‹ La RochefoucauldChapitre 37 sur 87 · XI · texte numérisé non relu

XI

Quoique soin que l'on prenne de couvrir ses piu^sions par des apparences de piété et d'iionneur, elles paraissent toujours au travers de ces voiles.

Notre ajuour-propre souffre plus impatiemment lu condamnation de nos goûts que de nos opim'ons.

U's hommes ne sont pas seulement sujets à perdre le souvt uir des bienfaits et des injures : ils haïssent même ceux qui les ont obligés, et cessent de haïr ceux qui leur ont fait des outrages. L'application à récompenser le bien et à ee venger du mal leur j)araît une seivitude à laquelle ils ont peine de se soumettre. I

La clém<iKe ile.^ princos n"e.>i xpumui qu'une politicjue |.iiur gagner l'affection des peuples.

Cette clémence, dont on fait une vertu, se pratique tantôt par vanité, quelquefois par paresse, souvent par crainte, et presque toujours par tous les trois ensemble.

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La iiimloratioii des prrsdiiiu's liciirciisos viciil du caluio (juc la bonuo fortuiu' doiiiu' à leur liimuMin

]/d iiitulrraliou est iiiio crainto de tonilxT dans l'envie cl dans le mépris (|Uo méritent ceux (pii s'ejiivreiit de leur ixinheur : e'est une vaine ostentation de la force de notre esprit ; et enlin, la modération des hommes dans leur plus haute élévation est un désir de paraître plus ujands (pie leur fortune.

Xous avons tous assez de force pour- supporter les maux d'autrui.

La constance des sages n'est que l'art de reiifcniicr leur agitation dans le cœur

Ceux qu'on condamne au supplice affectent (juel((U('l(iis une constance et un mépris de la mort qui n'est en effet que la crainte de l'envisager, de sorte qu'on peut dire que cette constance et ce mépris sont à leur esprit ce que le bandeau est à leurs veux.

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