pas encore eu lieu.
Nous ne possédons pas non plus de filatures de lin et de chanvre.
La production des fabriques indigènes, en 1913 a représenté 15.396.221 mètres linéaires valant 11.000.000 de lei.
Nous importons beaucoup de tissus de coton. En 1912 nous avons importé 13.619.363 kgr d’une valeur de 52.504.873.
Les taxes douanières sont établies ainsi:
Fils de coton . .
Fils de lin { Fils de chanvre j Fils de jute . .
Fils de coton à un seul bout non blanchis,
non teints . 8 lei par 100 kgr
Les mômes blanchis . . . . • . 5 „ „ „ r
v v teints . 12 „ „ „ „
„ „ mercérisés . 14 „ „
Fils de coton à simple torsion . la taxe des fils simples + 6 lei
Fils de coton à torsion multiple . „ „ „ „ „ -4-12 lei
Ces taxes ne paraissent pas suffisantes; c/est la seule cause peut-être pour laquelle nous n’avons pas encore de filatures dans le pays.
L’industrie du sucre1)
La première loi édictée pour la protection de l’industrie sucrière a été celle du 29 Mars 1873. Avant cette époque nous importions tout le sucre d’Autriche-Hongrie qui bénéficiait du tarif de 7!/2 pour cent. Cette loi accordait les avantages suivants: exemption de tout impôt communal, exemption des taxes douanières pour les machines. Ces
l) Voir l’étude Industriel zahârului de D. R. Ioannitescu, professeur à l’Académie des hautes études commerciales. Bucarest, 1916. — Chestia zahârului în România de Corneliu Casassovici, inginer de arte çi manufacturi. Bucuresti, 1914. — Trustul zahârului de inginer G. Casassovici. Bucuresti, 1915.
avantages n’ayant pas été jugés suffisants, car l’introduction des taxes de l’octroi en Roumanie et le système des primes d’exportation, institué en Autriche-Hongrie, les avaient rendus illusoires, une nouvelle loi, celle du 28 Mai 1882, accorda pendant 15 ans aux fabriques de sucre une prime de fabrication de 16 centimes par kilogramme, ainsi qu’une indemnité de 250.000 lei à chacune des deux fabriques existantes à cette époque
Malgré ces nouveaux avantages, l’industrie sucrière ne pouvait soutenir la concurrence des produits étrangers; la protection douanière était trop faible. En 1891 fut promulgué le tarif général qui éleva la taxe douanière à 35 centimes par kgr.
Dès 1887 les fabriques de sucre jouissaient des avantages accordés par la loi de l’encouragement de l’industrie. Toutes ces faveurs (0.35, la taxe douanière 0.16 la prime de fabrication, 0.3 le bénéfice résultant de la loi d'encouragement, au total 53 centimes par kgr) ne réussirent pas à consolider cette industrie.
Une nouvelle loi, en 1896, vint prolonger les avantages de la loi de 1882 pour une nouvelle période de 15 ans. Aussitôt que l’avenir fut assuré, de nouvelles fabriques surgirent; leurs fondateurs avaient la certitude qu’ils pourraient bénéficier des avantages énumérés pins haut jusqu’au 31 Mars 1914.
La consommation intérieure était en 1897, de 20 millions kgr. La prime de fabrication devint une charge assez lourde pour l’Etat qui songea à y rémédier en établissant une taxe de consommation de 15 centimes par kgr. ; en 1899 cette taxe fut élevée à 30 centimes.
La production du sucre augmenta, néanmoins, considérablement et les fabriques commencèrent à exporter ; grâce à la prime de fabrication elles pouvaient vendre leur marchandise à l’étranger à des prix très inférieurs à ceux qu’elles demandaient à la consommation indigène. La taxe de consommation couvrait la prime de fabrication même pour les quantités de sucre exportées, mais elle ne pouvait pas couvrir les pertes résultant pour le trésor du fait que l’importation, en Roumanie, du sucre étranger avait complètement cessé. En 1899 l’importation tombait à 226.010 kgr.
La consommation intérieure étant de 20,000.000 de kgr., le sacrifice fait par le trésor représentait 10 millions; le sucre se vendait très cher dans le pays; les prix variaient entre 1.05 et 1.10.
L’INDUSTRIE ROUMAINE
En 1900 furent fondées deux nouvelles fabriques; l’exportation devint encore plus considérable; en 1901 elle atteignait 7 millions de kgr.1).
Pour mettre un terme à cette situation qui menaçait les finances de l’Etat, le gouvernement institua par la loi du 27 Novembre 1001 une taxe d’exportation de 16 centimes par kgr. de sucre exporté, ce qui compensait la perte résultant de la prime de fabrication accordée pour le même sucre. On motiva cette disposition par la considération que les lois de 1882 et 1898 avaient établi la prime de fabrication pour le sucre consommé dans le pays et non pas pour celui destiné à l’exportation.
A la suite de cette loi, l’exportation fut enrayée.
Les six fabriques de sucre existantes dans le pays, à cette époque, formèrent une association sous la dénomination de «Bureau de Commission» établissant la quote-part de chacune dans la production2).
Le bureau de commission était seul chargé de la vente du sucre, moyennant une commission de l3/4.
En 1906, intervint un arrangement entre le gouvernement et les fabriques de sucre, par lequel ces dernières consentaient à une réduction de la prime de fabrication de 16 à 11 centimes; en échange, l’Etat prenait l’engagement de ne plus accorder les avantages de la loi d’encouragement de l’industrie, ni de prime de fabrication à aucune autre fabrique jusqu’en 1914 3). En même temps l’Etat s’obligeait à maintenir la taxe douanière de 35 centimes pendant 12 ans à partir du 1-er Mai 1906; la taxe d’exportation était abaissée à 9 centimes, mais seulement pour les 5 premiers millions de kgr.
9 Le sucre qui se vendait en Roumanie 1 leu et 10 centimes, était
offert en Bulgarie pour 0.45 centimes le kgr.
3) Voici le nom de ces fabriques*): Chitila, Brânceni (au capital anglais), Ripiceni (Dupont, Lachaume, Meillassoux & Cie), Maraçeçti, Fabriques de Roman et Sascut (les deux formant une Société anonyme). La fabrique de Drânceni fut fermée et sa quote-part fut répartie entre es autres.
Sucre consommé en Roumanie (kilogrammes)
exportés; pour le surplus la taxe était maintenue à 11 centimes.
Cette convention procura à l’Etat un bénéfice annuel de 1 million.
Nous n’entrerons pas ici dans la discussion des critiques qui ont été faites à la législation sur le sucre. Nous avons voulu seulement présenter un résumé des principales dispositions législatives. Nous nous préoccupons surtout de l’avenir.
Il est incontestable que l’industrie du sucre à joui jusqu’à présent, en Roumanie d’avantages extraordinaires qui ne trouvaient d’autre justification que le danger de voir cette industrie complètement détruite, dans la première période même de sa fondation, par les primes pour l’exportation que le gouvernement austro-hongrois accordait à ses fabricants et par les sacrifices que ceux-ci étaient décidés à faire pour conserver un marché important. On est allé, chez nous, un peu trop loin, en fait de protection, par peur de la concurrence étrangère.
Il est temps, maintenant que l’industrie du sucre est solidement assise, de porter remède à la situation actuelle. Le sucre est un aliment de premier ordre et sa consommation, par la classe paysanne surtout, est encore insignifiante. Ainsi la consommation du sucre en 1913 n’a été que de 37.007.881 kgr, ce qui fait une moyenne de 5 kgr par tête d’habitant. Nous sommes loin des 39 kgr par tête en Angieterre et même des 11 kgr en Autriche-Hongrie.
Le moment approche où une nouvelle politique économique est indiquée en matière sucrière. La question qui s’impose est celle de savoir par quels moyens on pourra arriver, tout en développant la production, à abaisser le prix du sucre.
Par la convention de 1906 l’Etat s’est obligé, envers les fabricants de sucre, à ne pas abaisser les taxes douanières jurqu’en 1918. Donc en 1918 nous serons libres d’établir des taxes, qui tout en constituant une protection suffisante, devront avoir pour effet une diminution sensible des prix.
L’Etat devra, en même temps, supprimer la taxe de consommation, qui n’a été établie que pour corqpenser les pertes occasionnées au trésor par la prime de fabrication. Il reste à savoir si la situation financière permettra, après la guerre, malgré la suppression de la prime de fabrication, de procéder aussi à la suppression de la taxe de consommation.
L’INDUSTRIE ROUMAINE
La loi pour l’encouragement de l’industrie de 1912, par l’article 4, a statué que les fabriques de sucre, après l’expiration de leur privilège, ne pourront plus bénéficier d’aucun des avantages de cette loi. A partir de 1918 toutes les fabriques de sucre, les anciennes comme les nouvelles, seront à ce point de vue, sur un pied d’égalité. Il est incontestable, qu’en fait, les fabriques anciennes ayant amorti leur capital, pourront lutter dans de meilleures conditions que les fabriques nouvellement créées. Plusieurs propositions ont été faites pour stimuler la fondation de nouvelles fabriques. Mr l’ingénieur Cassassovici propose, pour ces dernières, une réduction des taxes de consommation ainsi que des taxes du fonds communal. Mr D. R. Ioanitzesco propose la suppression de l’article 4 de la loi de 1912, afin de pouvoir accorder les avantages de cette loi aux nouvelles fabriques, qui pourraient, de la sorte, soutenir la concurrence des anciennes.
Mr Ioanitzesco propose aussi une association de nos agriculteurs dans le but de créer un certain nombre de fabriques de sucre brut (10 à 15) ; tout le sucre produit sera dirigé vers une raffinerie centrale. Cette solution a été proposée aussi par Mr P. Carp, en 1898.
Les grands agriculteurs ont abandonné la culture de la betterave qui n’est pas assez rémunératrice et qui demande beaucoup de travail et beaucoup de soins. Mr Ioanitzesco croit que les associations paysannes pourraient, aidées par les banques populaires, participer à l’union des agriculteurs, en se chargeant en grande partie, de la culture des betteraves.
Cette culiure est actuellement très limitée; nous ne cultivons que 14.000 hectares; en 1915 la récolte a été insuffisante et nous avons été obligés d’importer du sucre de l’étranger. Les fabriques actuelles n’ont pas réussi à développer cette culture *).
x) Production des betteraves en Roumanie
Année
Hectares
cultivés
Production à l’hectare
Production
Quintaux
Les progrès de l’industrie du sucre ne nous intéressent pas seulement au point de vue de l’augmentation de la consommation, mais aussi au point de vue de l’élevage, les résidus des betteraves constituant un aliment de premier ordre pour le bétail. Une association des agriculteurs pour la création de nouvelles fabriques pourrait, par cela même, contribuer au progrès de l’élevage. La culture de la betterave, pour procurer un rendement rémunérateur, doit s’effectuer par ceux qui sont intéressés à la fabrication du sucre.
Nos lecteurs trouveront à la page 149 de notre ouvrage des indications statistiques sur le capital des fabriques de sucre, ainsi que sur leurs bénéfices.
Les exploitations forestières et l’industrie du bois1)
D’après le «Rapport» de l’administration de la Caisse des forêts, la surface totale des forêts appartenant à l’Etat était, en 1906, de 914.010 hectares; à ce chiffre il faut ajouter 28.000 hectares achetés par la Caisse depuis 1910 ainsi que 100.000 hectares représentant les forêts du Quadrilatère bulgare, annexé à la Roumanie en 1914, ce qui fait un total de 1.042.000 hectares.
Les propriétés particulières avaient, en 1899, une surface de 1.700.000 hectares; en tenant compte des défrichements, cette surface peut être évaluée aujourd’hui à 1.600.000.
Donc le territoire du pays est couvert de forêts sur une surface totale de 2.600.000 hectares, soit 20°/o2).
La proportion normale étant de 25°/o, on voit combien notre pays souffre du déboisement.
L’industrie forestière se trouve, en Roumanie, entre les mains de quelques puissantes sociétés anonymes à grands capitaux. Ces sociétés sont au nombre de 14 ; voici quelques indications relativement à leur moyens d’action:
1) Rentabilitatea exploatârüor forestière în România de Eugen Ghering, director de exploatare foerstierâ si Ernest Ene, doctor în çtiintele economice. Bucarest 1616. — Nous avons extrait de cette brochure intéressante une partie des données de notre chapitre.
Voyez aussi: Raportul d-lui adminhtrator al Casei Pâdurilor. — 1914, et
Comertul §i industria lemnului în România de Petre Antonescu, inspeclor silvic. Bucureçti, 1907.
2) Mr. l’administrateur croit que les données officielles ne correspondent pas à la réalité et que la proportion exacte ne doit pas dépasser 18°|o de la surface totale du pays.
L’INDUSTRIE ROUMAINE
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