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LE PORT DE SALUT

Elever la digue de Richelieu pour circonscrire la baie de La Rochelle , entre la pointe de l'Egalité (Chef-de-Baie) et la pointe de la Liberté (des Minimes), y ménager une ouverture au chenal actuel, avec un phare, au point occupé par la tourelle, tel est le projet imaginé, en 1792, par un capitaine de navire marchand , le citoyen Ganet. Le rêve était grandiose , mais irréalisable. Il fut îiéatnmoins soutenu par les Sociétés populaires de La Rochelle ,

pris au sérieux par les administrations et confié , pour en faire l'étude, à deux ingénieurs, Garnier des fortifications de La Rochelle, Teulère, des travaux maritimes au port de Rochefort.

Garnier et Teulère ne le repoussèrent nullement, mais y apportèrent des modifications de détail, et notamment la construction, en avant de l'ouverture du chenal, d'une jetée parallèle à la digue elle-même et parallèle au flot par conséquent, jetée dont la possibilité et Tùlilité semblent plus que contestables. Il n'est point besoin de s'attarder davantage à ce projet qui n'eut aucune suite. Il était lié d'ailleurs à la canalisation de La Rochelle à Paris qui eut, elle au moins, un commencement d'exécution par le creusement du canal de Marans. Les fonds manquaient , et pendant quelques années encore, tout devait se passer en bonnes résolutions , en projets grandioses et présentés en ce style emphatique auquel Granet n'aurait eu garde de manquer , quoiqu'il se dise forcé de laisser son style et ses démonstrations tels qu'ils sont, « c'est-à-dire médiocres, incorrects, mais forts dç choses, »

ENTRÉE DU PORT, XVIU* SifcCLE

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laquelle le service des ports fut réuni par le Ministre de la Marine à celui de Flntérieur. A ce moment-là, Tenlourage du bassin, en pierres de taille, était achevé, sauf l'assise du couronnement; achevés aussi, les bajoyers de l'écluse et une parlie des musoirs. Il restait encore deux mètres et demi de déblais à enlever. Pour ce faire, on isole le bassin, du havre, au moyen de bàtardeaux successifs.

L'inauguration solennelle de cet établissement eut lieu le 24 décembre 4808. Vingt Hgnes furent consacrées dans les Affiches

de la Rochelle, à cet événement, qui était pour le commerce rochelais le couronnement de cent années de luttes et d'épreuves. Le Préfet, résidant à Saintes, s'était fait représenter par le sous-préfet de l'arrondissement de La Rochelle, M. Hersant-Destouches. Toutes les autorités de la ville étaient invitées à s'y trouver. Le souspréfet prononça une allocution où il exprimait « les sentiments de gratitude et d'amour dont les Rochellois sont pénétrés envers Sa Majesté » ; mais il n'est pas dit dans la feuille publique, s'il félicita les RocheFais de l'énergie séculaire qu'ils avaient mise à obtenir ce triomphe du pouvoir ; puis le cortège se transporta au bassin de carénage, nom modeste qu'on lui donnait alors, et qui répondait à la première idée du commerce. Là les attendaient, M. Leclere, ingénieur en chef des travaux maritimes, et M. Lescure de Bellerive, ingénieur ordinaire.

Les portes du bassin s'ouvrirent, et le navire Le Bernard, appartenant à M. Jean-Charles Garnier , y entra, suivi de plusieurs autres. De la Révolution à la date de l'inauguration, on avait dépensé 538.883 francs 74 centimes. ^

Ce bassin a conservé la disposition qu'il avait reçue en 1807 ; les seules réparations importantes qui y aient été faites depuis lors, de 1832 à 1837, furent consacrées à Vamélioration de l'écluse.

Ce bassin a une surface de dix mille trois cent cinquante mètres; le développement des quais est de 307 mètres; sur le côté sud, qui faisait face autrefois au mur du Gabut, aujourd'hui démoli, s'étend, sur une longueur de 135 mètres, celte cale qui a fait donner à tout le bassin le nom de bassin de carénage.

L'écluse s'ouvre sous une passerelle tournante destinée aux piétons ; elle est fermée, sur une largeur de 12 mètres, par des portes d'ebbe, c'est-à-dire, des portes restant fermées par la force de l'eau intérieure du bassin, au moment de Yebbe, mot qui, dans le patois normand, est synonyme de jusant. Le radier de ce bassin est à 0"^70 en contre-haut du zéro des cartes marines, qui lui-même est à 2^80 en dessous du zéro du nivellement général de la France.

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