‹ La rivale d'elle-mêmeChapitre 30 sur 51 · SAINT-PHAR, HORTENSE · texte numérisé non relu

SAINT-PHAR, HORTENSE

HORTENSE

Voiik Un fort tendre impromptu qu'il m'a récité la. Est-ce de votre ami l'ordinaire langage ? Et dois-je rire enfin d'un pareil badinage ? Ou par quelque accident son cerveau dérangé?.... Mais d'où vient la surprise où je vous vois plongé ?

s A 1 N T - 1» H A II , à part.

Cet air évaporé.... Dieux ! quelle ressemblance ! Et quel contraste !

HORTENSE

Enfin , pour rompre le silence , Vous m'apprendrez du moins ce que je dois penser De votre ami.

SAlNT-PHAfi.

Pardon !.... si , pour vous offenser , 11 suffit d'éprouver.... et d'oser vous le dire.,..

( A part. ) Ah! quel trouble ! Ma voix sur mes lèvres expire.

HORTENSE

Je ne m'offense pas, Monsieur , d'un compliment j Mais , par malheur , j'y crois très difficilement.

4o LA RIVALE D'ELLE-MÊME.

s A IJVT-PH A R.

Douter de son pouvoir, quand on est aussi belle ! Est-il possible ? Eh bien 1 vos jeux , Mademoiselle , Disent absolument le contraire.

Mes yeux Pourraient , à la rigueur , n'être pas maîtres d'eux. C'est que vous n'avez pas l'habitude d'y lire.

SAIN T-PH AR

11 rae semble pourtant,... ce qu'ils paraissent dire Dément a chaque mot votre bouche.

Fort bien.

Mais insensiblement nous changeons d'entretien : De votre ami , je crois , vous avez pris la place ; Et ce n'est plus pour lui que vous demandez grâce.

SAINT- 1' HA R , a^ec la plus vwe agitation. Eh bien, il est trop vrai ! dussiez-vous repousser Cet hommage indiscret , et dût-il vous blesser : Ces yeux , ce sou de voix , ils sont , en traits de flamnîe, Gravés depuis long-temps dans le fond de mon ame j Depuis plus de trois ans je vous adore.

Eh quoi î Faudra-t-il qu'a ce trait aussi j'ajoute foi?

s AIN T-PH A R.

Oui : ce prodige enfin ce pouvoir qui m'entraîne

Et confond ma raison , a préparé ma chaîne. Je ne sais si l'excès de mon émotion Est ia cause ou l'effet de cette illusion j

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