‹ La Rochelle et ses portsChapitre 9 sur 32 · LE PORT-NEUF · texte numérisé non relu

LE PORT-NEUF

Sur la terre de Laleu, qui venait jusqu'aux portes de la Rochelle, se trouvaient des bas fonds admirablement disposés pour la navigation ; c'était le marais qui s'étendait de la baie de la Rochelle, appelée alors le port , jusqu'à la vallée qui prit le nom d'un de ses possesseurs, Gouin, c'est-à-dire, Vaugouin. Les seigneurs de Laleu dès le commencement du xiii^ siècle, s'efforcèrent d'y créer un port, connu dès lors sous le nom de Port-neuf. C'était leur droit strict. Il y avait bien, dès cette époque, un domaine public appartenant au roi ou concédé par lui, mais ce domaine ne donnait pas le droit de se réserver certaines créations d'intérêt public, telles que les ports. En face des terres ou des seigneuries tenues simplement à hommage, et à haute, moyenne et basse justice, le pouvoir du roi ou du suzerain se heurtait aux barrières de la seigneurie. Le détenteur régulier s'était, à la création de la féodaUté, substitué au fisc romain , et, à ce titre, se donnait le droit de disposer de son domaine utile comme il lui plaisait , en créant des revenus ou des impôts à sa guise.

Créer un port, y percevoir un droit de bordelage, bortulage ou portulage sur les navires qui y entraient, y prendre la coutume des marchandises; se faire donner une part, en nature ou en argent, des poissons qu'on y péchait , cela ne paraissait que très légitime.

C'est ce qu'imaginèrent au Port-neuf, les seigneurs de Laleu, et notamment les seigneurs de Mauzé et lesPressigny^au xiiicsiçclç.

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