SCÈNE VIL
Les pnÉcÉ dents, M. BELMONT.
sAiNT-PHAR, h part.
-Quel embarras! Sophie ! Ah! qu'elle doit souffrir.
M. BELMONT
Qu'est-ce donc ?
M™*^. BELMONT
N'est-ce pas que tu vas consentir , Sans peine , à recevoir Monsieur dans ta famille ? Il vient de m'avouer quil adore ta fille; Mais il redoute encore un refus de ta part.
SAINT-P IIAR.
Ah ! Madame !...
M. B ELMONT. '
Un refus ! Y pensez-vous, Saint-Phar?
Est- il rien que de moi vous n'ayez droit d'attendre ? Qu'on appelle ma fille : embrassez-moi , mon gendre.
s A I N T - p n A R , se dégageant de ses bras.
C'en est trop : je voulais différer cet aveu ; Il vous offensera \ mais l'on se fait un jeu De ma délicatesse. Eh bien ! moi , je refuse La main de votre fille , et voila mon excuse.
( Il va prendre la main d'Horlense-)
M™*^. BELMONT
Que dites-vous ?
M. BELMONT
Commcni î
M™^. BEL MONT
Que peut signifier?../.
SAIN T-PHAR
Assez notre entrelien vient de l'humilier.
( A HoTtense ).
D'une infidélité je n'eus que l'apparence ^ Sopliie. Ah ! c'était vous que j'nimais dans Hortensc, Oui , de tous ses chagrins voyez-en moi l'auteur \ Mais jugez si je sais réparer une erreur : D'Hortense elle n'est plus la suivante, Madame. Qu'elle soit son égale en devenant ma femme.
HORTEWSE,
Ah ! Saint-Phar !... Ah ! ma mère, est-ce assez 1 éprouver?
s AI NT-PHAR-
Votre mère !
M™*. BELMONT
Oui , le ciel daigna lui conserver Un père qui l'adore , une mère prudente , Et l'amant généreux que ma main lui présente.
M. BELMONT
.Vous serez donc mon gendre , et malgré vous.
s A I K T - P II A R.
Pardon....
L'excès de mon bonheur a troublé ma raison. Est-ce Hortense, ou Sophie?
Ahl que ce soit Sophie, Puisque vous me prouvez qu'elle est la plus chérie.