SAINT-PHAR, HORTENSE
HORTENSE
Voiik Un fort tendre impromptu qu'il m'a récité la. Est-ce de votre ami l'ordinaire langage ? Et dois-je rire enfin d'un pareil badinage ? Ou par quelque accident son cerveau dérangé?.... Mais d'où vient la surprise où je vous vois plongé ?
s A 1 N T - 1» H A II , à part.
Cet air évaporé.... Dieux ! quelle ressemblance ! Et quel contraste !
HORTENSE
Enfin , pour rompre le silence , Vous m'apprendrez du moins ce que je dois penser De votre ami.
SAlNT-PHAfi.
Pardon !.... si , pour vous offenser , 11 suffit d'éprouver.... et d'oser vous le dire.,..
( A part. ) Ah! quel trouble ! Ma voix sur mes lèvres expire.
HORTENSE
Je ne m'offense pas, Monsieur , d'un compliment j Mais , par malheur , j'y crois très difficilement.
4o LA RIVALE D'ELLE-MÊME.
s A IJVT-PH A R.
Douter de son pouvoir, quand on est aussi belle ! Est-il possible ? Eh bien 1 vos jeux , Mademoiselle , Disent absolument le contraire.
Mes yeux Pourraient , à la rigueur , n'être pas maîtres d'eux. C'est que vous n'avez pas l'habitude d'y lire.
SAIN T-PH AR
11 rae semble pourtant,... ce qu'ils paraissent dire Dément a chaque mot votre bouche.
Fort bien.
Mais insensiblement nous changeons d'entretien : De votre ami , je crois , vous avez pris la place ; Et ce n'est plus pour lui que vous demandez grâce.
SAINT- 1' HA R , a^ec la plus vwe agitation. Eh bien, il est trop vrai ! dussiez-vous repousser Cet hommage indiscret , et dût-il vous blesser : Ces yeux , ce sou de voix , ils sont , en traits de flamnîe, Gravés depuis long-temps dans le fond de mon ame j Depuis plus de trois ans je vous adore.
Eh quoi î Faudra-t-il qu'a ce trait aussi j'ajoute foi?
s AIN T-PH A R.
Oui : ce prodige enfin ce pouvoir qui m'entraîne
Et confond ma raison , a préparé ma chaîne. Je ne sais si l'excès de mon émotion Est ia cause ou l'effet de cette illusion j