‹ La roche-tremblante (volume 2)Chapitre 92 sur 116 · V LA · texte numérisé non relu

V LA

jyrodnîsait Tcffel le plus pittoresque sar la ▼«Tdarr frakhe de la Tallce.

Un pcrsoDS^e d'une importance considéniMe Fayait précédé dans l'enceinte de la Pierre-Branlante ; c'était Conan , qui paraissait chargé de la police en chef de la fête. 11 était complètement habillé de neuf, mais toat en noir comme à Fordinaire; son chapeau était posé sur Foreille; un bouquet s'épanouissait à sa boutonniràe , et il brandissait une grosse canne, dont la pomme d'argent eût pu rivaliser avec celle d'un tambour-major. Néanmoins, Je bonhomme n'avait pas cet air triomphant qu'on s'attendait h lui voir dans cette circonstance. Ses sourcils crépus étaient légèrement froncés; une teinte de mauvaise humeur se montrait sur son visage.

Sa voix et son geste étaient brusques, lorsqu'il invita la foule à faire place, et même |)lu8ieurs mauvais drôles, ne se rangeant pas assez vite sur son passage, furent assez rude^ ment secoués par lui.

Cependant il eût probablement trouvé bien

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des difficultés à déposséder les spectateurs des bons postes dont ils s'étaient emparés, si la nouvelle de l'approche du cortège ne fut venue surexciter les curiosités. Sans réfléchir, la plupart des assistants s'empressèrent de courir au-devant de la noce. Aussi, quand les mariés et leur suite atteignirent le ruisseau en face de la falaise, trouvèrent-ils les villageois disposés en haie de chaque côté du passage, le cou tendu, la bouche béante.

L'attention se porta particulièrement sur la nouvelle dame de Kerdren. Aussitôt qu'il fut possible de distinguer ses traits gracieux, son chaste maintien, sa parure de bon goût, un cri d'admiration partit de toutes les bouches.

— Qu'elle est jolie! s'écrièrent les hommes.

— C'es^ vraiment une charmante créature !

dirent les femmes.

— Quel dommage qu'on ne sache pas qui elle est ! remarqua une voix : nul ne la connaît.

it la connais, moi, dit un vieux paysan ;

92 LA ROGHB-TREMBLÂMTE.

c'est une bonne et sainte demoiselle, qui soignait les malades à Fhospice de Nantes , et qu'on surnommait la mère des pauvres. Elle m'a guéri de la blessure que j'avais re^ue dans une certaine rencontre, et elle en a gaéri bien d'autres... Elle a aussi racheté une foule de prêtres et de nobles qui devaient être envoyés sur les bateaux à soupape de la Loire, et Carrier a été sur le point deux ou trois fois de la traduire devant le tribunal révolutionnaire, pour avoir sauvé tant de malheureux.

— Je suis une preuve vivante de la vérité de vos paroles, mon ami, dit quelqu'un à côté de lui ; j'ai été moi-même arraché à la mort par celle que vous appelez la mère des pauvres.

Tous les fronts se découvrirent : celui qui venait d'élever la voix et qui restait confondu dans la foule était le curé ou plutôt le recteur de l'île de Loch, un vieux prêtre aux manières douces, aux traits vénérables. Rentré depuis peu dans l'exercice de son saint

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