‹ La roche-tremblante (volume 2)Chapitre 9 sur 116 · CHANTRE II · texte numérisé non relu

CHANTRE II

et les dolmens, s'en servaient pour éprouver les femmes suspectes à leurs maris ou h leurs familles. Si la pierre, après de longues et solennelles invocations, obéissait h l'impulsion de la personne qui se soumettait h l'épreuve, et remuait visiblement, le soupçon était vaincu ; mais si le rocher restait immo* bile , ee qui pouvait arriver quand Taecusée n'avait pas su se concilier la sympathie des druides préposés a la garde du monument^ malheur à l'épouse coupable, à la vierge déchue! L'exécration de la tribu entière, la TCDgeanee souvent sanglante d'un mari ou d'un frère étaient le résultat ordinaire de cette malheureuse tentative.

D'après ce que nous venons de dire, on se fera aisément une idée de la profonde terreur qu'inspiraient ces pierres probatoires aux populations éteintes, et on ne s'étonnera pas que , dans un pays comme la Bretagne , où les traditions antiques se perpétuent d'âge en âge avec tant de fidélité, il en reste encore a ' ?d'hui quelque chose. On sait notam-

ment que les Bretons actuels ont conservé pour les fontaines un culte qui remonte aux Celtes leurs ancêtres. De même les pierres branlantes de l'Armorique ont gardé l'effrayant prestige qu'elles avaient avant Fère chrétienne. L'une d'elles porte encore le nom de pierre des vierges, et dans le canton où elle se trouvç, aucune femme dont la conscience ne serait pas bien pure n'oserait alSronter l'épreuve de cet infaillible talisman. Or, telles étaient précisément les qualités miraculeuses que l'on attribuait à la Roche- Tremblante de l'île de Loch. On contait une foule d'histoires qui prouvaient la puissance divinatoire du monument, et aucun sceptique ne songeait à s'inscrire en faux, car il n^ avait pas encore de sceptiques en Bretagne.

Un père faisait trembler sa fille un peu légère en la menaçant de la conduire en face de la pierre magique ; les femmes qui avaient excité à tort ou à raison les soupçons jaloux de leurs maris ne manquaient jamais de se réhabiliter en offrant avec assurance de se soU'

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