L'AFFAIRE DU CABLE DES AÇORES
Répul3lique française, M. Ribot, intervient immédiatement au nom de son Govivernement, empêche la ratification du traité par les Chambres portugaises et décide le Cabinet de Lisbonne à concéder l'atterrissage à la Société française des Télégraphes sous-marins (14 juin).
La concession obtenue par M. Ribot en Portugal au profit de la Société française n'était valable que si, à Paris, le Parlement approuvait, avant le P*^ avril 1893, une convention en projet, dont Texécution avirait assuré et garanti l'exploitation non seulement du câble concédé par le Portugal, mais encore d'autres câbles formant le prolongement de celui-ci. Comme gage de l'engagement vis-à-vis du Gouvernement portugais, la Société française déposa à Lisbonne un cautionnement de 400 000 francs, qui devait être la propriété du Trésor portugais si la concession devenait caduque, c'est-à-dire si le projet de loi français n'était pas voté avant le P^ avril 1893 (article A de la convention entre le Portugal et la compagnie française).
La Société française des Télégraplies sousmarins^ ayant en mains la concession portugaise, conclvit quelques jours plus tard
(25 juin 189:2) avec rAdmiiiistralion française, représentée par M. de Selves, directeur général des Postes et Télégraphes, une convention ayant pour objet la pose et Texploitation pendant vingt-cinq ans d\in câble télégraphique entre Brest, Lisbonne, Tarchipel des Açorcs et Tîle d'Haïti; l'Administration française accordait, sous forme d'avance remboursable, une garantie de produit brut atteignant 2 300 000 francs par an, après prélèvement au profit de la Société : 1^ d'une somme de 250 000 francs pour l'entretien des conducteurs; 2*^ d'une participation aux recettes d'exploitation. La convention devant être ratifiée par le Parlement français, un projet de loi l'approuvant fut déposé le 27 juin par le Gouvernement sur le bureau de la Chambre des députés.
La Commission du budget l'examina en juillet, puis en novembre. Le l l mars 1893, elle entendit le ministre de la Guerre, le ministre des Affaires étrangères (M. Jules Develle, qui avait succédé à M. Ribot) et le ministre du Commerce et de l'Industrie, dans les attril)u tions de qui se trouve l'administration des Postes et des Télégraphes, M. Jules Siegfried. Le ministre de la Guerre et le