FORET D'AUTOMNE
A M. de T.
Au loin, dans la forêt roug'e, Un camp de trompettes bouge...
Un éclair vert 1 — Le tonnerre Meurt, superbe et débonnaire...
Des cliasseurs, — dans quelle trombe!
Passent! — Chasseurs, la nuit tombe...
Et parmi la forêt morne Traîne une rumeur de corne.
Est-ce la triste Espérance
Qui pleure, seule, en des transes
VILLES ET CAMPAGNES. lil
Sans fin, et comme perdue?...
Est-ce la Mort attendue?...
— Ah! Chasseurs! — Est-ce donc elle^ Dont la chanson nous appelle?...
Dans la forêt, plus personne...
El toujours, la plainte sonne...
SIMULTANEITES
Sur le pont, — le gros pont qui de sonjriple bond
Saute le fleuve, — un vieux mendiant, l'air moribond...
Une auto lui met dans les yeux, comme des lances,
Ses feux d'or, — et puis elle part dans une^danse...
Une lointaine étoile aiguise au parapet
Ses rayons. — Sur le fleuve où dort un air de'paix,
Une péniche peinte accouche d'une forme
Obèse qui balance une lanterne énorme...
Un rossignol au bord d'un toit s'égosillant
Répand dans l'air tous les trésors de l'orient...
Et sur le quai paisible, une maison semble être
Aux aguets et surveille, au loin, de ses fenêtres,
On ne sait qui, — peut-être vous?... peut-êtrejmoi?,
Et toute l'ombre autour a l'air pleine d'émoi...
VILLES ET CA.Ml'Air.NKS. 143