‹ La RochefoucauldChapitre 47 sur 87 · XX XIX · texte numérisé non relu

XX XIX

Une des choses qui fait que l'on trouve si |)eu de i^ens (jui paraissent raisonnables et agréables dans la conversation, c'est (pril n'y a prescpie j)ersonne (|ui ne pense j)lulc)t à ce qu'il veut dire qu'à répondre précisément à ce (pi'on lui dit. Les plus habiles et les plus complaisants se contentent de montrer seulement une mine attentive, au même tem|)s que l'on voit dans leurs yeux et dans leur esprit un égarement pour ce (pi'on leur dit et une précijiitation pour retourner à ce qu'ils veulent dire, au lieu de considérer que c'est un mauvais moyen de plaire aux autres ou de les persuader que de chercher si fort à se plaire à soimême, et que bien écouter et bien répondre est une des plus grandes perfections qu'on puisse avoir dans la conversation.

Un homme d'esprit serait souvent bien embarrassé sans la compagnie des sots.

Nous nous vantons souvent de ne nous point ennuyer, et nous sommes si glorieux que nous ne voulons pas nous trouver de mauvaise compagnie.

Comme c'est le caractère des grands esprits de faire entendre «•n peu de paroles beaucoup de choses, les petits esprits, au contraire, ont le don de beaucoup parler et de ne rien dire.

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que nous n'ui^uns découvrir d'une autre :^urti'.

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Peu de gêna sont atara aage* pour préférer le blâme qui leur \ >< utile à la louange qui les traJiit.

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il y a Je«t reproche* qui louent et due ïouuict^ qui mfdi* ' •cnt

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Lr refus des louanges est un désir d'être loué deux fois.

Le désir do mériter les louanges qu'on nous donne fortifie notre vertu ; et celles que Ton donne à l'esprit, à la valeur et ii La beauté, contribuent à les augmenter.

Il est plus difîicile de s'empêcher d'être gouverné que do gouverner les autres.

Si nous ne nous flattions point nous-mêmes, la flatterie des autres ne nous pourrait nuire.

La nature fait le mérite, et la fortune le met en œuvre.

La fortune nous corrige de plusieurs défauts que la raison ne saurait corriger.

Il y a des gens dégofitants ;i\('c du méiilc", ci d'autres qui plaisent avec des défauts.

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'11* coiiduitr.

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I^ jdoire des grands hommes se duit toujoun me«urer aux iiioveuK dont ils se sont servis pour l'acquérir.

l<a flatterie est une fau&se munnair qui n'a lie cours que par H'ttre vanité.

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