‹ La rivalité anglo-germaniqueChapitre 11 sur 27 · L'AFFAIRE DU CABLE DES AÇORES 9D · texte numérisé non relu

L'AFFAIRE DU CABLE DES AÇORES 9D

inopinément à Tordre du jour du 20 juillet.

Le rapporteur général de la Commission du budget, M. Antonin Dubost, donne, au début de la séance, lecture de son rapport, qui n'a pas été imprimé, et demande la discussion immédiate du projet. Plusieurs députés, surpris par cette demande et n'ayant pas en main leurs dossiers, sollicitent le renvoi de la discussion à la fin de la séance. On ne peut le leur refuser.

M. de Ramel critique amèrement la conduite de M. Jules Siegfried (1), ministre du Commerce en fonctions au début de Tannée, qui n'a pas su comprendre ni défendre l'intérêt national qu'offrait le câble des Açores. M. Siegfried, dont la probité était vraiment, aux yeux de tous, au-dessus de tout soupçon, répond : que la convention était, au point de vue financier, extrêmement onéreuse, attendu qu'il y était stipulé une garantie de l'Etat dans des conditions tout à fait abusives; 2'' qu'elle était sans grande utilité, au

(1) M. Sîeyfricfl fut liiinîstre du Commerce et de Tlndustric du 6 décembre 181)2 au 4 avril 1893. Son prédécesseur fut M. Jules Roche (17 mars 18U0-5 déceuibre 1892); son successeur, M. Terrier (15 avril-3 décembre 1893).

point de vue commercial, attendu que le trafic serait sûrement très faible; 3^ que rintérêt stratégique était sans grande importance, puisqu'il est aisé de couper un câble en pleine mer. — A quoi M. de Ramel réplique que, si les conditions posées par la Société française étaient trop onéreuses, il était loisible au Gouvernement de traiter avec une autre compagnie.

Le projet est mis aux voix; mais le scrutin est nul, le quorum n'étant pas atteint. Le lendemain, on vote de nouveau : 195 voix seulement se prononcent en faveur du projet; un député vote contre; plus de trois cents s'abstiennent (:2i juillet 1893).

Le Gouvernement, qui avait hâte d'en finir avec cette malheureuse affaire, saisit immédiatement le Sénat du projet que vient de voter la Chambre. Le rapporteur général de la Commission des finances, iNl. Boulanger, lit son rapport en séance et le texte même est adopté sans débat.

Les 400 000 francs remboursés à la Société française des Télégraphes sous-marins furent prélevés sur le reliquat du produit de la Tombola de l'Exposition de 1889 (article 2 de la loi du 5 août 1893).

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