‹ La Rivalité Anglo-Russe au XIXe siecle en Asie. Golfe Persique - Frontieres de l'IndeChapitre 5 sur 28 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Premières tentatives des Anglais pour implanter leur influence sur la côte d'Arabie.

La Compagnie des Indes, autorisée par Elisabeth d'Angleterre en 1399, avait à peine fondé quelques comptoirs dans l'Inde et pris pied sur la côte de Coromandel, elle n'avait pas encore acquis Bombay, et déjà son attention se portait sur le littoral du golfe Persique. Là, à la fm du xvi^ siècle, les Portugais dominaient; ils s'étaient montrés dans ces parages aussitôt après leur établissement dans l'Inde et avaient fait du littoral du golfe Persique en même temps que du littoral indien le théâtre de leurs entreprises et des exploits de leurs conquistadors. L'empressement des Portugais d'abord, des

Anglais ensuite, à diriger, dès leur arrivée dans rinde, leurs visées sur le golfe Persique s'explique aisément par l'intérêt majeur qu'offrait alors la possession de cette région pour la nation qui voulait détenir le premier rang dans le négoce et la navigation de l'océan Indien. A l'époque de la découverte du cap de Bônne-Espérance, le commerce des Indes avec l'Europe empruntait la voie du golfe Persique; il suivait depuis des siècles cette voie qui, aux temps antiques, avait fait la fortune de Ninive et de Babylone et qui faisait alors la fortune de Bagdad et de Bassora. Les Musulmans, maîtres du golfe, apportaient à Bagdad les étoffes de soie et d'or, le poivre, la cannelle, l'écaillé, l'ivoire, la gomme, les perles, l'encens et la myrrhe, les produits précieux de l'Hindoustan, de la Chine et de l'Arabie, et rapportaient en échange la verrerie, le fer, le plomb et le cuivre de l'Occident. De Bagdad, les marchandises étaient transférées à travers l'Asie antérieure à Damas, à Alexandrie, et aux ports maritimes de la Syrie où les Pisans, les Florentins, les Génois et surtout les Vénitiens entretenaient des comptoirs florissants. Même après la circumnavigation de l'Afrique et la découverte de la voie maritime de l'Inde, cette route conserva, au cours du xvi® siècle et pendant une partie du xvii% une partie notable de son importance; elle restait la grande route du commerce de l'Inde et de l'Anatolie, la maîtresse voie

internationale entre l'Europe et l'Asie. Des marchands italiens et catalans continuaient à écouler par les plaines de la Syrie et de la Mésopotamie les produits de l'Occident, et les négociants de l'Inde à faire remonter à leurs marchandises le cours de l'Euphrate, d'où elles se répandaient dans l'empire ottoman.

La persistance séculaire du commerce de l'Orient à suivre, dans ses relations avec l'Europe, la voie du golfe Persique tenait aux facilités et aux avantages non comparables qu'offre cette voie aux navires. Parle golfe Persique, passe le chemin que suivent les lignes de navigation côtière de l'Inde ainsi que les pays de la Méditerranée. Entre la presqu'île de l'Inde et l'Asie Antérieure, entre la côte de l'Iran et la côte d'Arabie, l'océan Indien s'enfonce en un bras de mer qui, commençant à la corne orientale de l'Arabie, au cap Ras-el-Hadd, s'avance jusqu'au détroit d'Ormuz : c'est le golfe d'Oman; puis, au delà, un second cul-de-sac maritime prolonge le premier, du détroit d'Ormuz au rivage de la Mésopotamie : c'est le golfe Persique. Ces deux bras de l'océan Indien, que fait communiquer le détroit d'Ormuz, pénètrent dans l'intérieur des terres sur une profondeur de 2 500 kilomètres et permettent aux navires d'arriver jusqu'à l'embouchure du Chatt-el-Arab, nom donné au confluent du Tigre et de l'Euphrate. Ce dernier fleuve est navigable lui-même jusque vers les confins de la

14 LA RIVALITP: anglo-russe en ASIE

Mésopotamie. Le grand coude que, à cette hauteur. TEuphrate décrit à l'ouest, le rapproche des rivages de la Syrie, dont il n'est séparé que par la courte vallée de l'Oronte. Ainsi les marchandises venues de l'Orient pouvaient, en empruntant la voie maritime et la voie fluviale, remonter jusqu'au, cœur de l'Asie Mineure; et là, parvenues au point terminus de la navigation sur l'Euphrate, elles pouvaient, après un très court trajet par caravanes à travers le seuil de séparation des deux fleuves, descendre le cours de l'Oronte. Les facilités que donne au commerce cette voie si commode furent appréciées et utilisées dès les temps les plus reculés. Aux temps des rois de Babylone, sous la domination grecque d'Alexandre et sous les Séleucides, le golfe Persique et le courant de l'Euphrate restèrent le grand chemin entre l'Orient et l'Occident. Les villes qui jalonnaient son parcours ont compté parmi les plus florissantes de l'Asie, Ninive, Babylone, Séleucie, Ctésiphon, situées sur l'Euphrate et le Tigre, devinrent les capitales de puissants empires. La grande place de Carchémis, si souvent citée dans les luttes épiques des Pharaons et des rois d'Assyrie, acquit, grâce à sa position sur le grand coude de l'Euphrate une importance exceptionnelle. Dans des temps moins lointains, à l'époque romaine, Antioche, sur l'Oronte, au point où le rivage de la Méditerranée se rapproche le plus de la courbe de l'Euphrate, dut à cette situation sa

fastueuse opulence et mérita d'être appelée la reine de l'Orient. Bien que s'élevant en plein désert, Palmyre, sur le passage obligé des caravanes qui, de l'Euphrate, gagnaient les ports de Syrie, eut aussi ses jours de puissance et de splendeur. Et, lorsque ces riches cités, ayant dû subir les vicissitudes de la fortune, eurent disparu, laissant seulement à la surface du sol, comme témoignage de leur magnificence passée, des montagnes de ruines, de nouvelles villes, Bassora, Bagdad, Diarbékir, Damas, Alep, autres étapes sur la même route, surgirent et héritèrent, sous la domination des califes, de leur activité dans le trafic international. Il convient d'ajouter en outre que cette route si commode est la plus courte et la plus directe, car elle permet d'éviter le grand détour par la côte méridionale d'Arabie et la mer Rouge. Aussi, dans les relations internationales avec l'Europe, la route du golfe Persique fut-elle préférée par les marchands à celle de la mer Rouge aux temps anciens, et l'était-elle encore au moyen âge et même après la découverte du cap de Bonne-Espérance ; et il est tout naturel que les maîtres européens de l'Inde fussent amenés à vouloir dominer dans le golfe Persique et le golfe d'Oman qui commandaient cette voie de communication. C'est ce que comprirent admirablement les Portugais. A leur arrivée dans l'Inde, les Arabes du golfe Persique et de l'Oman étaient les maîtres de la navigation dans

l'océan Indien, et leurs navires allaient de Bassora et de Mascate à Calicut et aux îles de la Sonde ou à Mélinde et à Zanzibar, mettant en relations de commerce l'Afrique et l'Asie. Les Portugais leur firent une guerre sans merci, qu'ils poursuivirent pendant tout le xvi'^ siècle. Leurgrand conquistador Albuquerque planta le pavillon portugais à Mascate et à Sohar et se fit céder en 1513 Ormuz; les îles Bahréïn furent occupées; El-Katif, sur la côte arabique, fortifié; et tous les points qui étaient à la convenance des Portugais sur la rive persane et sur la rive arabique furent couronnés de forts et de citadelles et reçurent des garnisons. Ormuz était leur principale place d'armes et leur grand entrepôt commercial. Située dans une île, dans le détroit d'Ormuz, qui fait communiquer le golfe Persique et le golfe d'Oman, cette ville avait été fort judicieusement choisie tant au point de vue militaire et stratégique qu'au point de vue commercial. Sa position insulaire la mettait à l'abri des attaques de la terre ferme, avantage capital pour une nation comme le Portugal, dont la puissance consistait surtout dans ses vaisseaux. Entourée d'une ceinture de masses basaltiques, rochers escarpés baignant leur base dans l'Océan et élevant dans les airs leurs sommets en fantastiques tourelles, la ville avait une assiette naturelle très forte; en outre, des fossés, une enceinte régulièrement bastionnée, un réduit central, qui la protégeaient,

mettaient ses possesseurs en état de défendre facilement leurs personnes et leurs richesses. Ces dernières étaient grandes. Grâce à sa position entre l'Arabie, la Perse, l'Anatolie et l'Inde, Ormuz était le centre, le grand emporium oii venaient affluer, au profit des navigateurs portugais, les échanges des denrées les plus précieuses de l'Orient et de l'Occident. Les navires venus des Indes et de la Chine y arrivaient, et y chargeaient les riches produits de la Perse et de l'Arabie. Ormuz était la gloire et l'orgueil des Portugais. « Si le monde, disaient-ils dans leur langage imagé, était un anneau d'or, Ormuz en serait le diamant. »

C'est pourtant à cette place que la Compagnie anglaise des Indes, bien qu'elle fût à ses débuts, osa s'attaquer. Mais, trop faible pour risquer seule ses forces dans une telle entreprise, elle fit appel aux Persans. Unis à ces derniers, les Anglais vinrent en 1622 mettre le siège devant Ormuz. Les Portugais firent une belle résistance et pendant plus de deux mois repoussèrent tous les assauts ; mais, n'étant point secourus, ils durent capituler. La ville fut pillée et détruite. La chute d'Ormuz retentit dans tout l'Orient et fut pour le Portugal le commencement de la décadence de son commerce et de sa domination dans l'océan Indien. Les habitants des deux rives du golfe Persique, Arabes et Persans, se soulevèrent, les bloquèrent dans leurs forteresses et les réduisirent à une situa-

tion précaire. Mascate finit par succomber à son tour en 1648, et il suffit, pour chasser les Portugais de cette place, des efforts combinés de quelques tribus arabes.

Mais la Compagnie anglaise des Indes était alors trop faible et disposait de trop peu de ressources pour poursuivre ses entreprises contre les Portugais, et ce furent les Hollandais, dont les flottes dominaient alors les mers, qui s'arrogèrent la prétention de se substituer à ces derniers dans l'océan ; Indien. Après avoir chassé les Portugais de Ceylan et de 3Ialacca, les Hollandais s'établirent sur la côte de Coromandel, dans l'Hindoustan, et voulurent à leur tour mettre la main sur la raute du golfe Persique. Ils se rendirent maîtres des îles du golfe et de plusieurs forteresses du littoral qu'ils enlevèrent aux Portugais, et adoptèrent pour quartier général l'île de Kharag, position bien choii^ie à l'extrémité nord du golfe, à proximité de l'embouchure du Chatt-el-Arab. De là, ils interceptaient tout le commerce de Bagdad et de l'Anatolie avec l'Inde et envoyaient expéditions sur expéditions à la fois contre les Portugais, les Turcs, les Arabes et les Persans. Le résultat de ces luttes, qui durèrent jusqu'au milieu du xyiu"^ siècle, fut l'expulsion totale des Portugais ; mais les Hollandais durent subir à leur tour le même sort. Trop faibles pour résister aux efforts combinés des musulmans, ils durent évacuer leurs postes et

L'ANGLETERRE EN ARARIE 19

notamment l'île de Kharag. Les Européens chassés, l'anarchie régna en maîtresse sur les deux rives du golfe. Musulmans sonnites d'Asie Mineure, musulmans chiites de Perse, tribus plus ou moins indépendantes d'Arabie, pirates des îles, bataillèrent entre eux en des luttes incessantes et confuses et s'entre-déchirèrent sans que pût être établie une autorité sérieuse et incontestée dans ces parages. Au milieu de toutes ces guerres, la voie maritime de l'Inde par le golfe Persique finit par être abandonnée. Le commerce se détourna de cette voie qui n'offrait plus de sécurité, et fut forcé de prendre la route plus longue de l'Egypte par la mer Rouge.

Cependant la domination anglaise s'était affermie dans llnde. Devenue l'alliée du Portugal, qui avait réussi à secouer enfin le joug de l'Espagne, l'Angleterre s'était fait céder, en 1661, l'île de Bombay. D'autre part, la Compagnie anglaise des Indes, ayant eu la sagesse de restreindre momentanément son ambition à la possession de l'Hindoustan, s'était établie au commencement du xviii' siècle sur la côte de Malabar et en certains points du Bengale. Après avoir détruit la domination française dans la péninsule par les victoires remportées sur Lally-Tollendaletle traité Godeheu, qui la rendit maîtresse du Carnatic, puis brisé les forces de l'empire mogol à la bataille de Buxar (1764), elle avait imposé son protectorat sur la

côte de Travancore et enlevé en 1792 au sultan de Mysore, Tippo-Sahib, la moitié de ses Etats. A la fin du siècle, elle chassait les Hollandais de Ceylan. C'est alors que, Portugais, Français, Hollandais ayant été éliminés successivement des Indes, l'attention de l'Angleterre se trouva reportée à nouveau sur le golfe Persique.

Ce ne furent point toutefois les besoins de son commerce ni l'ambition d'assurer à son pavillon le monopole de la navigation du golfe qui forcèrent cette fois le gouvernement britannique à s'occuper de ces régions. Les marchandises de l'Inde à destination de l'Europe avaient désappris la route de la mer Persique et de l'Euphrate. Ormuz n'était plus; les marchés de Bassora, Bagdad, Diarbékir, Damas, Alep, étaient délaissés. Mais les graves événements qui étaient survenus en Europe à la fin du xviu" siècle avaient eu leur répercussion en Orient. Une armée française avait débarqué en Egypte, occupé les bords du Nil, et Bonaparte projetait d'envoyer une expédition au secours de Tippo-Sahib, qui s'était révolté à nouveau et tenait les Anglais en échec. Il était question de faire passer à travers la mer Rouge une flottille française qui ferait son apparition dans Focéan Indien et inquiéterait les côtes de l'Inde. Déjà des instructions données au mois de décembre 1898 par le général en chef de l'armée d'Egypte enjoignaient au général Bon d'armer des felouques pour aller

occuper le détroit de Bab-el-Mandeb. Un grave danger menaçait l'empire que l'Angleterre était en train de constituer à son profit dans l'Inde. Pour le conjurer, le gouvernement britannique chercha à s'emparer des deux grandes voies maritimes qui conduisaient à ses possessions indiennes : la route de la mer Rouge et celle du golfe Persique. Sur la première de ces routes, il fît occuper en 1799 l'îlot de Périm, au point le plus resserré du détroit de Bab-el-Mandeb et fit entrer dans son alliance le petit sultanat de Lahedj, situé non loin de Périm, sur la côte méridionale d'Arabie. La mort de Tippo-Sahib, tué sur la brèche de Seringapatam, la victoire de Canope et l'évacuation de l'Egypte par l'armée française ne mirent pas un terme aux inquiétudes du gouvernement britannique. Aapoléon, empereur, se rappelait toujours le plan qui avait hanté l'imagination du général en chef de l'armée d'Egj^pte et rêvait de frapper son adversaire au cœur de ses possessions indiennes. Seulement ce n'était plus par la voie de la mer Rouge qu'aurait été dirigée cette fois l'attaque. La flotte française était détruite ou partout bloquée, et la marine britannique était la maîtresse incontestée des mers. L'expédition devait emprunter la voie terrestre, traverser l'Euphrate au nord du golfe Persique et pénétrer dans THindoustan par la frontière nord. En attendant l'apparition de l'armée française, des agents secrets envoyés par Napoléon

parcouraient la région nord de l'Arabie et de la Syrie, cherchant à s'assurer le concours des tribus arabes, éclairant d'avance la route et préparant les peuples à de grands événements. Alors l'utilité pour les maîtres de l'Inde de la possession de la route du golfe Persique se révéla sous un aspect nouveau. Jusque-là on s'était borné à considérer cette route comme la voie commerciale la mieux désignée géographiquement entre l'Europe et la péninsule indienne ; l'entreprise projetée de Napoléon fît apparaître son importance stratégique de premier ordre dans les conflits pouvant s'élever entre puissances européennes pour la possession de rilindouslan. De reml)oucliure du Cliatt-el-Arab dans le golfe Persique, une armée anglo-indienne pouvait en eflet remonter le cours du Tigre et de l'Euphrate, opérer une diversion sur les flancs de l'armée ennemie se dirigeant de l'Euphrate sur rindus, la prendre à revers et lui couper la retraite.

Le gouvernement britannique conçut dès lors le vaste dessein de réunir dans une commune alliance contre la future agression projetée tous les Etats riverains du golfe Persique et de la mer d'Oman et tous ceux dont le territoire devait être traversé par l'armée d'invasion. Sur la côte arabique, deux Etats avaient une organisation politique stable et définie : Koweït et l'Oman. Conquis au commencement du xviu'' siècle sur les Persans par des

tribus arabes de l'intérieur, dont la plus puissante, celle des Atéïbeh, forma le fond de sa population, Koweït s'était constitué, au milieu de l'anarchie générale, qui désolait les rives du golfe Persique, en une sorte de république indépendante ayant à sa tête un cheïk qui y exerçait une suprématie toute patriarcale. C'était un État minuscule, ne comptant pas alors plus de 20000 habitants; mais sa position géographique lui donnait une valeur que ne comportaient pas l'exiguïté de son territoire et le petit chiffre de sa population. Placé à quelques kilomètres au sud de l'embouchure de l'Euphrate, à l'iO kilomètres à l'ouest de Bassora, à l'entrée d'une baie spacieuse, bien abritée, ayant des mouillages magnifiques et d'un accès facile, le port de Koweït se prêtait on ne peut mieux aux desseins de l'Angleterre. Le gouvernement britannique eut l'habileté de gagner le cheïk et de s'en faire un allié. C'est de son port pris comme base d'opérations que devait remonter le long de l'Euphrate l'armée anglo-indienne qui irait prendre à revers les forces françaises se dirigeant par la Perse sur l'Inde. Il gagna également à sa cause l'Oman.

Cet Etat s'était formé vers le milieu du xyiii*" siècle dans des circonstances analogues à celles qui avaient donné lieu à la naissance de l'Etat de Koweït. Dans les temps troublés qui suivirent la ruine de la domination du Portugal et de la domination de la Hollande dans le golfe Persique,

un chef arabe, Ahmed-Bou-Saïd, gouverneur de Sohar, chassa les Persans de Mascate et du paj^s environnant. Il se proclama indépendant en 1741) et réussit par sa bravoure et son habileté à constituer sur la côte arabique du golfe Persique et de la mer d'Oman un grand Etat politico-religieux. A sa mort, les limites du nouveau royaume avaient été reculées, sur la côte occidentale, au nord jusqu'au district d'El-Hasa, en face des îles Bahréin, et, sur la côte méridionale, jusqu'à Djofar, en face des îles Kourya-Mourya; c'était déjà l'un des plus puissants États de l'Asie Méridionale. Son fils et son successeur était un prince détestant la politique d'aventures et s'occupant de préférence à faire fleurir le commerce dans ses Etats. Le gouvernement britannique n'en réussit pas moins à l'entraîner à sa remorque et obtint de lui, en A'ertu d'un accord datant de 1800, l'autorisation d'installer un résident anglais à Mascate. Ces mesures de défense préventive prises d'accord avec le cheik de Koweït et le sultan de l'Oman furent complétées par l'envoi, en 1803, en plein territoire turc, à Bassora, d'un agent anglais chargé de surveiller la vallée de l'Euphrate et de nouer avec les tribus arabes de la Mésopotamie des relations ayant pour but de contrecarrer les desseins de Napoléon.

Page 1