‹ La robe de chambre, ou, Les moeurs de ce temps làChapitre 1 sur 16 · UN EXEMPT · texte numérisé non relu

UN EXEMPT

LA COMTESSE d'Herbignt.

LA MARQUISE d'Olmond.

Le Coureur du Duc.

Un Domestique.

MM. LiFONT.

Adrien.

Balard.

M*" Thénard.

WlLMER.

Lt scène se passe d Paris , en 1763, dans l'hôtel occupé par le Comte d Herbigny.

Nota. Les personnages sont placés en tête de chaque scène comme ils doivent l'être au théâtre; le premier occupe la droite de l'acteur.

Imprimerie de. Chassaicho» , rue fîit-le-Ca'ni , ~.

Le théâtre représente un salon; à gauche du théâtre, une porte , et près de cette porte un canapé. A droite, une table et un fauteuil; tout ce qu'il faut pour écrire sur la table. — Au fond, trois portes, celle du milieu pleine, les deux autres titrées. La porte vitrée qui est à gauche de la porte du fond, pour le spectateur, conduit d une chambre d coucher ; les deux autres portes du fond ouvrent sur un antichambre.

SCEIVE PREMIERE.

LE COMTE, LA COMTESSE

Au lever du rideau, le Comte d'Herbigny est assis près de la table, un livre à la main ; la . Comtesse est assise sur le canapé.

LE COMTE, se levant. Eh bien, ma chère amie, vous ne me boudez plus ?

LA COMTESSE

Moi?..

LE COMTE

Avoue qu'il y avait un peu de ton sexe dans Jes contradictions; et que tu étais de mon avis encore plus.quu nioi-onêaie.

LA. COMTESSE

Vous voulez que je trouve tout admirable dans votre Paris !

LE COMTE

Mon Dieu, je ne yeux rien du tout! Je désire seulement que tu te plaises dans ton nouveau séjour; que tu dises comme moi que ton Toulouse est bien la ville la plus maussade du royaume de FraiiCe, qu'on y meurt d'ennui, et que j'y dépérissais à vue d'œil.

LA COMTESSE

Mais... je ne m'en apercevais pas.

LE COMTE

Tiens! quand je pense seulement à cette foule de devoirs insupportables, à l'interminable sermon de Monsieur le curé, à ces créatures de province si gauches et si raidfs qu'on c^t convenu d'appeler des femmes, et qui parlent sans cesse de leurs parchemins et de leur vertu, deux choses que je n'ai nulle envie de vérifier, je sens un frisson général et je reconi' mencc à bâiller.

tA. COMTESSE.

Fort bien, Monsieur!.. Et vous oubliez que c'est aa milieu Je ces créatures de province que vous m'ayez trouvée.

Oh! toi, Ernestine, tu étais l'exception.

LA COMTESSE

Pi(ur moi, Monsieur, j'estime beaucoup plus ces femmes que toutes vos grandes dûmes de la cpur.

LE COMTE

De l'estime!.. Oh, pardieu, je les estime aussi infiniment et je les respecte encore plus.

ta. COMTESSE.

Et l'interminable sermon de Monsieur le curé valait bien, à mon avis, la morale de tous vos laloos rouges, vos guides et modèles, que je n'aime pas... que je ne veux pas aimer.

LE COMTE

Allons! Encore une attaque contre ce clier Duc de Marsay !.. Tu es injuste, ma chère amie, et je dirais même ingrate I... Il est impossible d'être plus aimable qu'il ne l'est avec toi.

LA COMTESSE

Je ne dis pas le contraire.

LE COMTE

En le jugeant si sévèrement, tu .fais tort à tes cûnnaij;,sances : car il est de notoriété publique que De Marsay est un des plus brillans cavaliers de la Cour.

LA COMTESSE

Un joueur.

LE COMTE

Peut-être; mais un beau joueur!., homme de cœur et d'esprit, plein de feu, d'exaltation, brave comme son épée; on raconte de lui des traits sublimes.

LA COMTESSE, avec intérêt.

Ah!..

LE COMTE

Sans doute!., vraiment tes prétentions m'affligent.

LA COMTESSE

Je ne dis pas qu'il ne puisse plaire; mais, avec des manières élégantes, un esprit que je ne peux, ni ne veux nier, pourquoi auprès des femmes ces propos légers, quelquefois plus que légers?

LE COMTE

Pourquoi?., pourquoi?., ma chère amie... Parce que les femmes aiment cela.

LA CpMTESrE.

Vous croyez!'

LE COMTE

Je ne parle pas de toi, Ernestine; je parle des femmes en général.

LA COMTESSE

Ah oui !.. De la Marquise d'Oliiiond, par exemple ?

LE COMTE

Bon!.. Vas-tu aussi poursuivie la Marquise?.. Eh hien, quoiqu'on ait dit, je suis certain, moi, qu'il u'a jamais rien txislé entre la Marquise et le Doc.

LA COMTESSE

Existé!.. Eh, Monsieur, je ne parle que de sa coquetterie.

Bah!.. Elle est coquette ni plus ni moins que les autres. D'ailleurs, elle est veuve, et de plus fort aimable et très-jolie : uieras-tu cela ?

LA COMTESSE, soupirant.

Non!.. Je ne vous persuaderais pas.

UN DOMESTIQUE, annonçant.

Monsieur le Duc de Marsay.

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