‹ La romance de l'hommeChapitre 17 sur 51 · BIBLIOTHECA · texte numérisé non relu

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Quand on a l'âme encor luisante de rosée... Elles rêvent peut-être aussi des vieux parents Et de la grange où tremble un étal de harengs!... Il faisait doux, des nids plein le ciel gazouillaient, La lessive mettait ses pudeurs sur les haies, On entendait partout vibrer les angélus, Et des châteaux montaient de l'herbe des talus... Ah! Jeunesse! Passé! Les adieux dans les gares! Et le bruit déchirant du wagon qui démarre Tandis que, sous le toit gris d'ardoise, une main Agite des blancheurs sur l'ombre du chemin... Les rails luisent, les rails où la fuite s'agrafe!... Et les trains font sur les fils bleus du télégraphe Danser au vent du soir des troupes de moineaux... Et puis l'on file, au long des routes, des canaux. De bourgs jaunes et blancs et des grands paysages Qui s'étendent, tout rapiécés de labourages... Et la ville est au bout, — la ville aux longs faubourgs, La ville rauque avec ses cris et ses tambours. Ses casernes, ses ponts, ses bâtisses qui saignent. Et ses glauques bassins nauséabonds où geignent, Gesticulant de tous leurs mâts, les vieux steamers, Les vieux steamers lassés de rôder par les mers!...

PAYSAGES ET INTÉUIEUllS. 101

Elles sont trois. — Dehors, personne.— Le vent chanle.

On dirait que du lait de lune filtre aux fentes

Des volets et le soir somnole sur la mer

Où les grands paquebots mettent leur poids de fei...

Une sirène au loin lâche en pleurant sa plainte...

Dans le couloir la lampe ultime s'est éteinte...

Et pauvres âmes sans amour, elles sont là,

Dans l'ombre où leur destin morne les exila...

Et c'est la vie et sa tristesse d'agonie...

Et c'est la vie et son attente indéfinie...

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