CDL
Notre orgueil s'augmente souvent de ce que nous retranchons do nos autres défauts.
CDLI
Il n'y a point de sots si incoumiodes que ceux qui ont de l'esprit.
CDLII
.11 n'y a point d'homme qui se croie en chacune de ses qualités au-dessous de l'homme du monde qu'il estime le plus.
CDLIII
Dans les grandes affaires, on doit moins s'appliquer à taire naître des occasions qu'à profiter de celles qui se présentent.
CDLIV
n n'y a guère d'occasion où l'on fît un méchant marché de renoncer au bien qu'on dit de nous à condition de n'en dire point de mal.
CDLV
Quelque disposition qu'ait le monde à mal juger, il fait encore plus souvent grâce au faux mérite qu'il ne fait injustice au véritable.
CDLVI
On est quelquefois un sot avec de l'esprit, mais on ne l'est jamais avec du jugement.
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Ll>l.\ Il
Nnub gagiu'riuns plii> de nous loisM-r vuir t(-l> (|U(' nous tiommrs qiu* d'essayer de paniilre (e «jue nous ne suniines pa^.
CDLVIII
Nus enneniU apprm'hent plus do la vérité danti les jugements «ju'ils font de nous (jue nous n'en approchons nou:s-méme^.
CDLIX
Il y a plusieurs remèdes qui périssent de l'amour, mais il n y en a point d'infaillihles.
CDLX
Il s'en faut i>ien que nous connaissions tout ce que nos pa.«sion8 nous font faire.
CDLXI
I^ vieillesse est un tjTan qui défend, sur peine de la \ie, tous k's plaisirs de la jeunesse.
CDLXII
Le même orgueil qui nous fait blâmer les défauts dont nous m>u< croyons exempts nous porte à njépriser les bonnes qualitée <)ue nous n'avons pas.
CDLXIII
11 y a souvent plus d'orgueil que de bonté à plaindre les malheurs de nos ennemis : c'est pour le\ir faire sentir que nous s(imin»*> au-ilessus d'eux (pie non? leur donnons de's nuiniut^ de compassion.
256 = LA ROCIIKFOUCAULl). — CIIAP. V ==
CDLXIV
11 y a un oxct's de biens et de nuiiix qui passe noire sensibilité.
CDJ.XV
Il s'en faut l)ien que riniutcence trouve autant de protection que le crime.
CDLXVI
De toutes les passions violentes, celle qui sied le moins mal aux femmes, c'est l'amour.
CDLXVII
La vanité nous fait faire plus de choses contre notre goût que la raison.
CDLXVIII H y a des méchantes qualités qui font de grands talents.
CDLXIX
On ne souhaite jamais ardemment ce qu'on ne souhaite que par raison.
CDLXX
Toutes nos qualités sont incertaines et douteuses en bien comme en mal, et elles sont j)resquc toutes à la merci des occasions.
CDLXXI
Dans les premières passions les femmes aiment l'amant, et dans les autres elles aiment l'amour.
- I.KS M \ \ I M K S ï--=-r^=.^ jn?
l.'orxiit'il t% >i"^ l»i/.nrii*ri<*» ruiaiiii* U'n milr(*i<'|ia^>iuiiH : ou a liuiiir il'avituiT (|m' Itiit ail de la jalouHu-, ••• ••>< • f?iit honneur dVii avoir m l't d'^lrf rApaitlt* liVMi avoii.
riH.XXIII
Qiii'Kjiie rjiTf «jui- suit le v^ritaliir aiiiuur, 'i ' ••>' •■«•■•■r>' rnoiNs (]iie la v«'*rital)le niiiiti^'.
CDLXXIV Il y H jM'ii «II- fcrmiu's dont K* nirrit»* dure plus qui* la hcaut^*.
("DLXXV
LVnvii* d'ôtri* plaint ou d'êtn' juiniiré fait souvent la plus jrrandc |»artie de notre conliance.
CDLXXVI
Notre envie dure toujours plus longtemps que le bonheur de ceux que nous envions.
CDLXXVI 1
I^ même fernu'té (pii sert à résister à l'aniour sert aussi à le rendre violent et durable ; et les personnes faibles, qui sont toujours asfitées des pjijsions, n'en sont pres(|ue jamais viVitablement remplii's.
CDLXXVI II
L'ima^nation ne saurait inventer tant de diverses contrariétés qu'il y en a naturellement dans le cœiir de chatjue |>ersonne.
258 = I.A KOCIIKFOUCAl IJ). — CHAI». V
TDT.XXIX
Il n'y a (juo los pcrsoniios (jui oui d(\ la feijneté (jui puissent avoir uiu* v('>rital)le douceur; celles (jui paraissent douces n'ont d'ordinaire (|ue de la faiblesse, (pii se convertit aisément en aigreur.
CDLXXX
La timidité est un défaut dont il est dangereux de reprendre les personnes qu'on en veut corriger.
CDLXXXI
Rien n'çst plus rare que la véritable bonté; ceux-mêines qui croient en avoir n'ont d'ordinaire que de la complaisance ou de la faiblesse.
CDLXXXII
L'esprit s'attache par paresse et par constance à ce qui lui est facile ou agréable ; cette habitude met toujours des bornes à nos connaissances, et jamais personne ne s'est donné la ])cine d'étendre et de conduire son esprit aussi loin qu'il pourrait aller.
CDLXXXIII On est d'ordinaire plus médisant par vanité que par malice.
CDLXXXIV
Quand on a le cœur encore agité j)ar les restes d'une passion, on est plus près d'en jjicndri! une Jiouvelle (pie (pjand on est entièrement guéri.