‹ La Rochelle et ses portsChapitre 27 sur 32 · RETENUE DU MARAIS PERDU · texte numérisé non relu

RETENUE DU MARAIS PERDU

La jetée sud, comme on Ta vu plus haut, avait été construite entre 1772 et 1780 ; elle avait une longueur de 661 "^70, et présentait l'aspect que nous lui trouvons dans la jolie gravure de Garneray. A cette époque, la mer battait les deux côtés de la digue, et s'étendait sur toutes les vases que circonscrivaient le coteau de Tasdon et les abords de Saint-Nicolas et du Gabut. Une loi de finances, du 9 août 18ci9, alloua une somme de trois millions de francs pour divers travaux au port de La Rochelle. Une émotion populaire, causée par la cherté des grains, avait agité les esprits ; on crut bien faire en ouvrant de vastes ateliers destinés à occuper les gens désœuvrés. Parmi les travaux prévus, se trouvait un endiguement qui, continuant jusqu'à Coureilles la digue déjà faite, créait ainsi un vaste bassin. Celte grande masse de liquide n'était pas uniquement destinée à recevoir des navires, mais à retenir l'eau pour en faire une chasse puissante, capable de dévaser le chenal. Elle devait être munie, à l'entrée, d'une écluse mixte propre à la fois à la navigation et aux chasses.

En 1842 , parut , sous le pseudonyme de Profil , ingénieur des ponts et chaussées , une brochure dans laquelle l'auteur critique l'utilité de ces travaux. Il prétend même que l'existence de la chasse de celte immense nappe d'eau nuira aux chasses déjà existantes , avec lesquelles elle fera un angle de 25 à 30 degrés au nord. Située d'ailleurs en face du chantier de construction et de l'éperon des Dames , cette écluse enverra dans cette direction un courant tellement fort que la solidité de ces ouvrages pourra en être compromise. L'auteur voit enfin un inconvénient dans la suppression du platin du Marais perdu , où la mer allait déposer des vases qui dorénavant demeureront toutes dans le port et dans le chenal.

En 1848 , la digue d'enceinte de 1050 mètres était terminée , ainsi qu'une écluse de chasse.

Mais ce dernier travail avait été fait de mauvais mortiers , et au commencement de l'Empire , on songeait à le refaire , quand les projets d'établissement du chemin de fer, à La Rochelle, modifièrent ces dispositions et firent songer à un bassin à flot extérieur.

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