‹ La rivale d'elle-mêmeChapitre 10 sur 51 · ACTE I, SCÈNE V. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V. i

GERMAIN

le vais... où mes patrons voudront bien me conduire , Et j'arrive avec eux des Indes.

LISE

C'est-k-dire , Que tu sers a la fois deux maîtres ?

GERMAIN

Démon mieux; Car , ma chère , entre nous, je suis fort content d'eux.

LISE

L'un s'appelle Saint-Phar ?

GERMAIN

Tu sais ?...

LISE

Cela t'étoune?,,

GERMAIN

Sans doute , dans ce port il ne connaît personne.

LISE

C'est une question. Quelqu'un qui le connaît

L'a fort bien reconnu du fond de ce bosquet.

Pour l'autre , ou je m'abuse , ou c'est ton ancien maître.

Celui que tu servais avant de disparaître

Est-il toujours le même ?

GERMAI N.

Oui.

LISE

Tant pis. Mais peut-oû Se fier à ton zèle, à ta discrétion ?

t6 LA RIVALE D'ELLE-MÊME.

GERMAIW.

Eh! cela va sans dire.

LISE

Ecoute , le temps presse :

Apprends que l'un des deux a trompé ma maîtresse.

GERMAIN

Pas possible !

LISE

Saint 'Phar....

GERM AIN

LISE

Un beau matir Disparut, a peu près comme vous, raons Germain.

GERMAIN

Saint-Phar ! y penses-tu ? lui ! quelle calomnie ! Il n'a jamais trompé qu'une fois en sa vie, Et le pauvre honnête homme en sèche de remords. Aussi , pour réparer, comme moi , tous ses torts , 11 trace en ce moment un billet pour la belle , Et tout-'a-l'heure il va me députer vers elle.

LISE

Où donc ?

GERMAIN

Dans un viHage assez voisin.

LISE

Vraiment !

GERMAIN

Eh ! parbleu , je suis sûr qu'il peste en ce moment De ne pas me trouver.

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